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Société

Strasbourg : comment la CTS tente de lutter contre le sentiment d'insécurité

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Par , France Bleu Alsace, France Bleu Elsass

Près d'un Français sur deux se sent en insécurité dans les transports en commun d'après l'Observatoire national de la délinquance. Strasbourg n'échappe pas à cette tendance. La CTS essaye de combattre le malaise.

A Strasbourg, il existe une unité de police spécialisée dans la sécurité des transports en commun
A Strasbourg, il existe une unité de police spécialisée dans la sécurité des transports en commun © Maxppp -

Strasbourg, France

La Compagnie des transports strasbourgeois (CTS) tente de rassurer ses usagers. En effet, beaucoup confirment l'étude publiée le 30 janvier par l'Observatoire national de la délinquance.   

Pour les hommes, on n'est rien.

Il suffit de discuter avec les voyageurs qui patientent aux arrêts de tramway pour constater que beaucoup ont peur avant de monter dans les rames. Surtout les femmes : "Pour les hommes on n'est rien, on se fait siffler, insulter. Il faut que ça change," témoigne Tania. "Certains ne vous lâchent qu'une fois que vous leur avez donné votre numéro," déplore Juliette. D'après l'Observatoire national de la délinquance, 51% des femmes ont ce sentiment d'insécurité contre 38% des hommes. 

Avec tout ce qu'on voit à la télé !

Mais encore plus saisissant, ce ressenti est partagé par des personnes qui n'ont jamais rien vécu personnellement, comme, par exemple, Andréa : "Avec tout ce qu'on voit à la télé et dans les journaux, c'est normal d'avoir peur!" Ce que comprend parfaitement Mickaël : "Malheureusement quand on voit le comportement de certains hommes, c'est normal que les femmes aient des craintes même si, elles-mêmes, n'ont jamais eu de problème." 

Données issues du rapport de l'ONDRP - Aucun(e)
Données issues du rapport de l'ONDRP - Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales

Cette impression d'insécurité tranche pourtant avec des chiffres plutôt encourageants. Chaque jour à Strasbourg, un peu moins d'une dizaine d'usagers déclare avoir été victime ou témoin d'incivilités. C'est un peu moins qu'il y a quelques années. En 2017, il y a eu environ cent agressions de chauffeurs en moins par rapport à il y a cinq ans. 

Si seul(e) au milieu de la foule

Mais alors pourquoi tant de voyageurs ont peur ? Juliette Repp est responsable d'intervention à la CTS. Les chauffeurs appellent son équipe lorsqu'il y a un débordement dans un véhicule. "Ce sentiment est certes entretenu par les médias," concède Juliette Reppe. "Mais également parce qu'on sait qu'aujourd'hui, si on a un problème dans le tram, on ne peut compter sur personne." En effet, cette impression que tout le monde ferme les yeux en cas d'incident revient souvent dans la bouche d'usagers inquiets. 

Les agents "city veille" : les médiateurs

Même si dans les faits il y a donc moins d'incivilités qu'avant, la CTS a mis en place des mesures pour essayer de lutter contre ce sentiment d'insécurité. A commencer par ces agents "city veille". Il y en a une vingtaine répartis sur les six lignes de tram. Ce sont des sortes de médiateurs. Ils doivent désamorcer des débuts de conflits et si un voyageur a un problème il peut se tourner vers cette personne. 

Si besoin, les agents "city veille" peuvent appeler l'équipe d'intervention de la CTS pilotée par Juliette Repp. Elle se compose de quatre agents formés pour calmer les esprits échaudés. Ils peuvent aussi verbaliser et sont présents dans les rames ou tournent en voiture le long des lignes en attendant d'être appelés. 

Une unité de police spécialisée par les cas extrêmes

Enfin, dans les situations les plus critiques, qui restent rares, l'équipe d'intervention de la CTS peut appeler les renforts de l'unité de police spécialisée dans la sécurité des transports en commun de Strasbourg. Cette unité regroupe une vingtaine d'agents. Tous les tramways sont géolocalisés pour qu'elle intervienne le plus vite possible. Si vous êtes victime d'une agression dans un tram ou dans un bus et que vous appelez le 17, on vous enverra tout de suite cette unité spécialisée.

Le harcèlement sexuel presque jamais dénoncé 

Oui mais voilà, l'équipe d'intervention de la CTS ou la police n'est jamais appelée pour des faits de harcèlement sexuel. Un geste, un regard, des mots déplacés envers une femme font moins de bruit qu'une bagarre qui éclate au milieu d'une rame de tramway. Après coup, la plupart des femmes ne se tournent pas vers les agents "city veille", elles n'appellent pas la police et ne vont pas non plus porter plainte. Pourtant, même si tous les trams sont équipés de vidéo-surveillance, il faut qu'il y ait une plainte pour que la CTS puisse y accéder. 

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