Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Société

Seebach : le stade de football au centre de la discorde

mardi 12 février 2019 à 1:27 Par Solène de Larquier, France Bleu Alsace et France Bleu Elsass

Seebach, charmant village du nord de l'Alsace.. sauf que depuis 4 ans la commune n'est plus aussi paisible. A la place de l'actuel stade de football, la mairie veut transférer la supérette agrandie, créé un parc et un groupement de santé. Le projet divise.

Le stade est cadenassé par arrêté de la sous-préfecture depuis vendredi 8 février 2019.
Le stade est cadenassé par arrêté de la sous-préfecture depuis vendredi 8 février 2019. © Radio France - Solène de Larquier

Seebach, France

Seebach, charmant village du nord de l'Alsace, avec ses maisons blanches à colombage et ses 1.700 âmes... sauf que depuis quatre ans, la commune n'est plus aussi paisible. En cause : à la place de l'actuel stade de football, la mairie veut créer un nouvel espace de services et santé. Le maire veut ainsi y transférer la supérette du village pour pouvoir l'agrandir, mais aussi y construire un futur groupement de santé et un parc avec toboggan et verger pédagogique. L'objectif étant de rendre la commune plus attractive. Seebach est désormais séparé en deux camps : pour ou contre le projet.

Le projet prévu par la mairie :

Ceux qui sont contre le font savoir : sur plusieurs maisons, de grandes banderoles sont affichées : "Le Carrefour oui, mais pas au stade !", le propriétaire de la supérette étant par ailleurs apprécié dans la commune.

Michel Lom, au pouvoir depuis les dernières élections, explique que le stade était le seul terrain assez grand et central pour accueillir ce projet souhaité par la nouvelle municipalité : "Seebach est un très beau village mais ça ne fait pas tout pour être attractif pour ses habitants et attirer des personnes de l'extérieur. La démographie stagne et on est même en recul au niveau des naissances." D'où l'intérêt à ses yeux d'un projet ambitieux. 

Cette banderole est affichée sur plusieurs maisons de Seebach. - Radio France
Cette banderole est affichée sur plusieurs maisons de Seebach. © Radio France - Solène de Larquier

Le stade est maintenant cadenassé par arrêté de la sous-préfecture depuis que la vente est actée. Les buts du stade ont également été retirés. Un autre stade sera construit, mais pas avant fin 2020. D'ici là, le club de foot qui regroupe 117 licenciés fera ses matchs à Wissembourg (les entraînements pouvant toujours se faire sur le terrain secondaire), ce à quoi le bureau du club s'oppose. Nous avons contacté Martin Schalck, président de l'AS Seebach, qui explique s'exprimer au nom du club : "Ce que nous refusons, c'est que l'on commence par tout mettre en place pour installer les travaux de l'autre côté." Ce à quoi le maire répond qu'il ne souhaitait pas construire un nouveau stade avant que le premier ne soit vendu, ce qui est maintenant fait. 

Les buts du stade ont également été retirés, ici vue sur la clubhouse. Seebach le 11 février 2019. - Radio France
Les buts du stade ont également été retirés, ici vue sur la clubhouse. Seebach le 11 février 2019. © Radio France - Solène de Larquier

Pas de nouveau stade avant fin 2020

Le bureau du club a voté et décidé de faire un recours gracieux à la mairie ainsi que de se pourvoir en justice. "Si nous jouons à Wissembourg, à 10km, nous perdrons des supporters et des joueurs... Notre principal source de revenu est le clubhouse, nous ne serons plus dans nos murs..." Il ajoute que le club ne souhaite pas négocier les conditions de match à l'extérieur tant qu'il ne sera pas débouté en justice : "On nous cite souvent des clubs qui ont joué ailleurs le temps de rénovations par exemple, mais ils étaient gagnants au bout du compte."

Car le futur stade est l'autre sujet de discorde. Il n'y aura plus deux terrains en gazon comme c'est le cas actuellement mais un seul terrain en synthétique. "Imaginez que votre maison doit disparaître pour une autoroute, et qu'on vous en propose une autre qui sera construite dans deux ans, qui sera plus petite, qui ne sera pas dans le style que vous aurez choisi et que dans deux ans, on décide où vous serez en location" illustre le président du club. "Cela fait trois ans, voire quatre, que je leur dis qu'il y aura cette transition à gérer et qu'on était prêt à les accompagner" réagit le maire.Michel Lom estime que les opposants aux projets le font également pour des raisons politiques, notamment de la part des partisans de l'ancienne majorité. 

Ce champs situé derrière la salle des fêtes pourrait être le futur stade de Seebach. - Radio France
Ce champs situé derrière la salle des fêtes pourrait être le futur stade de Seebach. © Radio France - Solène de Larquier

Michel Lom explique également ses choix : "Il y aura un terrain et non deux par souci de place (ndlr : le terrain prévu est un champs en bordure du village) et de finances. Le synthétique, voire la pelouse hybride, permet tout simplement de faire à la fois les matchs et les entraînements sur un seul terrain, cela permet aussi d'étendre les saisons de jeu et ça a beaucoup évolué le synthétique !" insiste le maire qui prévoit d'inclure le stade dans un pôle culturel et sportif à côté de la salle des fêtes en construisant à côté une petite salle pour les activités sportives. 

Martin Schalck reconnaît que le club sera gagnant sur les vestiaires, aujourd'hui mal placés et vétustes, mais craint de ne plus avoir la maîtrise totale du clubhouse. Le président a peur que la période de transition et le futur stade fasse du mal à l'aura du club : "Seebach a d'abord été connu par son football avant d'être connu pour sa Streisselhochzeit. On a gagné cinq fois la finale du tournois du Crédit mutuel local, certains joueurs sont devenus professionnels..." Il espère un moratoire pour réduire la période de transition entre la perte du stade et la livraison du futur terrain.

Un budget de 7,9 millions d'euros

Le coût estimé des travaux, qui s'élève aujourd'hui à 7,9 millions d'euros fait également peur à certains de ses détracteurs. "Il ne s'agit pas là d'un projet sur trois ans, tempère le maire, on parle d'un projet sur 30 ans, je comprends que le chiffre puisse faire peur mais la commune n'est pas endettée aujourd'hui et lorsqu'on fait de grands projets, on étale les coûts sur plusieurs années." 

La tension dans le village est palpable, des tracts sont distribués à propos du stade de football... Dominique Weissbeck, joueur au club depuis 1976 ne comprend pas l'opposition : "Le projet coeur de village est super, c'est pour l'avenir de Seebach, pour les générations futures." A propos du stade, lui ne voit que des avantages : "Pouvoir jouer sur un nouveau terrain, c'est un rêve. C'est comme si on vous proposait une nouvelle voiture et que vous préfériez garder l'ancienne qui ne tient pas la route" ajoute-t-il pour prolonger l'image. "Les opposants ont peur du prix, mais lorsqu'on a refait les alentours de la mairie il y a plusieurs années et que ça a coûté très cher, personne n'a rien dit, ajoute son épouse Nathalie Weissbeck, au moins ça bouge !". 

Les dissensions au sein de Seebach sont devenues nombreuses et ne touchent pas que l'avenir du stade de football ou le coût du projet, l'organisation derrière la fameuse Streisselhochzeit fait aussi l'objet de débats houleux.