Société

Semaine du goût : ils ont choisi les AMAP et le circuit court

Par Julien Morin, France Bleu Isère mardi 11 octobre 2016 à 0:57 Mis à jour le mardi 11 octobre 2016 à 8:32

Le stand du maraîcher à l'AMAP de Meylan
Le stand du maraîcher à l'AMAP de Meylan © Radio France - Julien Morin

Toute cette semaine, le goût est à l'honneur : plusieurs milliers d'animations sont proposées dans toute la France. Sept jours pour découvrir ou redécouvrir les plaisirs de la table. Pour les Amapiens, la qualité dans l'assiette, c'est toute l'année. Reportage à l'AMAP Béalières de Meylan en Isère.

Pour les 29 personnes engagées à l'AMAP - comme Association pour le maintien d'une agriculture paysanne - Béalières de Meylan, c'est devenu le rituel du lundi soir. Panier en main, ils viennent chercher du fromage, des légumes, ou leurs produits laitiers pour la semaine. "Un kilogramme de tomates, des poivrons, des aubergines et des épinards", c'est le contenu du panier de François, 36 ans, membre de l'AMAP depuis quelques mois. Sur le stand de Thomas, le maraîcher : "essentiellement des produits estivaux. On termine les stocks avant d'attaquer les légumes d'hiver." Ce soir là, trois producteurs : le maraîcher, la crémière, et la boulangère.

Des paniers de produits frais toutes les semaines

Les yaourts à la vanille et au chocolat de la crémière - Radio France
Les yaourts à la vanille et au chocolat de la crémière © Radio France - Julien Morin

La priorité pour les "consomm'acteurs", comme les appellent l'association, c'est de retrouver des produits de qualité. Madeleine, 75 ans, vient pour la première fois à l'AMAP. "Avant j'habitais à la campagne. J'avais mon jardin donc mes légumes je les faisais moi-même. J'ai été un peu en grande surface, mais rien à voir avec ça." Après quelques explications, Madeleine franchit le pas et s'engage auprès du maraîcher.

L'AMAP repose sur un contrat entre le producteur et le consommateur. Ce dernier s'engage à verser à l'avance au producteur une somme d'argent contre un panier de produits frais sur une fréquence donnée. Et en fonction de la production : la quantité du panier peut être modifié à la hausse ou à la baisse. Un lien direct donc entre ces deux acteurs de la consommation qui repose essentiellement sur la confiance.

"Je suis alignée sur un tarif de boulangerie tout à fait classique"
— Nathalie, boulangère

Le stand de la boulangère et son pain à la noix locale - Radio France
Le stand de la boulangère et son pain à la noix locale © Radio France - Julien Morin

A priori, acheter des produits frais pourrait coûter plus cher. Faux, selon Nathalie, la boulangère de l'AMAP Béalières : "Je suis alignée sur un tarif de boulangerie tout à fait classique, ils (les Amapiens) n'ont rien à perdre à venir ici". Même son de cloche pour Didier qui vient de régler 120€ pour 24 yaourts et deux fromages frais toutes les deux semaines pendant trois mois : "Je ne sais pas combien ça me coûterait en grande surface. Ce que je sais, c'est que je prend bien plus de plaisir à manger ceux-là."

Les derniers légumes d'été du maraîcher - Radio France
Les derniers légumes d'été du maraîcher © Radio France - Julien Morin

Une qualité supérieure, des produits frais et bio : voilà ce que viennent chercher les clients de l'AMAP. Le circuit court : un gage de confiance et de qualité pour les 2% de consommateurs français qui ont choisis la vente direct auprès du producteur. Pour ces derniers, le circuit court peut être une question de survie. "Le circuit court pour moi c'est simplement l'avenir, confie Thomas, le maraîcher. De toute façon c'est la seule façon pour moi de vivre dignement de mon métier."

"Mieux manger pour vivre mieux" : les Amapiens en ont fait leur slogan à l'année. Mais avec la petite dizaine de produits proposés chaque semaine : beaucoup confessent aller encore régulièrement au supermarché pour plus de diversité.

ÉCOUTEZ | Reportage à l'AMAP Béalières de Meylan

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