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Société

Sécurité routière : « Roulez moins vite ! Je ne vous souhaite pas la vie que je suis en train de vivre »

vendredi 29 juin 2018 à 17:38 Par Delphine Martin et Renaud Candelier, France Bleu Auxerre

Alors que la nouvelle limitation de vitesse va bientôt entrer en vigueur, Julien, un habitant de l'Yonne de 37 ans, nous livre son témoignage. Il a été victime d'un grave traumatisme crânien après un violent accident de la route, il y a près de 20 ans.

A partir du 1er juillet, la vitesse maximum passera à 80 km/h sur les routes secondaires.
A partir du 1er juillet, la vitesse maximum passera à 80 km/h sur les routes secondaires. © Maxppp - Alexandre MARCHI

Sens, France

Les nouveaux panneaux de limitation de vitesse sont en cours d'installation sur les routes de l’Yonne. Tout sera prêt dimanche, le 1er juillet, pour l’entrée en vigueur d’une réforme très impopulaire et controversée : l’abaissement de la vitesse maximum à 80 km/h sur les routes secondaires sans séparateur central.

Le premier ministre Edouard Philippe a dit assumer l’impopularité de la mesure, qui rassemble, selon un dernier sondage, 74% d’opinions défavorables. "On peut vivre avec l'impopularité si cela permet de sauver jusqu'à 400 vies par an", a-t-il assuré.

Sa passagère est décédée, il a passé six semaines dans le coma

Julien Verheyde, un sénonais de 37 ans, a bien failli y rester. C’était il y a presque 20 ans. Un violent accident de la route qui a provoqué un grave traumatisme crânien. "En 1999, sur une petite route limitée à 90, j’ai glissé dans un virage en essayant d’éviter un bus. Ma Super 5 a été percutée par un autre véhicule, qui arrivait en face. Ma cousine est décédée. Moi, je suis resté 6 semaines dans le coma profond, entre la vie et la mort", explique le jeune homme.

Cet accident à tout changé pour Julien : "Je ne souhaite à personne de connaitre la vie que j’ai. J’ai du tout réapprendre comme un bébé : manger, parler, me laver, m’habiller, écrire. J’ai dû réapprendre à me souvenir de ma vie d’avant, aussi, parce que j’avais tout oublié". 

Ils (les automobilistes) croient qu’ils sont les maîtres du monde et que les accidents n’arrivent qu’aux autres (Julien, traumatisé crânien)

Progressivement, Julien Verheyde est devenu plus autonome. Il habite aujourd’hui dans un appartement, à Sens, mais il reconnait qu’il ne sait pas encore très bien écrire. Près de vingt ans après son accident, il pose un regard sans concessions sur les automobilistes d'aujourd'hui. "C’est n’importe quoi, ils croient qu’ils sont les maîtres du monde et que les accidents n’arrivent qu’aux autres". Julien espère que la nouvelle limitation va réduire le nombre des accidents et leur violence, mais il craint que les automobilistes ne respectent pas les règles. 

Malgré toutes les douleurs, Julien attend toujours de pouvoir réapprendre la conduite. Il le dit en souriant : "ma passion c’est la voiture". Son message aux automobilistes : "faites vraiment attention, essayez de rouler moins vite, car je ne vous souhaites vraiment pas la vie que je suis en train de vivre".

3 minutes de perdues pour un trajet de 50 kilomètres ? La vie vaut bien ça (Alain Viault, directeur du centre de l'Orval)

Des histoires et des parcours comme celui de Julien, Alain Viault en voit tous les jours. Il est le directeur du centre de l'Orval à Lixy, dans le Gâtinais. Un centre qui accueille des personnes qui souffrent de graves traumatismes crâniens, souvent après des accidents de la route. 

Pour lui, la réforme qui entre en vigueur dimanche va dans le bon sens : "On parle de 300 à 400 vies sauvées, mais même si ça ne sauve qu’une seule vie, ça se justifie. Il faut voir l’état des blessés et des familles, meurtries par ces drames", assure Alain Viault. "On sait que les français sont toujours un peu rétifs aux mesures de ce type-là, mais quand on voit le drame que les familles vivent tout au long de leur vie, l’impact du traumatisme crânien ou de la blessure physique chez l’individu, qu’est-ce que c’est que 3 minutes en moins sur un trajet de 50 kilomètres ! La vie vaut bien ça".

Ecoutez le témoignage de Julien Verheyde, victime d'un traumatisme crânien après un accident de la route.