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Société

Landes : les salariés de la Scalandes se mobilisent pour dénoncer leur malaise au travail

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Par , France Bleu Gascogne

Une trentaine de salariés de la Scalandes se sont mobilisés ce samedi devant l'entreprise de Mont-de-Marsan, à l'appel du syndicat FO. Ils dénoncent un malaise social, des techniques managériales de terreur et de nombreux départs au sein de la centrale d'achat des supermarchés Leclerc de la région.

Mobilisation des salariés de la Scalandes devant les grilles de l'entreprise
Mobilisation des salariés de la Scalandes devant les grilles de l'entreprise © Radio France - Flore Catala

Mont-de-Marsan, France

Regroupés devant les grilles de la Scalandes, portant drapeaux et chasubles signés Force Ouvrière (FO), les salariés de la centrale d'approvisionnement pour supermarchés Leclerc sont à la fois inquiets et en colère :  depuis deux ans et l'arrivée d'un nouveau directeur à la tête de leur entreprise, une vingtaine de leurs collègues a quitté la Scalandes, après une démission ou un licenciement. 

La cause ? Des techniques managériales oppressantes et parfois brutales, un rythme de travail de plus en plus soutenu au détriment des conditions de sécurité, et un manque d'échanges et d'information entre la direction et le personnel administratif. À l'appel du syndicat FO, une trentaine de salariés se sont donc mobilisés ce samedi matin devant l'entreprise pour dénoncer ce malaise social, et alerter le conseil d'administration de la Scalandes, composé des directeurs d'une soixantaine de magasins Leclerc dans les Landes et les départements voisins.

Le directeur pointé du doigt

Ce climat tendu est principalement imputé au directeur de la Scalandes, décrit par les salariés comme un cadre oppressant. Selon eux, il est responsable des départs successifs, qui concernent principalement l'encadrement ou le personnel administratif. Certains parlent de harcèlement, d'abus de pouvoir et de discrimination.

Je ne peux plus venir travailler en me demandant qui sera le prochain à partir

Actuellement, trois salariés du service des ressources humaines sont en arrêt maladie pour atteinte morale et psychologique, alors que la directrice des ressources humaines (DRH) vient de quitter l'entreprise après un licenciement. Au sein de l'entreprise, c'est le malaise : "je ne peux plus venir travailler en me demandant qui sera le prochain à partir, et en me disant que ça pourrait être moi" confie une salariée. 

Anthony Richard, représentant syndical FO au sein de la Scalandes, est membre du service Préparation  : il gère une équipe de 60 personnes, et il dénonce un climat de plus en plus pesant au sein de l'entreprise. Il explique que c'est pour montrer "le vrai visage de notre directeur" que les salariés  se mobilisent. "Nous on voudrait construire ici. Mais lui, il détruit et il écarte les cadres, pour mettre à leur place ses amis" déplore-t-il, avant d'ajouter : "les résultats de l'entreprise en pâtissent. Nous ce qu'on veut, c'est sauver la Scalandes".

Anthony Richard, représentant du syndicat FO au sein de la Scalandes

Les salariés alertent aussi sur le fait que ce directeur était, avant d'arriver à la Scalandes, à la tête de Delpeyrat, et que les salariés de cette entreprise d'agroalimentaire ont à l'époque eux aussi fait état des mêmes problèmes et du même malaise.

Dénoncer des techniques managériales oppressantes

Les techniques managériales et les conditions de travail de plus en plus contraignantes sont également pointées du doigt. Plusieurs salariés déplorent subir de grosses pressions pour afficher une meilleure productivité. "Les gens sont fatigués, on leur en demande trop" s'alarme Nicolas, employé dans le service de préparation des commandes. À tel point que la sécurité semble en pâtir : un accident est survenu dans l'un des entrepôts de l'entreprise, où un préparateur de commande s'est retrouvé le pied coincé sous une machine, et en est sorti avec une fracture.

On ne nous dit pas les choses, malgré tous les départs. On ne nous dit plus rien, et on se demande pourquoi

Les salariés dénoncent également un manque de communication, et aucune circulation de l'information entre les encadrants et la direction. "On ne nous dit pas les choses, on ne nous dit plus rien, et nous on se demande pourquoi" s'interroge Line, une salariée du service expédition. "La DRH licenciée par exemple, on ne sait pas pourquoi elle l'a été. Alors forcément, on se pose des questions ! Nous, on ne veut pas la tête du directeur, on veut la vérité !".

Un climat de "terreur"

Après de longues années à travailler à la Scalandes, certains salariés regrettent que le climat ne fasse que se détériorer : "aujourd'hui on a l'impression de travailler tous les uns contre les autres, alors qu'auparavant, il y avait un vrai esprit de famille. Le climat a beaucoup changé" explique Line. Elle regrette que les employés soient de moins en moins en contact, soient de plus en plus méfiants et en manque de confiance. Elle déplore un management dans la terreur, où la seule ligne affichée semble être "diviser pour mieux régner"

Pour les salariés réunis devant l'entreprise ce samedi matin, la mobilisation est surtout un moyen de renouer un dialogue qui n'existe plus, et de se faire entendre pour mettre en lumière une situation qui, selon eux, ne peut plus durer.

La direction de la Scalandes, de son côté, n'a pas répondu aux sollicitations de France Bleu Gascogne.

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