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Téléréalité, Miss France, grandes écoles : un rapport propose des mesures pour lutter contre le sexisme

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Par , France Bleu
France

Que faire pour faire reculer le sexisme en politique, pour changer la représentation de la femme dans la téléréalité, pour faire baisser les décisions ou des attitudes sexistes en entreprises ? Le Haut Conseil à l'Égalité répond à ces questions avec 32 recommandations dévoilées ce lundi.

Selon le HCE, "la prévalence du sexisme demeure très importante" dans le monde du travail (photo d'illustration).
Selon le HCE, "la prévalence du sexisme demeure très importante" dans le monde du travail (photo d'illustration). © Maxppp - Christophe Morin

Trente-deux recommandations pour faire reculer le sexisme dans les entreprises, les médias ou encore le bastion du sexisme, le milieu politique. Le Haut Conseil à l'Égalité (HCE) rend son rapport annuel ce lundi. 

La téléréalité, le mauvais élève de la représentation

La part des femmes à la télévision est aujourd'hui de 42%, un peu moins de la moitié. Mais ce chiffre chute à 29% aux heures de grande écoute : certaines émissions et certains plateaux restent en grande partie masculins. Les femmes, notamment les femmes politiques, sont sous-représentées parmi les expertes et les invitées présentes à l'antenne. 

Mais le rapport du HCE épingle tout particulièrement les émissions de divertissement. Et ce n'est pas tant sur le volet de la parité que le HCE s'indigne, mais sur la représentation stéréotypée des femmes. Le "constat est sans appel" dans les émissions de téléréalité : "assignation à des tâches et rôles stéréotypés, sexualisation très présente, procédés de dénigrement et de "clash" qui tournent à plein". Les femmes y sont souvent "présentées comme stupides, faibles et rivales entre elles, elles ne sont que le faire valoir de "mâles dominants"", indique le rapport. 

Miss France : 'instrumentalisation du corps des femmes"

Dans le collimateur du rapport, il y a notamment l'émission Miss France, "regardée par des millions de personnes" qui "participe également d'une instrumentalisation du corps des femmes et d'une vision archaïque de leur place et de leur rôle dans la société". 

Sept recommandations sont formulées pour lutter contre le sexisme dans les émissions de divertissement, et notamment en faveur d'un "renforcement du rôle du CSA en matière de lutte contre le sexisme dans les programmes audiovisuels", ou encore l'inscription d'un objectif dans le cahier des charges du service public pour qu'il y ait un minimum de 30% de femmes réalisatrices d'ici 2022, pour atteindre un taux de 40% d'ici 5 ans.

Le sexisme en entreprise

Selon le HCE, "la prévalence du sexisme demeure très importante" dans le monde du travail. En 2016, 80% des femmes considéraient qu'elles étaient régulièrement confrontées à des décisions ou des attitudes sexistes dans le cadre de leur travail (selon la dernière consultation du conseil supérieur de l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes).

Les grandes écoles, terreau d'un sexisme ambiant

Et la responsabilité est partagée. Le Haut Conseil à l'Égalité évoque notamment la responsabilité desgrandes écoles, qui servent de terreau au sexisme. Contrairement aux universités, qui ont engagé des mesures importantes, les grandes écoles "banalisent le sexisme ambiant. Le phénomène demeure massif et les pratiques d'évaluation très insuffisantes". 

Voici quelques recommandations du HCE pour le monde de l'entreprise :

  • favoriser dès le plus jeune âge une orientation scolaire et professionnelle "sans stéréotypes de sexe" 
  • renforcer le statut des référents harcèlement sexuel pour mieux protéger les femmes des risques de représailles
  • inciter les entreprises à faire connaître les sanctions en cas de violences sexistes à ses salariés
  • rendre obligatoire la prévention et la lutte contre les violences sexistes
  • mettre en place dans les entreprises une sorte de baromètre interne du ressenti du sexisme

Le milieu politique : "bastion du sexisme"

Selon le HCE, le monde politique "fonctionne comme une chasse gardée des hommes malgré les avancées remarquables de la parité grâce aux contraintes légales". Mais les femmes politiques, si elles sont plus nombreuses, restent "considérées souvent comme des intruses, sujettes à des disqualifications et incivilités, notamment sous forme d’interruptions de leurs prises de parole, objets de comportements paternalistes et confrontées aux violences sexistes et sexuelles", indique le rapport.    

Malgré les lois de parité, "le pouvoir reste très majoritairement masculin", rappelle le HCE. "84% des maires et 92% des présidents d’intercommunalité sont des hommes". Pour lutter contre ce phénomène, le HCE propose d'étendre la parité aux communes de moins de 1000 habitants, et d'instaurer des règles paritaires au sein de l'Assemblée nationale et au Sénat, avec des binômes paritaires pour les co-rapporteurs de lois, et la parité également aux postes de vice-présidence des assemblées. 

Le HCE propose aussi d'instaurer une peine d'inéligibilité pour les élus condamnés pour des violences sexistes et sexuelles, de créer un équivalent du rapport annuel du CSA pour "mesurer les stéréotypes dans la presse" et aussi de "publier un décompte spécifique, en période électorale" du temps de parole accordés aux femmes et aux hommes par semaine.

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