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Dossier : Coronavirus Covid-19

"Se réveiller chez soi tous les trois, n'a pas de prix": ce couple raconte l'accouchement à domicile, à Dijon

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Par , France Bleu Bourgogne, France Bleu

On peut accoucher chez soi en Côte-d'Or ! Gabriel en est l'exemple, il est le premier enfant de Joseph et Justine, né à la maison accompagné par une sage-femme durant le confinement. Ce couple de Dijonnais témoigne : un moment magique, mais difficile à mettre en place en France aujourd'hui.

L'accouchement à domicile reste très rare en France, contrairement à nos voisins norvégiens ou hollandais (naissance, illustration)
L'accouchement à domicile reste très rare en France, contrairement à nos voisins norvégiens ou hollandais (naissance, illustration) © Maxppp - Lionel Le Saux

Le confinement a modifié beaucoup de choses dans nos vies, telles que notre vision de l'accouchement. Notamment l'accouchement à domicile, mal reconnu en France mais autorisé. C'est justement le choix de ce jeune couple dijonnais : début mai, ils ont donné naissance au petit Gabriel à la maison. Malgré la difficulté pour trouver une sage-femme qui accepte de se déplacer en Côte-d'Or, leur volonté a été renforcée par les mesures de restriction mises en place à la maternité durant le confinement.

Pas simple d'organiser l'accouchement à domicile en Côte-d'Or

Justine voulait accoucher de manière physiologique, soit sans péridurale. "Pour moi c'est quelque chose de naturel. J'ai eu une grossesse sans complication et pour que l'accouchement se déroule bien, c'était important d'être dans un endroit connu, avec des personnes connues pour me sentir en sécurité et sérénité," explique la jeune maman. 

Sauf qu'en Côte-d'Or actuellement, il n'existe pas de sage-femme qui se déplace. Justine en a contacté dans d'autres départements, sans succès, cela faisait trop loin. Il faut savoir qu'aujourd'hui, les sages-femmes doivent en effet payer une assurance très coûteuse (30.000 euros par an) pour pratiquer l'accouchement accompagné à domicile. Généralement, elles font donc sans et prennent de gros risques, c'est pour ça qu'elles sont rares. Dans un premier temps, le couple a finalement opté pour une solution plus facile à mettre en place : la salle nature du CHU de Dijon

Le coronavirus : une motivation supplémentaire

Le terme de la grossesse de Justine arrivait durant le confinement. Elle a alors appris les mesures de restriction dans les maternités en raison de l'épidémie :  le père ne pouvant rester durant la totalité de l'accouchement et seulement deux heures après la naissance. "Cela nous semblait terrible, c'est un moment assez unique dans une vie," explique la jeune-femme. Joseph, le papa se sentait également lésé : "On a préparé ce moment ensemble, tous les deux pendant neuf mois au centre natal, Justine me partage tout ce qui se passe dans son corps." Par peur d'attraper le virus au sein de l'hôpital, ou face à ces mesures, en Bourgogne-Franche-Comté durant le confinement, près de cinq femmes arrivant à terme ont demandé si elles pouvaient finalement accoucher chez elles

Finalement, une sage-femme de Lons-Le-Saunier dans le Jura, qui avait des disponibilités, a décidé de rencontrer le couple. Elle a accepté de suivre cet accouchement parce que la maman travaille dans le corps médical, qu'ils vivent à cinq minutes de l'hôpital et qu'ils s'étaient préparés tous les deux pendant neuf mois. "C'est cette préparation en amont qui m'a permis de vivre ce travail moins dans la souffrance ; plutôt une douleur consciente, qu'on sait nécessaire à cette naissance," souligne Justine.

"Se réveiller chez soi, tous les trois, ça n'a pas de prix"

Joseph le papa a dû transformer la chambre en salle d'accouchement, un véritable travail de logistique. En tant qu'"homme de main" dit-il, à suivre les instructions de la sage-femme, il s'est vraiment senti à sa place : "Surtout pour les papas qui veulent vraiment être actifs, c'est une autre organisation, mais c'est que du bonheur." La maman était réellement soulagée, "avec le protocole de l'hôpital, il n'aurait été là que les deux dernières heures, alors que mon travail avait commencé 22 heures avant. Sans lui, je pense que j'aurais demandé la péridurale très vite."

Aujourd'hui, tout le monde va bien. Et si Justine ne recommanderait pas l'accouchement sans péridurale pour un premier un premier enfant si ce n'est pas un choix, elle n'a aucun regret. "Suite à la naissance, on est chez nous et c'est vrai que ça n'a pas de prix ! On peut dormir ensemble, on se réveille dans notre cocon, avec nos repères et on peut se faire de bons petits plats," expliquent-ils avec le sourire.

Ecoutez notre reportage avec Justine, Joseph, et Gabriel à la maison

Une évolution sur le plan national ?

Faire venir la sage-femme pour ces dix heures de travail, cet accouchement et les deux rencontres qui l'ont précédé, a coûté 800 euros aux parents, non remboursés par la Sécurité Sociale

Nicole Bosson, présidente du Conseil Départemental des Sages-Femmes de Côte-d'Or, explique qu'en France le contexte n'est pas encore très favorable à ce que l'accouchement à domicile se généralise. Néanmoins depuis quelques années, le corps médical se tourne vers des moyens plus physiologiques pour accoucher : tels que les maisons de naissance ou les salles nature dans les hôpitaux. Depuis quelques mois, l'Association Professionnelle Accouchement Accompagné à Domicile se réunit avec des associations de parents, le Conseil de l'ordre et des médecins pour mettre en place un véritable cahier des charges pour accompagner la grossesse et suivre l'accouchement à domicile. L'association milite aussi pour que l'assurance couvre cette pratique.

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