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Société
Dossier : Mouvement des gilets jaunes

Seine-Maritime : les revendications des gilets jaunes rappellent les cahiers de doléances de 1789

Les gilets jaunes font souvent référence à la révolution de 1789 et leurs revendications ont bien des points communs avec celles de l’époque. France Bleu Normandie a consulté les archives départementales de Seine-Maritime.

En Seine-Maritime, les revendications des gilets jaunes rappellent les doléances de 1789
En Seine-Maritime, les revendications des gilets jaunes rappellent les doléances de 1789 © Radio France - Armêl Balogog

Rouen, France

Les archives départementales de Seine-Maritime ont numérisé les 630 cahiers de doléances de 1789 collectés dans le département. Au milieu des doléances sur les lapins de garenne, les pigeons dévoreurs de récolte, les hivers trop froids et les critiques de la féodalité, certaines des revendications de l’époque rappellent celles des Gilets jaunes.

Des doléances sur les impôts déjà en 1789

A l’époque déjà, les doléances critiquent beaucoup les impôts et les différentes taxes payées par le peuple. "Il y a une demande de justice, d’équité dans le paiement de l’impôt, dans le montant de l’impôt", constate Nathalie Jourdain, archiviste en Seine-Maritime.

Exemple dans cette doléance issue des cahiers de Butot qui demande "une plus juste et plus égale répartition dans les tailles et impositions quelconques dont le fardeau s’appesantit toujours sur les plus pauvres. Dans lesquelles impositions il est juste de comprendre le clergé et la noblesse".

A Bois-Guillaume, on souhaite "abolir principalement la Gabelle dont la perception est sujette à bien des vexations". A La Crique, on veut "l’égalité dans les impositions".

Même requête à Quincampoix : "Il serait intéressant que l’impôt (…) fusse réparti dans chaque paroisse et après une estimation exacte de tous les biens." Traduire : ceux qui ont plus de biens, paient plus d’impôts.

Extrait des cahiers de doléances de Bois-Guillaume, en Seine-Maritime, en 1789 - Radio France
Extrait des cahiers de doléances de Bois-Guillaume, en Seine-Maritime, en 1789 © Radio France - Armêl Balogog

Le pouvoir d’achat, au cœur des revendications

"La révolution profonde de 1789, moi, me fait étrangement penser au remue-ménage qui commence de nous agiter sérieusement", commente l’historien Michel de Decker.

On réclame des sous en 2019 et on les réclamait en 1789.

Le chroniqueur historique de France Bleu Normandie compare le coût du pétrole – la goutte d’eau qui a fait déborder le vase des gilets jaunes – au prix du blé qui avait augmenté en 1789 et engendré la colère des "bonnets phrygiens". 

"Je crois que la question de la dignité est toujours là. En 1789 comme aujourd’hui, on voulait l’égalité, c’est-à-dire que le tiers-état ne supportait plus les inégalités devant l’impôt essentiellement, il trouvait que la noblesse ne payait pas suffisamment d’impôts", analyse l’historien, ajoutant que "c’est quand même la clé de voûte des revendications pour les deux périodes, 1789 comme 2019 : des sous, toujours des sous".

Extrait des cahiers de doléances de Butot, en Seine-Maritime, en 1789 - Radio France
Extrait des cahiers de doléances de Butot, en Seine-Maritime, en 1789 © Radio France - Armêl Balogog

Une démocratie qui "ne fonctionne pas"

En 1789, les cahiers de doléances n’avaient pas permis de calmer la colère du peuple et avait abouti à la révolution. En 2019, Michel de Decker a peu d’espoirs quant aux cahiers de doléances, ouverts rapidement et en peu de temps, ni pour le grand débat national qu’Emmanuel Macron lancera mardi 15 janvier depuis le département de l’Eure.

En allant sur les ronds-points, il a constaté que les gilets jaunes n’ont plus l’impression de vivre dans une démocratie et pour lui "une démocratie qui ne fonctionne pas, ce n’est pas loin d’une monarchie".

"Versailles, c’était des intouchables. Eh bien les gilets jaunes disent que l’Elysée n’en fait qu’à sa tête, qu’on soit là ou qu’on ne soit pas là, on n’est bon qu’à payer des impôts", compare l’historien, non sans rappeler les surnoms donnés au président de la République, "Monarc" - anagramme de Macron – ou encore "Jupiter".

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