Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour

Langues régionales : "Je suis fier de parler l'alsacien", Nathan 11 ans

-
Par , France Bleu Alsace, France Bleu Elsass

C'est devenu une rareté: une famille où les enfants parlent encore l'alsacien. Reportage chez les Weber à Seebach dans le nord de l'Alsace. Chloé 13 ans et Nathan 11 ans sont dialectophones pour la plus grande fierté de leurs parents et de leurs grands-parents.

Chez la famille Weber à Seebach, tout le monde parle encore parfaitement l'alsacien
Chez la famille Weber à Seebach, tout le monde parle encore parfaitement l'alsacien © Radio France - Luc Dreosto

Chez les Weber à Seebach dans le nord de l’Alsace, toute la famille parle encore l'alsacien, même les deux enfants. Chloé, 13 ans, a baigné dans le dialecte dès le berceau. "Dès que je suis née, quand on est rentrés à la maison, on parlait l'alsacien, sourit l'adolescente. J'ai appris le français avec mes cousins et cousines. J'adore parler l'alsacien, c'est une langue conviviale, chaleureuse. Je parle avec mes grands-parents et parfois avec trois, quatre copines pour rigoler. C'est un avantage vraiment, aussi pour aller en Allemagne. J'ai des facilités, je peux discuter en allemand, ça m'a beaucoup aidé". Chloé envisage d'ailleurs d'aller faire ses études supérieures Outre-Rhin et peut-être d'y travailler.

Ils n'ont presque plus de copains pour parler l'alsacien

Son petit frère, Nathan, 11 ans, est aussi dialectophone. Mais dans sa classe de CM2 à Seebach, il n’a plus de camarade qui parle le dialecte. Il ne reste que la famille pour pratiquer. 

"Je suis fier de parler l'alsacien, avance le garçon. C'est un joli dialecte et puis comme j'habite en Alsace, c'est un peu normal de le parler, même si de moins en moins d'enfant le parlent. C'est vraiment dommage. Mes grands-parents eux me félicitent de parler l'alsacien. Ils me disent 'c'est très bien, continue comme ça'. Je pense que je vais l'apprendre aussi à mes enfants plus tard".

Pour Isabelle Weber, c’est un devoir d’avoir transmis l’alsacien à ses enfants. "Si je ne leur offre pas maintenant cette chance d'apprendre l'alsacien quand ils sont petits, après ça va être plus dur pour eux plus tard, c'est pour ça que je tiens à la faire, explique cette enseignante en école primaire. C'est un patrimoine, c'est culturel, c'est ce qui fait notre spécificité en Alsace. Ça serait dommage de laisser mourir cette langue".

Les enfants dialectophones, une rareté

Les familles où les enfants parlent bien l’alsacien sont devenus très rares, même en zone rurale. La dernière étude détaillée de l’OLCA (l’Office pour la langue et culture régionale) sur la pratique du dialecte date de 2012. À l’époque, 43% des habitants déclaraient bien parler l’alsacien, mais à peine 3% des moins de 17 ans. Des chiffres qui ont encore baissé en presque dix ans.

Isabelle Weber ne regrette pas d'avoir appris le dialecte à ses enfants avant le français, elle n'y voit aucun désavantage, bien au contraire. "Quand ils étaient petits, certains membres de la famille m'ont dit 'mais tu ne te rends pas compte de ce que tu fais, tes enfants vont avoir des difficultés en classe', raconte-t-elle. Et puis au final j'ai dit 'non, je suis sûr de ce que je fais, ça ne va pas être une tare pour eux'. Et puis effectivement, mes deux enfants sont tous les deux têtes de classe. Quand on a l'habitude avec le cerveau de sauter d'une langue à l'autre, ça se transmet aussi sur les autres disciplines. On a plus de facilités à réfléchir". 

Toute la famille Weber pratique aussi la musique, Nathan est notamment organiste depuis l'âge de 9 ans. Grâce à leurs facilités en allemand, les deux enfants ont aussi remporté des prix Outre Rhin.

Choix de la station

À venir dansDanssecondess