Société

Strasbourg : le piège de la prostitution étudiante

Par Corinne Fugler et Clément Lacaton, France Bleu Alsace lundi 14 septembre 2015 à 19:33

Prostituée (illustration)
Prostituée (illustration) © Radio France - Benjamin Fontaine

Pour financer leurs études, certain(e)s étudiant(e)s se prostituent occasionnellement. L'Université de Strasbourg va lancer une campagne de sensibilisation.

C'est un phénomène mal connu mais bien réel : la prostitution chez les étudiants. Impossible de savoir combien de jeunes se livrent à la prostitution pour financer leurs études, une activité bien sûr souterraine. Pour sensibiliser les étudiants aux dangers auxquels ils s'exposent, l'Université de Strasbourg va lancer une campagne au mois d'octobre et distribuer des tracts sur le campus.

"C'est planifié malheureusement comme un cours"

De la compagnie contre un logement gratuit, un job dans un bar de nuit, les hommes en quête de prestations sexuelles se cachent parfois tout simplement dans les petites annonces. Aider les étudiants à débusquer les pièges, c'est l'un des objectifs de cette campagne. Isabelle Mehl est conseillère au SUMPS, le Service universitaire de médecine préventive, et militante au "Planning familial" : "C'est planifié malheureusement comme un cours, c'est-à-dire que c'est très régulier dans la semaine. C'est comme un truc qu'elles rajoutent à leur emploi du temps."

Derrière ce phénomène, violence et inceste

Chez ces étudiant(e)s, il y a parfois une enfance marquée par la violence et l'inceste. Pour sensibiliser les plus fragiles, le SUMPS va s'appuyer sur un réseau d'étudiants relais, sur le campus et dans les cités U et les aiguiller ensuite vers des associations.

Le SUMPS mise sur la prévention pour éviter le piège de la prostitution

"Il y en a beaucoup qui ne se rendent pas compte"

Les jeunes qui se livrent occasionnellement à la prostitution ont l'impression de gérer leur destin, ne se considèrent pas comme des prostitué(e)s, mais plutôt comme des "escorts", qui abandonneront cette activité dès qu'ils n'en auront plus besoin. Pour Isabelle Mehl, ces jeunes ne saisissent pas toujours la portée de leurs actes ni les risques encourus : _"Il y en a beaucoup qui ne se rendent pas compte. Elles ont un peu le nez sur le guidon. C'est de l'argent gagné facilement."

_Pour aller plus loin :

>>Mouvement du Nid

>>Clasches, Association de lutte contre le harcèlement sexuel dans l’enseignement supérieur