Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Société

Sœur Emmanuelle est morte il y a 10 ans : retour sur les moments-clés de sa vie

samedi 20 octobre 2018 à 3:11 Par Charlotte Hattenberger, France Bleu

Il y a 10 ans sœur Emmanuelle disparaissait après une longue vie consacrée aux plus démunis. Retour sur les dates-clés de la vie de la "petite sœur des chiffonniers".

À son retour en France à 85 ans, sœur Emmanuelle continue de s'engager pour la solidarité.
À son retour en France à 85 ans, sœur Emmanuelle continue de s'engager pour la solidarité. © Maxppp - PHOTOPQR/L'EST REPUBLICAIN

Yallah ! ("en avant", en arabe), la devise de sœur Emmanuelle résume bien ce qu'ont été sa philosophie et son rythme de vie. Pleine d'énergie, elle a passé sa vie à enseigner, aider, mobiliser... Elle nous a quitté le 20 octobre 2008, à presque 100 ans. Retour sur les moments-clés de sa vie. 

1914 : le décès de son père

Née Madeleine Cinquin en 1908 à Bruxelles, elle grandit dans une famille aisée. En 1914, à l'âge de 6 ans, elle vit un réel traumatisme : elle assiste impuissante à la noyade de son père dans la mer du Nord. Elle prend alors conscience de la fragilité de l'existence. Elle décrira plus tard cet événement comme un déclic qui la rapprochera de la religion.

1929 - 1931 : Madeleine devient sœur Emmanuelle

En 1929, Madeleine rencontre une supérieure du couvent de Notre-Dame-de-Sion à Londres. Une des missions de cette congrégation est d'apporter l'instruction aux enfants pauvres. Nouveau déclic : Madeleine découvre sa vocation. Elle renonce à la vie confortable qui l’attendait pour entrer dans la congrégation. En 1931, Madeleine prononce ses vœux de religieuse et devient alors sœur Emmanuelle, "Dieu avec nous" en hébreu.

Elle passe plusieurs années en Turquie, en Tunisie puis en Égypte, à enseigner auprès de jeunes filles de familles aisées. Ses élèves lui semblent superficielles et indifférentes à la pauvreté qui les entoure. Elle ressent un profond désir de venir en aide aux plus pauvres. 

1971 - 1993 : le bidonville d’Ezbet El-Nakhl et les chiffonniers de Mokattam

À 85 ans, sœur Emmanuelle décide de vivre dans un bidonville du Caire - Maxppp
À 85 ans, sœur Emmanuelle décide de vivre dans un bidonville du Caire © Maxppp - PHOTOPQR/OUEST FRANCE

À l’âge de la retraite, sœur Emmanuelle obtient l'accord de sa congrégation pour s'installer dans un bidonville en Égypte, parmi les chiffonniers du Caire. Elle se bat pour améliorer les conditions de vie des populations pauvres et lance de nombreux projets notamment d'éducation et de santé. 

En 1976, elle rencontre sœur Sara, qui la suivra pendant plusieurs années. Elles iront dans de nombreux pays pour récolter des fonds, permettant ainsi la construction d'école, de dispensaire, d’hôpital ou de maternité au Caire. 

En 1976, sœur Emmanuelle rencontre sœur Sara, avec qui elle parcourera le monde pour mobiliser des fonds - Maxppp
En 1976, sœur Emmanuelle rencontre sœur Sara, avec qui elle parcourera le monde pour mobiliser des fonds © Maxppp - PATRICK ROUX PHOTOPQR/LE DAUPHIN

En 1980, sœur Emmanuelle, accompagnée de sœur Sara, part s'occuper des chiffonniers de Mokattam : elle continue de se battre farouchement pour collecter des fonds et mobiliser les pouvoirs. Elle permet notamment la création d’un réseau d’eau et d’électricité. La même année, elle crée l'association de solidarité internationale Les amis de Sœur Emmanuelle, qui deviendra ensuite Asmae, pour venir en aide aux enfants partout dans le monde. 

Sœur Emmanuelle reçoit en 1991 la nationalité égyptienne en reconnaissance de son œuvre en Égypte.

1993 : la retraite en France

À 85 ans, à la demande de sa hiérarchie, elle retourne en France pour prendre sa retraite, laissant sœur Sara prendre le relais en Égypte. Une fois en France, elle réalise que la misère se trouve également dans son pays et s'active alors pour venir en aide aux personnes dans le besoin. Elle écrit plusieurs livres et continue de s'investir dans des associations. Elle est élevée au grade de commandeur de la légion d'honneur en 2002 puis de grand officier en 2008.