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Société

Les Français sont plus pessimistes à la campagne que dans les grandes villes

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Par , France Bleu

Le pessimisme des Français, déjà bien connu, se confirme selon l'institut Ipsos. Mais dans le détail, l'étude montre une France divisée entre les villes et les campagnes, comme l'ont exprimé les Gilets jaunes.

Les Français sont les champions du pessimisme
Les Français sont les champions du pessimisme © Maxppp - Philippe Turpin

Le pessimisme français n'est pas nouveau. Enquête après enquête, année après année, institut de sondage après institut de sondage, invariablement, la France figure dans les tréfonds des classements internationaux. Mais selon une étude Ipsos pour Fondapol, publiée mercredi dans le quotidien les Echos, ce pessimisme n'est pas ressenti uniformément sur le territoire.

Chômage, inégalité, même la météo

Depuis au moins trois décennies, le chômage élevé, les inégalités, l'insécurité, l'immigration, la pollution, voire la météo, tout alimente la "dépression française". Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Education nationale, s'en émouvait le 16 janvier, lors de ses voeux à la presse : "Cela m'a toujours étonné, mais les Français sont plus pessimistes que les habitants du Bangladesh." 

Quelques chiffres pour comprendre ce pessimisme français détaillés par l'Ipsos pour Fondapol, le cercle de réflexion pour l'innovation politique :

- 20 % des Français jugent que notre pays va dans la bonne direction, contre 42 % de moyenne mondiale. Ce qui fait de nous le pays le plus négatif sur cet indicateur parmi une trentaine, juste devant l'Afrique du Sud… 

- 70 % des Français s'attendent à ce que la situation de leur pays se dégrade dans les années à venir, ce qui fait de nous le pays le plus pessimiste parmi une quarantaine de pays où Ipsos a enquêté pour la Fondapol.

- 45 % des Français ont le sentiment que leur niveau de vie s'est dégradé ces dernières années, contre 29 % en moyenne chez nos voisins européens. 

- Seulement 12 % des Français sont optimistes pour l'avenir des générations futures et 48 % pensent qu'il est aujourd'hui très difficile pour un jeune de gravir les échelons sociaux. 

Un pessimisme des champs mais pas des villes

Mais le mouvement des Gilets jaunes l'a montré. Ce pessimisme n'est pas ressenti de la même manière par tous. "Les niveaux de confiance en l'autre et en l'avenir varient en effet énormément selon que l'on est jeune ou vieux, selon le statut économique, le revenu, le statut marital. Ils _varient selon que l'on habite dans une grande métropole, une ville moyenne ou un village rural_", souligne dans le journal les Echos Chloé Morin, directrice de projets internationaux chez Ipsos

Finalement, "le rapport à l'avenir d'un New-Yorkais est aujourd'hui sans doute plus proche de celui d'un Parisien, que celui d'un Parisien ne l'est d'un habitant du fin fond de l'Ardèche", observe Chloé Morin. 

"La fracture rurale/urbaine, éduqué/sans diplôme, statut d'emploi protégé/outsider… toutes ces fractures se retrouvent en effet dans nos enquêtes internationales, que l'on soit Chinois, Américain, Français ou Canadien" note enfin la directrice de projets internationaux chez Ipsos.

Paradoxe : 72% des Français sont satisfaits de leur vie  

Mais l'enquête montre pourtant que si les Français sont pessimistes collectivement ils restent optimistes à titre individuel : 

- 70 % des Français de moins de 35 ans sont optimistes pour leur avenir. 

- 60 % des Français conviennent que la qualité de vie est meilleure en France que dans les pays voisins. 

- 72 % des Français se disent, à titre personnel, satisfaits de leur vie 

- un bonheur qui repose avant tout sur la qualité de leurs relations sociales, de leur vie de famille, du fait d'être en bonne santé et d'avoir du temps pour soi. 

"Nous sommes donc _individuellement plutôt heureux_, mais incapables de nous projeter ensemble dans un avenir désirable, nous doutons de pouvoir relever collectivement les défis immenses qui sont devant nous de la mondialisation au réchauffement climatique, en passant par la résorption des inégalités ou la lutte contre le terrorisme et les formes multiples de radicalisation" souligne Chloé Morin est directrice de projets internationaux chez Ipsos