Société

Squat de la Poterie à Rennes : Amirlan, 8 ans, et ses parents ont fait leurs valises ce dimanche

Par Hélène Fromenty, France Bleu Armorique dimanche 16 juillet 2017 à 21:33

Amirlan, sa mère Gerelmaa et son père vivent depuis plus d'un an dans le squat.
Amirlan, sa mère Gerelmaa et son père vivent depuis plus d'un an dans le squat. © Radio France - Hélène Fromenty

Plus que quelques heures pour les 170 migrants du squat de la Poterie, à Rennes. Lundi matin, ils quitteront l'immeuble qu'ils habitent depuis juin 2016. Dimanche, ils ont préparé leurs affaires et vidé leurs appartements. Nous avons suivi la famille d'Amirlan, une jeune Mongole de 8 ans.

Ils ont vécu leurs derniers instants dans cette ancienne maison de retraite, ce dimanche. A 10 heures, lundi matin, les 170 migrants qui occupent le squat de la Poterie, à Rennes devront quitter les lieux. En effet la convention signée avec le propriétaire du bâtiment, le groupe Lamotte, expire le 17 juillet.

Au total, 40 familles de toute nationalité devront donc partir. Parmi elles, il y a celle d'Amirlan Erkhembileg, une jeune Mongole de 8 ans. Avec ses parents elle vit dans l'immeuble depuis un an et deux mois.

Chaque famille avait son propre studio, d'une quinzaine de mètres carrés. - Radio France
Chaque famille avait son propre studio, d'une quinzaine de mètres carrés. © Radio France - Hélène Fromenty

"On était si bien ici"

Hier toute la famille a bouclé ses valises, avec l'aide de bénévoles de plusieurs associations de droit au logement. Un déchirement pour la petite fille. "Ici on avait tout, un lit, une salle de bain, des amis, du chauffage. Si on dort dans le rue, on va tomber malade !"

La pièce principale et la cuisine de la famille, en plein déménagement.  - Radio France
La pièce principale et la cuisine de la famille, en plein déménagement. © Radio France - Hélène Fromenty

Sa mère aussi est stressée et très inquiète. "On ne sait pas où on va aller. On était si bien ici..."

Stocker en attendant

Le studio de la famille, environ quinze mètres carrés avec une salle de bains et une kitchenette, se vide petit à petit.

C'est un devoir de fraternité

Le gros des affaires est parti la semaine dernière, reste quelques meubles à charger dans la voiture de Jean-Luc. Ce Rennais s'est porté volontaire pour tout stocker chez lui.

Dehors, les bénévoles chargent progressivement les meubles dans leurs voitures pour les stocker chez eux.  - Radio France
Dehors, les bénévoles chargent progressivement les meubles dans leurs voitures pour les stocker chez eux. © Radio France - Hélène Fromenty

"Je vais mettre tout ça dans mon garage en attendant qu'ils trouvent un logement, et qu'ils viennent les récupérer. C'est un devoir de fraternité envers les êtres humains."

Décision de la préfecture

La maire de Rennes s'est engagée à donner une trentaine de places d'hébergement, peut-être plus, pendant l'été. Mais impossible d'avoir les clés sans l'aval du préfet. Lui rappelle qu'il "n’a nullement l’obligation juridique de fournir sans conditions un logement à toute personne qui en ferait la demande".

En attendant "ces familles n'ont rien" déplore Armelle Bouany, présidente de l'association Un toit un droit. "Tout dépend de la décision de préfecture, qui n'est visiblement pas prête."

Amirlan, tout à droite, devra dire au revoir à ses amis lundi matin.  - Radio France
Amirlan, tout à droite, devra dire au revoir à ses amis lundi matin. © Radio France - Hélène Fromenty

Les associations de droit au logement qui ont suivi ces familles organisent un rassemblement lundi à 9 heures 30.

Le soir même, Amirlan et ses parents dormiront sans doute dehors, peut-être sous une tente. La petite fille, elle, s'inquiète surtout pour le mois de septembre. Elle doit rentrer en CE2.