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Dossier : Coronavirus Covid-19

SOS Amitié : "Les écoutants bénévoles viennent pour donner, ils restent pour recevoir"

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Par , France Bleu Hérault, France Bleu

SOS amitié Montpellier Languedoc lance un nouvel appel pour trouver des écoutants bénévoles. Des écoutants qui seront formés, mais qui doivent pouvoir donner de leur temps, quatre heures par semaine et une nuit par mois. Une expérience très enrichissante nous raconte son président.

Devenir écoutant à SOS amitié est une expérience ultra enrichissante pour tous ceux qui ont du temps à donner
Devenir écoutant à SOS amitié est une expérience ultra enrichissante pour tous ceux qui ont du temps à donner © Maxppp - MP

SOS Amitié Languedoc-Montpellier lance un nouvel appel pour  trouver des écoutants pour l'association. Après la crise du coronavirus, le nombre d'appels est en forte hausse, mais à Montpellier, les écoutants ne peuvent pas tous les prendre faute de bénévoles. Jean-Noël Pintard, le président de SOS Amitié Montpellier-Languedoc était l'invité de France Bleu Hérault ce jeudi matin.

"Il faut pouvoir donner de son temps, et être bien sûr tolérant et bienveillant".

Devenir bénévole à SOS Amitié, c'est devenir écoutant. Quelles sont les qualités requises pour rejoindre votre association ? 

Il n'y a pas de qualités fondamentales, sauf qu'il faut quand même avoir un équilibre psychologique suffisant parce qu'on écoute parfois des situations qui sont très difficiles à entendre. Donc, il ne faut pas être déstabilisé soi-même. Et puis, il faut avoir du temps parce que on écoute toutes les semaines, quatre heures par semaine et une nuit par mois, de 23 heures le soir à 7 heures le matin. Et puis, bien sûr, il faut être tolérant et bienveillant. 

"La formation sur 72 heures sur trois mois pour apprendre à écouter, car écouter, ça s'apprend."

Quel est le parcours du postulant ? J'imagine que vous procéder à une sélection importante et aussi, bien sûr, à une formation ? 

Oui, tout à fait. Il n'y a pas de sélection en tant que tel. La première étape, c'est un échange téléphonique pour expliquer un petit peu en quoi consiste notre activité dans l'association, ce qui permet à la personne de se rendre compte si elle a bien tapé à la bonne porte. Ensuite, il y a une rencontre physique pour aller un peu plus loin dans les motivations.

Ensuite, il y a une rencontre avec une psychologue simplement pour avoir un échange à bâtons rompus qui permet à la personne de se rendre compte si effectivement, elle se sent assez solide pour aborder ces écoutes difficiles. Enfin, il y a une dernière rencontre pour faire le point et voir si la personne est d'accord pour entrer en formation.

La formation initiale est de 72 heures sur trois mois, elle est à la fois théorique pour apprendre quels sont les grands principes de l'écoute et de l'écoute active. Et puis, il y a des jeux de rôles qui permettent de simuler un certain nombre d'appels pour apprendre à écouter.

Parce que les personnes qui viennent nous disent souvent qu'elles savent écouter et sont reconnues pour cela par leurs proches. En fait, on s'aperçoit que ce n'est pas si simple que ça, que les conditions d'une bonne écoute sont un peu plus compliquées. Et donc, il y a un apprentissage qui est tout à fait intéressant et très riche. 

"10 % seulement des personnes qui souhaitent devenir écoutants vont jusqu'au bout de la formation."

Vous recherchez des bénévoles et pourtant, vous dites que vous n'avez jamais eu autant de candidatures. Beaucoup ne sont pas recevables ou est-ce que les gens se découragent dans le parcours que vous leur proposez avant de devenir écoutant ? 

Alors, on ne parle pas de "non-recevable" parce que en général, ce n'est pas du tout comme ça que ça se passe. C'est plutôt les gens qui s'aperçoivent que finalement, ce n'est pas ça qu'ils souhaitent ou c'est pas ça qu'ils pensaient pouvoir faire.

Donc, c'est plutôt des personnes qui abandonnent en cours de route, soit tout de suite après le premier appel téléphonique, soit un peu plus tard. En gros, il n'y a que 10 % des personnes qui sont candidates qui viennent effectivement écouter avec nous. 

"Les écoutants peuvent eux aussi être écoutés car certains appels sont parfois très déstabilisants, il nous arrive de pleurer."

Recueillir la parole des gens qui souffrent, c'est prendre le risque de se mettre soi-même en difficulté. Quels sont les garde fous que vous proposez pour éviter cela ? 

Le premier garde fou, c'est à la fin des écoutes, parce qu'on écoute tout seul au téléphone, mais à la fin des écoutes, on se croise et on peut parler de ce qu'on a entendu. Et ça, c'est le premier garde fou. On peut toujours appeler un collègue ou une psychologue pour dire combien on a été déstabilisé par un appel mais le garde fou le plus pratiqué qui est obligatoire, ce sont deux heures de supervision avec une psychologue chaque mois.

On peut partager les écoutes qu'on a faites et on peut aussi en profiter pour voir comment les autres réagissent et comment on peut s'améliorer dans l'écoute. On peut être écouté soi-même par les autres et par la psychologue pour partager ce qui nous a paru particulièrement difficile et déstabilisant.

Et puis, on a deux journées de formation continue par an également. Donc, on est finalement très bien encadré pour que ça se passe au mieux. Mais parfois, les larmes coulent quand on écoute

"On s'enrichit de l'humanité des autres en devenant écoutants."

Justement, vous êtes vous même écoutant depuis plusieurs années. Qu'est ce que ça vous apporte et qu'est ce que vous avez envie de dire pour inciter les gens qui nous écoutent à rejoindre SOS Amitié ? 

C'est extrêmement riche et j'ai l'habitude de dire parce que c'est vraiment ce que je ressens, que les personnes qui viennent écouter viennent pour aider et restent pour recevoir. Parce que les échanges sont très rapidement des échanges humains très profonds.  En même temps, on se découvre soi même avec une capacité d'empathie et d'écoute que l'on n'avait pas avant.

Parce que les techniques d'écoute qu'on apprend avec SOS Amitié, mais aussi avec beaucoup d'autres associations, sont des techniques qui permettent d'être beaucoup plus ouvert aux autres et beaucoup plus bienveillants et à l'écoute des autres. Et c'est extrêmement enrichissant parce que on s'enrichit aussi de l'humanité des autres

Et puis, il y a aussi des sentiments qui sont très forts parce que quand on est à l'écoute face à quelqu'un qui est en très grande difficulté, parce que on peut avoir quelqu'un qui est en crise d'angoisse au début de l'appel et à la fin de l'appel, on arrive à rire ensemble et on sent que l'angoisse est retombée.

Il y a quelque chose de magique alors que on n'a donné aucun conseil. L'appel est anonyme, bien sûr et il n'y a pas de jugement. Donc on a l'impression d'avoir d'abord été là en tant que personne face à une autre personne. Et comme on n'est pas des thérapeutes, c'est une relation d'égal à égal, d'humain, à humain. Et ça, c'est très riche de découvrir notre propre humanité dans ce contact.

"Le nombre d'appels a augmenté et les pensées suicidaires ont progressé de 20 % avec la crise sanitaire."

Avec la crise sanitaire, est-ce que nombre d'appels a augmenté ? Est-ce que la nature des appels a changé ?   

Le nombre d'appels a augmenté sur la plateforme, mais nous, on ne prend pas plus d'appels parce qu'on est limité par le nombre d'écoutants, parce que on écoute 24 heures sur 24. Mais que ce soit le jour ou la nuit, quand on raccroche, ça ressonne immédiatement. Donc, on n'a pas ressenti d'augmentation du nombre. 

Mais la plateforme nationale montre qu'il y a effectivement une forte augmentation du nombre d'appels et la nature des appels a changé avec le confinement l'année dernière. Simplement, à titre d'exemple douloureux, les pensées suicidaires et les suicides ont augmenté dans nos appels de plus de 20%.

On est passé de 14 % des appelants qui parlaient de pensées suicidaires, de suicides à 17 %. Le suicide, les crises d'angoisse, les dépressions, on les ressent beaucoup plus. Et la solitude aussi. 

  • Pour devenir bénévoles à SOS amitié, il faut envoyer un mail à sosamontpellier@wanadoo.fr. 
  • Et si vous souhaitez appeler car vous éprouvez le besoin de parler : 04.67.63.00.63
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