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Société

Au collège Lezay-Marnésia, des enseignants se mobilisent pour deux jumelles à la rue avant le brevet

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Par , France Bleu Alsace, France Bleu Elsass

A quelques semaines du brevet, deux jumelles, élèves de troisième au collège strasbourgeois Lezay-Marnésia, et leur famille n'ont plus de logement, déboutés de leur demande d'asile. Des enseignants et surveillants ont décidé de monter un collectif pour leur venir en aide.

Au collège Lezay-Marnésia à Strasbourg, le corps éducatif se mobilise pour deux jumelles à la rue avant le brevet
Au collège Lezay-Marnésia à Strasbourg, le corps éducatif se mobilise pour deux jumelles à la rue avant le brevet © Radio France - Solène de Larquier

Strasbourg, France

"Un toit pour nos élèves", c'est le nom du collectif lancé par plusieurs enseignants et surveillants du collège Lezay-Marnésia à Strasbourg. Un collectif créé en 2017 pour soutenir trois familles et qui renaît de ses cendres ce mois-ci pour venir en aide à une nouvelle famille en difficulté. 

Erigone et sa soeur jumelles ont 15 ans. Elles sont élèves en troisième, scolarisées à Strasbourg depuis leur arrivée en France à l'âge de 11 ans, en 2016 avec leurs parents et trois frères et soeurs. La famille a fui le Kosovo où elle serait menacée, "probablement pour des raisons politiques liées à des engagements du grand-père" explique l'un des enseignants mobilisés, Mathieu Bechu-Diaz, professeur de français et juriste bénévole. Tous les enfants apprennent le français. La sœur aînée poursuit aujourd'hui des études de commerce, les deux plus jeunes, âgés de 9 ans et demi et 7 ans, sont en primaire. 

Un collectif se crée au collège

Aujourd'hui en troisième, Erigone et sa soeur préparent le brevet des collèges qui aura lieu dans quelques semaines. Sauf qu'une mauvaise nouvelle tombe : la demande d'asile déposée par la famille est refusée. Le Kosovo est considéré par l'OFPRA (le Conseil d'administration de l'Office français des réfugiés et apatrides) comme un pays sûr, décision contestée par le Conseil d'Etat en 2014. Résultat, la famille doit quitter le 8 avril le logement accordé le temps de la procédure. Les deux soeurs tentent de le cacher à l'école? mais Erigone finit par en parler à l'assistante sociale, puis à ses enseignants qui décident d'agir. 

"Pour nous, c'était inconcevable de laisser nos élèves dormir à la rue" - Agathe Bertrand, professeur d'espagnol.

Enseignants et surveillants se regroupent. Avec le reste de la cagnotte lancée en 2017, ils financent une semaine de location de vacances, puis s'organisent entre eux pour loger la famille, parfois en les séparant. "Mais il y a un moment où on n'a pas eu de solution, ils ont dû dormir dehors deux jours" regrette l'enseignante. Un moment difficile pour Erigone : "Mes petits frères et sœurs me demandaient pourquoi on restait dehors, alors j'ai menti et j'ai dit qu'on faisait du camping, mais mes parents avaient peur et moi aussi, je n'étais pas bien.

Ces derniers jours, la famille a été logée chez une connaissance d'un professeur, mais se retrouve à nouveau sans toit à partir du 25 avril

Sans toit à quelques semaines du brevet des collèges

"Nous avons sollicité l'adjoint au maire de notre quartier, Mathieu Cahn, mais il ne nous a pas encore répondu. L'assistance sociale est en lien avec les services de l'Etat qui n'ont apparemment aucune solution disponible en ce moment sur Strasbourg" poursuit Agathe Bertrand. Les professeurs s'inquiètent d'autant plus que le brevet des écoles approche : "C'est compliqué d'entrer dans des classes en ayant la barrière de la langue, elles se sont battues et avoir ça qui tombe... C'est comme une punition, alors qu'on est à un moment charnière" soupire Loïc Klenklé, enseignant de mathématiques et ancien professeur principal des jumelles. 

En attendant d'organiser de nouveaux recours et en espérant casser l'obligation de quitter le territoire français dont fait objet la famille, le collectif "Un toit pour nos élèves" fait donc appel aujourd'hui à la solidarité pour loger temporairement cette famille. Erigone, elle, affirme qu'elle ne veut pas retourner au Kosovo : "C'était difficile là-bas..." explique-t-elle sans s'étendre, "je n'étais qu'une enfant au Kosovo, ma vie d'adulte c'est ici que je veux la passer." Lorsqu'on lui demande ce qu'elle projetterait de faire en France, l'adolescente sourit timidement : "médecin".