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SONDAGE - Les Français et le confinement : dans le monde du travail, le coronavirus accentue les inégalités

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Par , France Bleu

Le baromètre des territoires réalisé par Odoxa-Adviso Partners pour France Bleu, France Info et Challenges s'intéresse ce jeudi aux conséquences du confinement dans le monde du travail. Découvrez les résultats de notre grande enquête.

Les conditions de travail diffèrent selon les secteurs d'activité et les lieux de vie, notamment.
Les conditions de travail diffèrent selon les secteurs d'activité et les lieux de vie, notamment. © AFP - -

Quelles conséquences le confinement a-t-il sur le monde du travail ? C'est l'objet du dernier volet de notre baromètre des territoires, réalisé par Odoxa-Adviso Partners pour France Bleu, France Info et Challenges, publié ce jeudi. En pleine épidémie de coronavirus, quelle est la proportion de Français qui continue à travailler ? Le télétravail s'est-il vraiment développé, et dans quelles conditions ? Découvrez les résultats de cette grande enquête*.

La situation est la même pour tous depuis le 15 mars : les Français sont confinés. Mais ils vivent très différemment cette situation, notamment sur le plan professionnel.

Un actif sur quatre continue à aller sur son lieu de travail

Premier enseignement de notre étude, près d'un Français sur deux (45%) ne travaille plus du tout depuis le début du confinement, soit parce qu'ils sont en chômage "partiel" à 100% du temps du fait de la diminution de l'activité de leur entreprise, soit parce qu’ils sont en congé maladie (ils ont explosé avec l’épidémie, puisqu’on peut en bénéficier dès lors qu’une suspicion de Covid-19 existe dans son foyer).

L'autre moitié des actifs travaille encore, mais de manière différente : un quart (25%) continue à se rendre sur son lieu de travail, et le quart restant (24%)  s'est de son côté mis au télétravail.

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Essor du télétravail, mais pas partout et pas pour tout le monde

Le fait qu'un actif sur cinq travaille désormais à distance est l'un des chiffres marquants de notre baromètre. Mais il dissimule de très fortes disparités, selon les endroits où les Français vivent et/ou selon les secteurs professionnels dans lesquels ils exercent.

Clivage Paris/province

Sur le plan géographique, le clivage Paris/province est flagrant : si l’Ile de France est très "pratiquante", les autres régions le sont beaucoup moins. On constate un écart de 1 à 2 entre "Paris" et les régions (43% vs 19%). Certaines semblent totalement sinistrées en termes de télétravail. C’est le cas notamment de la région Normandie où seulement 11% des actifs sont en télétravail, soit quatre fois moins qu’en région parisienne. 

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Les cadres des grandes entreprises télétravaillent davantage

La profession exercée joue aussi à plein dans les différences : 57% des cadres sont actuellement en télétravail contre seulement 7% des catégories populaires. La taille de l’entreprise est aussi un facteur discriminant, on compte plus de deux fois plus de télétravailleurs dans les grandes entreprises de plus de 5.000 salariés (38%) que dans les petites entreprises de moins de 10 salariés (17%). 

Pour certains secteurs, le télétravail est impossible

Le secteur d’activité de l’entreprise concernée joue aussi, évidemment, sur la pratique du télétravail et, inversement sur l’obligation de devoir se rendre physiquement sur son lieu de travail (cf graphique ci-dessous).

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Pour conclure, les Français appartenant aux catégories populaires sont 56% à avoir totalement arrêté leur activité professionnelle depuis le début du confinement. Ils sont aussi les plus nombreux à devoir se rendre tous les jours ou presque sur leur lieu de travail (31% des CSP- et 35% des ouvriers). Inversement, les catégories dites supérieures et plus particulièrement les cadres ont beaucoup moins souvent dû arrêter de travailler (seulement 34% des CSP+, soit 22 points de moins que les CSP-). Conclusion : le Covid-19 a donc encore accentué les inégalités sociales et territoriales de façon spectaculaire.

Inquiets pour leur santé et leur entreprise, ces actifs qui travaillent "la boule au ventre"

Outre ces inégalités touchant aux conditions de travail, tous les actifs ne semblent pas égaux dans la manière dont ils vivent et ressentent la crise actuelle. 

Crainte pour la santé

D'abord sur le plan sanitaire, avec un chiffre : près des trois-quarts (71%) des actifs qui doivent continuer de se rendre sur leur lieu de travail disent avoir peur d’être contaminés lorsqu’ils vont travailler. Ces actifs partant au travail avec la "boule au ventre" sont particulièrement nombreux parmi les femmes (78%) et les salariés du secteur public (76%), catégories particulièrement surreprésentées parmi les caissières, les infirmières et autres fonctionnaires au contact du public. Bref des métiers effectivement particulièrement exposés au danger car au contact potentiel de malades.

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Crainte pour la santé de son entreprise

L'autre "sentiment" clivant est économique : un actif sur quatre a peur de perdre son emploi "à cause du coronavirus". Mais là encore, cette inquiétude prend des proportions variables selon les cas de figure. La taille de l’entreprise est notamment un facteur déterminant : cette peur passe ainsi de seulement 9% dans les très grandes entreprises (plus de 5.000 salariés) à 22% dans les grosses PME (250 à 500 salariés), 24% dans les plus petites PME (10 à 249 salariés) pour culminer à 39% dans les TPE de moins de 10 salariés. 

Le secteur d'activité est également important : c’est dans le commerce, la restauration et l’hébergement, ainsi que dans celui du transport et de l’entreposage que la peur de perdre son emploi est la plus forte avec 32% contre 24% dans les services et seulement 10% dans les services publics. Régionalement, l’inégalité sur ce point prévaut encore : la carte de France de l’angoisse de perdre son job suit celle de la France périurbaine se sentant exclue de la mondialisation et reproduit le calque inverse de la pratique du télétravail.

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Espoirs et perspectives pour l'après

Comme dans nos précédents volets sur la vie quotidienne, le confinement suscite l'intérêt et éveille des espoirs pour la suite. Quelques éléments l'illustrent.

L'image des entreprises s'améliore

Les trois-quarts des Français (76%) pensent que "pendant cette période, les entreprises se comportent bien à l’égard de leurs salariés". L’entreprise soucieuse de la santé de ses salariés s’impose dans l’imaginaire, remplaçant peu à peu celle du "patron voyou" délocalisant et maltraitant ses salariés pour se "gaver" de dividendes. 

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L'occasion de réfléchir à la place du travail dans la vie

Autre conséquence positive de cette situation dramatique, nombre de Français expliquent prendre du recul et réfléchir à leur vie, leur emploi, et à ce qui compte vraiment pour eux. Ainsi entre les deux-tiers et les trois-quarts des actifs affirment que cette période de confinement forcé aura un rôle positif quant à leur réflexion sur leur "équilibre vie professionnelle/vie privée", sur l’amélioration de leur organisation entre ces deux dimensions, mais aussi sur l’intérêt de leur travail et sur ce qui compte vraiment pour eux, professionnellement.

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Vers le règne du télétravail ?

Dernière perspective d'évolution : les trois-quarts des Français souhaitent que le télétravail se développe davantage à l’avenir. Pour les sondés, il permet de réduire la pollution (91% des Français, 91% des actifs, 93% des télétravailleurs), est idéal pour équilibrer vie familiale et vie privée (64%, 65% et 62%), ne rend pas pour autant le travail moins intéressant (55%, 56% et 61% ne le pensent pas) et permet même au contraire aux salariés de mieux se concentrer et d’être plus efficace (les Français sont partagés à 49% vs 49% à ce sujet, mais les télétravailleurs qui, eux, l’ont expérimenté sont 55% à en être convaincus). L'étude souligne par ailleurs qu'il n'est pas totalement sans risque, comme le montre le récapitulatif ci-dessous.

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L'intégralité de notre étude

* Enquête réalisée auprès d’un échantillon de Français interrogés par Internet du 25 au 30 mars 2020. Echantillon de 3.004 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

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