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Cinq mois après avoir donné un de ses reins, un Auxerrois part à la conquête du Mont-Blanc

Par Kevin Dufreche et Bruno Blanzat, France Bleu Auxerre, France Bleu Pays de Savoie et France Bleu jeudi 31 août 2017 à 4:00

Vincent Fontaine, ici à Chitry
Vincent Fontaine, ici à Chitry -

En mars dernier, l'Auxerrois Vincent Fontaine faisait dont d'un rein à son neveu Thibault, atteint d'une insuffisance rénale grave. Grand sportif, il courra ce week-end les 170 kilomètres de l'ultra-trail du Mont Blanc, une des courses les plus difficiles du monde.

Sur la ligne de départ de l'Ultra trail du Mont-Blanc, il y aura ce week-end un participant un peu spécial. Et pour cause, Vincent Fontaine n'a qu'un rein. En mars dernier, son neveu Thibault, atteint d'une insuffisance rénale, a besoin d'une greffe en urgence. Vincent n'hésite pas, et trois semaines après son opération, il rechaussait déjà les baskets.

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"À la fin, ça rend plus fort"

À 56 ans, Vincent Fontaine est un sportif aguerri. Membre de l'AJA Marathon, il est passionné de moto, et de course à pied. L'ultra trail du Mont-Blanc, 170 kilomètres, plus de 10 000 mètres de dénivelé, c'est l'une des courses les plus dures du monde. Alors avec un rein en moins... "Je suis très fier d'y participer", confie-t-il. "Parce qu'il faut avoir réalisé de belles performances sur d'autres trails, et en plus être tiré au sort, pour faire partie des 8000 "heureux élus" venus du monde entier pour participer à cette grande course.

Mais plus qu'une expérience sportive, c'est une aventure familiale que vit Vincent Fontaine depuis le don qu'il a fait à Thibault. "Ca a été un moteur pour redémarrer, explique-t-il J'ai un objectif, avec un handicap, cette greffe de rein. Mais à la fin, ça rend plus fort." Un médecin lui a bien dit qu'il était fou, mais lui rechausse les baskets seulement trois semaines après. Et il l'assure : sa vie de sportif n'a pas changé.

"Je n'ai aucune sensation d'avoir un rein en moins"

Une superbe histoire familiale

Dans ce très beau projet, Vincent n'est pas seul. Il peut compter sur Thibault, qui à 24 ans, et atteint d'une maladie génétique qui a provoque son insuffisance rénale, s'est remis au sport, comme son oncle. "J'espère vraiment qu'il finira la course avec moi", espère le sportif.

Thibault sera là, presque sur chaque kilomètre, parce qu'avez 7 autres personnes, il va suivre, accompagner, et ravitailler son champion pendant les longues heures d'effort. Le jeune homme n'aurait pas voulu manquer ça : "Je sais que ça lui tient à coeur depuis plusieurs années", confie Thibault.

"Ce don, ça nous a rapproché. Si lui il réussit la course, c'est comme si moi je la réussissais."

Les deux hommes se donnent rendez-vous sur la ligne de départ à Chamonix vendredi à 18h, pour la suite de la plus belle aventure de leur vie.

Les bonnes ondes du 31 août 2017

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