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Société

Agressions de pompiers en Gironde : "Peut-être faut-il renoncer à porter secours à tout prix"

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Par , France Bleu Gironde, France Bleu

Quatre mois que les pompiers sont en grève. Quatre mois qu'ils réclament plus de moyens humains et matériels. Autre motif du ras-le-bol : les agressions dont ils sont victimes sur le terrain. C'est trois à quatre par semaine en moyenne depuis le début de l'année en Gironde. L'UNSA dit stop.

Ces agressions qui étaient exceptionnelles deviennent quasiment le quotidien, assure l'UNSA pompiers
Ces agressions qui étaient exceptionnelles deviennent quasiment le quotidien, assure l'UNSA pompiers © Radio France - Oanna Favennec

Les pompiers affichent leur colère sur la carrosserie de leurs camions et les murs des casernes à Bordeaux et en Gironde depuis fin juin et le début de leur grève pour réclamer plus de moyens. Ils sont plus discrets sur les agressions dont ils sont les victimes, mais c'est aussi, et de plus en plus, un motif de leur malaise. Il y a en Gironde, depuis le 1er janvier 2019, trois à quatre agressions de pompiers par semaine en moyenne (menaces, insultes, crachats, coups...) Rien qu'à Bordeaux, il y en a eu deux en moins de trois semaines. Une situation qui n'est plus acceptable, explique le syndicat UNSA.

"Ce n'est plus vivable et il faut le dire"

Ces agressions ont un impact psychologique de plus en plus fort sur les pompiers, au point que certains outrepassent leur devoir de réserve. C'est ce qui s'est passé avec ce coup de fil reçu il y a quelques jours à France Bleu Gironde. De l'autre côté du combiné, un pompier remonté mais gêné surtout. Il explique qu'il n'a pas le droit de nous appeler, que ce n'est pas bien, mais que c'est plus possible, qu'il n'en peut plus  d'entendre que des collègues sont pris pour cible, et qu'il faut donc en parler. Et de citer ces pompiers poursuivis par un homme à Floirac un couteau à la main, alors qu'ils viennent à peine de franchir le seuil de la porte, pour une intervention banale. Ou encore, ces crachats au visage, en plein rue, à Bordeaux, sur une autre intervention banale.

Des conditions de travail qui ne sont plus vivables. Les syndicats de pompiers l'affirment aussi. Ce sont trois à quatre agressions par semaine en moyenne en Gironde depuis le début de l'année (pour celles qui sont remontées parce que tout n'est pas forcément notifié). En 2018, en Gironde, il y a eu 678 pompiers agressés au cours de 169 interventions. C'est +213% en 10 ans en France. 

Caméras piétons, gilets pare-lame et interventions non systématiques ?

Alors que faire ? "Notre métier est fait pour porter secours, pas pour être frappé, se faire insulter ou se faire cracher à la figure. C'est particulièrement éprouvant de repartir le lendemain en intervention sans avoir la peur au ventre. J'ai des collègues qui sont perturbés et j'en ai même un autre qui a carrément changé de métier et qui est parti au Canada suite à une agression", témoigne Jean Billard de l'UNSA.

Les pompiers de la Gironde doivent "bientôt tester les caméras-piétons en intervention. Il est aussi envisagé par le ministère de l'Intérieur, des gilets pare-lame comme il existe des gilets pare-balles pour les policiers. Et peut-être faut-il aussi revoir nos missions", ajoute Jean Billard, "ne plus intervenir coûte que coûte, porter secours à tout prix, et reculer quand on est menacé de mort".

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