Société

Sécurité dans les lieux de culte : un 15 août particulier à Notre-Dame-de-la-Salette

Par Alexandre Berthaud, France Bleu Isère samedi 13 août 2016 à 21:46

Au loin le sanctuaire, dans un calme tout relatif.
Au loin le sanctuaire, dans un calme tout relatif. © Radio France

Deuxième lieu de pèlerinage en France, le sanctuaire s'apprête à accueillir plus de 2000 visiteurs à l'occasion de l'Assomption, le 15 août. Suite aux multiples attentats, la sécurité sur place et aux alentours est fortement renforcée.

Les conséquences du meurtre du père Hamel à Saint-Etienne-du-Rouvray se font sentir jusqu'en haut de la montagne iséroise. Le sanctuaire de Notre-Dame-de-la-Salette, à des kilomètres de la moindre habitation, va connaître un 15 août pas comme les autres. L'agitation particulière de l'Assomption ne changera pas - plus de 2000 visiteurs sont attendus - mais le dispositif de sécurité sera plus de deux fois plus important que les autres années, vigilance post-attentats oblige.

Le paysage depuis l'entrée du sanctuaire... à couper le souffle. - Radio France
Le paysage depuis l'entrée du sanctuaire... à couper le souffle. © Radio France

"La beauté est remarquable, ça fait du bien, du calme, prendre de la hauteur, vu le contexte". Les pèlerins, venus plus tôt afin d'être de la célébration du 15 août, sont époustouflés par le paysage, mais tous ont une pensée pour les victimes des attentats. "Dans ce monde de fous, prendre de la hauteur c'est primordial", explique Claudette, fidèle parmi les fidèles, venue à La Salette avec son mari pour la "douze ou treizième fois", elle ne sait plus.

Des pèlerins inquiets

Claudette et Jacques, posent devant la statue de la Vierge, célébrée le 15 août. - Radio France
Claudette et Jacques, posent devant la statue de la Vierge, célébrée le 15 août. © Radio France

Jacques et Claudette, l'émotion à l'heure du retour à La Salette.

"On a reçu plusieurs coups de téléphones, les gens voulaient savoir si on avait mis en place un dispositif de sécurité". Le père Baris, directeur du sanctuaire, ne voit pas forcément d'un bon œil l'arrivée de gendarmes. "Je suis américain, mais je n'aime pas trop les fusils", plaisante-t-il, "j'ai peur que l'on perde la quiétude et la sérénité des lieux". Mais il doit se rendre à l'évidence, les pèlerins ont besoin d'être rassurés.

Plus de 40 gendarmes sur place, dont certains en civil

Le pont, seule voie d'accès, sera fermé aux véhicules. - Radio France
Le pont, seule voie d'accès, sera fermé aux véhicules. © Radio France

Alors il a coopéré, et le dispositif est impressionnant. Le pont, seul point d'accès au sanctuaire, sera bloqué, interdit à la circulation des véhicules, comme le reste du site. Seuls les piétons seront capables de passer, et leurs sacs seront fouillés. Quarante gendarmes (environ) seront présents sur place, dont certains en civil.

Le dispositif, décrit par le colonel Villeminey.

Le colonel Villeminey, commandant des forces de la gendarmerie en Isère, précise que les force seront présentes sur plusieurs échelons, notamment le long de la route pour filtrer les véhicules. "L'ennemi est collectif, pour le contrer il faut jouer collectif"**,** affirme-t-il. Du côté de l'organisation des festivités rien n'a changé. Pour tenter de conserver cette petite part paisible, dans ce coin de paradis au sud de l'Isère.

Notre reportage sur place.