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Société

Seine-Saint-Denis : le nombre de femmes avec bébés sans-abris augmente

jeudi 6 septembre 2018 à 4:15 Par Rémi Brancato, France Bleu Paris et France Bleu

Le 115 de Seine-Saint-Denis s'alarme : cet été, 54 familles qui venaient d'avoir un bébé ont été laissées sans solution d'hébergement. Le nombre de femmes enceintes ou venant d'accoucher qui ont recours à l'hébergement d'urgence explose dans le département.

Stéphane Bounan, chef de service à la maternité de Saint-Denis, accueille plus de 300 femmes sans-abri chaque année
Stéphane Bounan, chef de service à la maternité de Saint-Denis, accueille plus de 300 femmes sans-abri chaque année © Radio France - Rémi Brancato

Seine-Saint-Denis, France

Des femmes enceintes ou des jeunes mamans avec leurs nourissons obligés de dormir à la rue en Seine-Saint-Denis : c'est la situation dramatique que dénonce l'association Interlogement93. Elle gère la plateforme d'appel du 115 dans le département. Cet été, pas moins de 54 familles qui venaient d'avoir un bébé ont été laissées sans solution d'hébergement à la sortie de la maternité. Ce mercredi, 11 femmes se trouvaient encore dans une chambre de maternité en attente d'hébergement.

ECOUTER - Les femmes avec bébés sans-abri sont de plus en plus nombreuses en Seine-Saint-Denis

Ce qui a provoqué la colère de l'association, qui lance un "cri du cœur", dans un communiqué publié mardi, c'est le cas de deux femmes, qui ont dû dormir littéralement à la rue à leur sortie de la maternité avec leurs bébés de trois semaines et quatre mois, le 29 août dernier. Après plusieurs nuits dehors, une solution a été trouvée pour seulement 15 jours.

Trois fois plus de femmes enceintes font appel au 115

Pour ces familles, "d'ici une douzaine de jours, la situation pourrait se reproduire" regrette François Bulan, le chef de service du 115 à Interlogement93. "Les maternités ne le font pas de gaieté de coeur : leurs lits sont saturés et elles ne peuvent pas accueillir des femmes qui doivent accoucher" constate-t-il. D'autant que beaucoup de femmes sans-abri restent souvent longtemps à la maternité après leur accouchement.

ECOUTER - Stéphane Bounan, chef de service à la maternité de l'hôpital Delafontaine à Saint-Denis

653 femmes enceintes ou ayant accouché ont été orientés vers le 115 en 2017 par des maternités. C'est trois fois plus qu'en 2014. A l'hôpital Delafontaine à Saint-Denis, plus de 300 femmes sont sans logement au moment de leur passage à la maternité. "La politique du service est de ne pas laisser des patientes à la rue avec un nouveau-né" explique Stéphane Bounan, gynécologue et chef de service à la maternité : "nous devons les garder dans nos murs en attendant de trouver une solution souvent par le 115".

Soixante jours à la maternité pour une femme sans-abri

Quitte à encombrer les lits, au détriment d'autres cas. "Malheureusement nous sommes parfois contraints de refuser des transferts de patientes malades faute de lits" regrette le médecin, qui évoque un "gâchis", un "dévoiement" du rôle de l'hôpital.

ECOUTER - François Bulan, du 115 de Seine-Saint-Denis

Ce mercredi, dans sa chambre, Fatou vient enfin d'avoir une réponse du 115. Pendant sa grossesse, les opérateurs lui répétaient qu'il n'y avait pas de place. "J'ai dormi chez une copine, deux jours, après j'ai dormi aux urgences, parfois" raconte la jeune femme de 21 ans. Après son accouchement, elle aura passé huit jours à la maternité avec son bébé, une petite fille, pourtant très en forme. Et ce délai est plutôt court. "On a eu un record : une patiente qu'on a du garder une soixantaine de jours" raconte Stéphane Bounan.

Le 115 demande plus de moyens à l'Etat

Interlogement93 s'alarme de la saturation du 115. "On demande d'augmenter le nombre de places de mise à l'abri immédiate à l'hôtel" répète inlassablement Maxence Delaporte, le responsable opérationnel, qui ajoute qu'il faut aussi davantage d'accompagnement social pour les personnes prises en charge. Objectif : libérer des places rapidement et fluidifier le système. Chaque jour, en Seine-Saint-Denis, des familles sont laissées sans solution d'hébergement, ce qui représente plus de 100 mineurs.