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Société

Seconde Guerre Mondiale : Mont-de-Marsan libérée grâce à l'explosion d'un camion allemand

lundi 20 août 2018 à 20:48 Par Valérie Mosnier, France Bleu Gascogne

La préfecture des Landes, Mont-de-Marsan, commémore sa libération ce mardi. C'était il y a 74 ans, le 21 août 1944. Une cérémonie est organisée ce mardi devant la stèle du pont de Bats, route de Bayonne, là où ont eu lieu l'essentiel des combats. Une libération due à l'explosion d'un camion ennemi.

Les libérateurs de Mont-de-Marsan. Au 1er plan Léonce Dussarrat (dit Léon des Landes), avec à sa gauche le Capitaine Mellows, le Colonel Jean de Milleret, le Capitaine Estève, Jean Gervais (dit Jean des Landes) et le Commandant Claverie
Les libérateurs de Mont-de-Marsan. Au 1er plan Léonce Dussarrat (dit Léon des Landes), avec à sa gauche le Capitaine Mellows, le Colonel Jean de Milleret, le Capitaine Estève, Jean Gervais (dit Jean des Landes) et le Commandant Claverie - Fonds privé

Mont-de-Marsan, France

En ce matin du 21 août  1944, les Montois apprennent la fuite des Allemands vers Bordeaux. Sentant la fin de la guerre, ces derniers ont déserté la Base Aérienne dans la nuit, en détruisant derrière eux la piste d'envol et les hangars, et sont en train de regrouper à Cère. A Mont-de-Marsan, c'est donc le soulagement et très vite des manifestations de joie envahissent les rues. Les troupes FFI font leur entrée dans la ville, elles s'installent à la caserne Bosquet, à la Préfecture. Le Comité de Libération, lui, s'installe à la mairie. C'est l'euphorie ! 

La joie laisse place à l'angoisse

Le départ des Allemands est fêté avec une manifestation officielle au monument aux morts, puis l'organisation d'un banquet à la Préfecture raconte Alain Lafourcade, spécialiste de l'histoire de Mont-de-Marsan (*). Mais, le ton change en début d'après midi. 

14 heures, des rumeurs parlent d'une colonne de soldats allemands qui remonterait de Dax. La confirmation arrive deux heures plus tard.

16 heures, les Allemands sont à Tartas. 

Les premiers combats en milieu d'après-midi

A Mont-de-Marsan, la fête s'arrête, on pli les drapeaux et on se prépare au pire. La résistance, un peu plus d'une centaine d'hommes, se positionne sur la route de Bayonne

16 heures 30, les Allemands, qui ne sont plus qu'à 1.5 km du Pont de Bats, se heurtent aux premiers éléments du Corps Franc de Libération de Jean Gervais (dit jean des Landes), une trentaine d'hommes commandés par Latour et Despons, à la tournée de "Gribère", c'est-à-dire l'actuel rond-point après la base de loisirs de Menasse. Cette première fixation permet aux hommes du Groupe Carnot de mettre en place leur dispositif de combat. Sous les ordres du Capitaine Lhuilier, les sections Laporte, Dupouy et Tardits prennent position sur les hauteurs de Saint-Pierre, à la ferme de Coumassotte et au Pont de Bats. Ce dispositif, là aussi d'une trentaine d'hommes, permet de retarder l'avancée allemande de plus de 3 heures. 

Une lutte inégale

Les Allemands sont plus nombreux et mieux armés. Les munitions des maquisards s'épuisent et les troupes allemandes finissent par passer le pont de Bats. Mais le retard permet aux dernières unités FFI, positionnées au nord de Mont-de-Marsan pour éviter le retour éventuel des occupants vers la base, d'arriver en renfort.

20 heures, la section Dubrou, de la compagnie Croharé (20 hommes), et la compagnie de Rivière (environ 30 hommes), sont donc engagées. La section Dubrou profite de la nuit tombante pour contourner la colonne allemande par Saint-Pierre et reprend position sur le Pont de Bats. Les combats sont immédiats, intenses, la fusillade, dans laquelle est tuée le Capitaine Croharé, dure plus de deux heures, au niveau de l'actuel cinéma

Pendant ce temps, le Capitaine de Rivière et ses hommes prennent position sur le pont de Luxey, aujourd'hui le rond-point des anciens d'Indochine, qui marque la limite entre Mont-de-Marsan et Saint-Pierre-du-Mont. Ils ouvrent le feu sur la tête de la colonne allemande, qui est pris en tenaille entre les deux ponts.

Une libération qui tient un peu du miracle - Alain Lafourcade, spécialiste de l'histoire de Mont-de-Marsan

Au cours des échanges , un camion de munitions allemand explose et les Allemands prennent peur. Ils pensent avoir affaire à une force beaucoup plus importante face à elle, raconte Alain Lafourcade, et ils décident de faire marche arrière. 

22 heures 30, les Allemands se replient finalement vers Dax. 

La bataille est gagnée à Mont-de-Marsan, en ce soir du 21 août 1944. Mais, la résistance perd plusieurs de ses membres. Le Capitaine britannique Anthony Mellows a été tué  dès le début des combats. Les Adjudants Siot et Clapot, deux volontaires qui s'étaient joints aux troupes FFI, meurent à l'ouest du Pont de Bats. Le Capitaine Croharé, tombé à la tête de ses hommes, après la reprise du Pont de Bats. 

Quant aux Allemands, dans leur fuite, ils abandonnent cinq véhicules, et leurs journaux de marche font état de quatre morts qui seront inhumés le 22 août à Dax. 

La ville de Dax, qui sera libérée, deux jours après Mont-de-Marsan, le 23 août 1944.

Alain Lafourcade, spécialiste de l'histoire de Mont-de-Marsan, est l'auteur de "Mont-de-Marsa, la ville aux 1.000 rues. Dictionnaire historique". Il a préfacé l'ouvrage d'Hubert Delpont "Mont-de-Marsan : la fortune d'un chef lieu, 1790 - 1914" et il est train de travailler sur la suite de l'histoire, Mont-de-Marsan de 1914 à nos jours.