Société

Soutien psychologique pour les salariés de l'abattoir de Limoges, indignés par les méthodes de L214

Par Jérôme Edant, France Bleu Creuse, France Bleu Gironde, France Bleu Limousin et France Bleu jeudi 24 novembre 2016 à 18:50

La direction de l'abattoir de Limoges a mis en place un soutien psychologique pour les salariés
La direction de l'abattoir de Limoges a mis en place un soutien psychologique pour les salariés - AFP / Maxppp

Après le scandale lancé il y a trois semaines par l'association L214, la direction de l'abattoir de Limoges a mis en place un soutien psychologique pour ses salariés, choqués d'être mis en cause dans leurs méthodes de travail et d'être jetés sur la place publique.

Il y a trois semaines, l'association L214 a lancé de nouvelles vidéos pour dénoncer les pratiques dans les abattoirs, en l'occurrence filmées par un employé de l'abattoir de Limoges. L'association protestait ainsi contre l'abattage (légal) des vaches en gestation mais aussi contre les mauvaises pratiques d'étourdissement des animaux lors de l'abattage dans cet établissement.

Mais aujourd'hui, c'est la souffrance des salariés de l'abattoir de Limoges qui surgit. C'est l'effet caché du scandale lancé par l'association L214, car pour les 85 employés de l'abattoir, le coup est dur : critiques, insultes, coup de téléphone à l'abattoir... Ils se sentent violemment montrés du doigt sans raison et jetés sur la place publique pour les fins de l'association.

Je prends les choses très mal, ma famille a été touchée par ces vidéos" - Ludo, employé de l'abattoir de Limoges

Ludo travaille depuis 13 ans à l'abattoir de Limoges. Et la diffusion de la vidéo de L214 l'a bouleversé. D'autant qu'on le voit sur les images qui ont été tournées. "Je prends les choses très mal, ma famille a été touchée par ces vidéos. Je n'ai pourtant pas mal fait mon travail, mais je ne suis pas regardé pareil depuis (...) Maintenant, on me demande pourquoi je fais ça. Même si j'ai les vétérinaires derrière moi, ça fait mal."

Les yeux rougis et la voix qui tremble, cet employé de l'abattoir de Limoges ne s'en remet pas : "J'ai été voir un psychologue, ça soulage. Mais quand je reviens au travail, je revois les vidéos tout le temps, ça marque. Le pauvre ouvrier d'abattoir n'y est pour rien", s'insurge-t-il.

La direction propose un soutien psychologique aux salariés

Face à la détresse de ses salariés, la direction a mis en place un soutien psychologique avec la médecine du travail. Tout le personnel a été très affecté. Le directeur, Pascal Pain, raconte : "'Ils ne comprennent pas qu'on remette en cause leur travail. Ils sont contrôlés, surveillés tous les jours. Il est pratiquement impossible de ne pas bien faire son travail. C'est dur d'être mis sur le devant de la scène médiatique. Ils ont l'impression d'être mis au ban". Le directeur de l'abattoir municipal ajoute : " C'est normal de travailler sur la protection animale mais il y a aussi la protection des hommes. Cette association (L214) l'a un peu oublié. J'ai l'habitude de dire qu'on n'a sans doute pas les mêmes valeurs".

Une manifestation à l'appel du Collectif limousin d'action militante pour les animaux, l'association L-PEA à laquelle se joint le collectif L214 est prévue ce samedi à Limoges pour dénoncer une nouvelle fois les pratiques de l'abattoir.