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Société

Pénurie de paille : les éleveurs du nord Franche-Comté obligés de se débrouiller

mercredi 12 septembre 2018 à 19:03 Par Nicolas Wilhelm, France Bleu Belfort-Montbéliard

Les temps sont durs pour les agriculteurs frappés par la sécheresse depuis plus de trois mois. Les exploitations du nord Franche-Comté manquent de fourrage pour leurs animaux. Chacun s'organise comme il le peut.

 Les vaches de Michel Follot à Dorans vont bientôt manquer de paille si la sécheresse continue à sévir.
Les vaches de Michel Follot à Dorans vont bientôt manquer de paille si la sécheresse continue à sévir. © Radio France - Nicolas Wilhelm

Territoire de Belfort, France

En Haute-Saône, la FDSEA (Fédération Départementale des Syndicats d'Exploitants Agricoles) a passé un contrat pour la livraison de mille tonnes de paille en provenance de Haute-Marne. Cette démarche préserve les agriculteurs du département de la flambée des prix. 300 des 1 000 tonnes commandés ont déjà été livrées. " Cet achat groupé fonctionne. 65 fermes sont demandeuses. Nous sommes à la recherche de mille tonnes supplémentaires" indique Alexandre Lacroix, l'un des responsables du syndicat. Ce mardi, 26 tonnes ont été livrées dans une exploitation de Corravillers prés de Luxeuil.

Le système D dans le Territoire de Belfort

Au plus fort de la sécheresse mi-août, la FDSEA du Territoire de Belfort avait estimé à 300 tonnes le besoin en paille pour les agriculteurs du département. La tentative de rapprochement avec la fédération de Haute-Saône pour des achats groupés ayant échoué, chacun sa méthode pour s'approvisionner. A Dorans, Michel Follot a besoin de 80 bottes de foins chaque mois pour nourrir ses 260 bêtes, des vaches en majorité et des taurillons. Pour combler le manque due à la sécheresse, l'exploitant qui cultive aussi des céréales a trouvé une astuce. Il récupère les canes (tiges) de maïs. " On récolte uniquement le grain de maïs et la grande plante qui peut faire jusqu'à 3 mètres de haut qui, d'habitude reste au sol pour faire de l'humus, est récolté. Elle est de moins bonne qualité qu'une paille de blé mais dans l'urgence, on fait avec" explique l'éleveur.

A Meroux : 4 000 euros le camion de paille

L'urgence, c'est aussi ce qui a poussé Patrick Besançon à acheter de la paille grâce au bouche à oreille. Il élève 160 vaches laitières et allaitantes à Meroux. " J'ai commandé ce camion à un copain marchand de fourrage. Il a mis un mois pour me livrer. J'en ai eu pour 4 000 euros et j'ai racheté aussi du maïs pour compléter. On s'organise comme on peut mais l'hiver va être très long cette année" craint l'agriculteur qui, pour alléger sa trésorerie, va devoir diminuer son cheptel en vendant plusieurs vaches. L'achat de complément alimentaire à base d'amidon, de pulpes de betteraves à mélanger à la paille sont également des solutions qui s'offrent aux agriculteurs.

Quand les suisses font grimper les prix

La demande en fourrage est si élevée que les prix flambent. " L'an dernier, la tonne de paille était vendu entre 85 et 90 euros livrée. Aujourd'hui, elle se livre à 150 euros" indique Patrick Besançon. Ce sont les agriculteurs les plus modestes qui vont trinquer. Certaines exploitations entretiennent la spéculation en vendant aux plus offrants

A Dorans, Michel Follot n'a pas racheté de pailles pour l'instant. Il s'est déjà attaqué au stock plus tôt que prévu. - Radio France
A Dorans, Michel Follot n'a pas racheté de pailles pour l'instant. Il s'est déjà attaqué au stock plus tôt que prévu. © Radio France - Nicolas Wilhelm

" Nos amis suisses et allemands sont venus acheter énormément de paille à des prix largement au dessus du marché. Dans les régions céréalières, les bâtiments agricoles sont pleins mais les responsables attendent que le prix monte encore durant l'hiver pour atteindre les plafonds et engranger un maximum d'argent" constate Michel Follot.

L'aide de l'Etat ?

Les organisations syndicales agricoles de Bourgogne Franche-Comté ont rencontré ce lundi à Dijon le préfet de Région pour faire le point sur la situation et lui demander de prendre des mesures pour permettre aux agriculteurs de faire face à cette sécheresse. Après le Territoire de Belfort et la Haute Saône, le département du Doubs est à son tour passé ce mercredi en niveau de crise.