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Société

La Bourgogne-Franche-Comté, cinquième région la moins pauvre de France : nos idées reçues

mardi 4 décembre 2018 à 19:05 Par Sophie Allemand, France Bleu Bourgogne

Alors que les gilets jaunes sont dans la rue, le gouvernement travaille sur un plan de lutte contre la pauvreté. En Bourgogne-Franche-Comté, 13.2 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, soit avec moins de 1 026 euros par mois. Une conférence régionale avait lieu ce mardi à Dijon.

Illustration
Illustration © Radio France - Ludovic Maillard/PHOTOPQR/VOIX DU NORD

Dijon, France

Alors que les gilets jaunes, ces travailleurs pauvres qui n'ont pas de quoi finir leurs mois manifestent partout en France, le gouvernement travaille sur un plan de lutte contre la pauvreté. Olivier Noblecourt, délégué interministériel à la prévention et à la lutte contre la pauvreté, était ce mardi en visite à Dijon pour discuter de la stratégie nationale. Nous lui avons présenté nos idées reçues

La cinquième région la moins pauvre de France 

En Bourgogne-Franche-Comté, 13,2 % de la population vit sous le seuil de pauvreté. Ce sont des personnes qui touchent moins de 1026 euros tous les mois. C'est moins que dans le reste de la France. La région est la cinquième région la moins pauvre de France. 

Au total, au niveau national, le gouvernement prévoit 8,5 milliards d'euros d'investissement pour son plan pauvreté. 

Nos idées reçues

France Bleu Bourgogne : Aujourd'hui, il y a tellement d'aides, qu'il n'y a plus de pauvres !

Olivier Noblecourt : C'est malheureusement faux, il y a en effet beaucoup d'aides et il est nécessaire de simplifier le système. C'est ce que nous allons faire avec le revenu universel d'activité. Ces aides ne suffisent pas à sortir de la pauvreté : le RSA est un peu au dessus de 500 euros, alors que le seuil de pauvreté est juste au dessus de 1000 euros. Donc il y a encore des aides sociales qui maintiennent très en dessous du seuil de pauvreté.

Olivier Noblecourt, délégué interministériel à la prévention et à la lutte contre la pauvreté - Radio France
Olivier Noblecourt, délégué interministériel à la prévention et à la lutte contre la pauvreté © Radio France - Sophie Allemand

Les pauvres sont tous des assistés, il ne font pas d'efforts pour s'en sortir ! Ils ne travaillent pas ...

Olivier Noblecourt : C'est un cliché culpabilisant malheureusement que l'on entend beaucoup. D'abord il est faux, parce que très majoritairement, les personnes qui touchent le RSA veulent travailler. Et d'ailleurs ce que développent le plus les associations, c'est l'accompagnement vers l'emploi. C'est là dessus que le gouvernement veut mettre le paquet. 

Ce cliché pose un autre problème, il individualise la responsabilité de la pauvreté, comme si les personnes étaient elles-même coupables de leur pauvreté. On est tous à la merci d'un accident de la vie : maladie, un divorce, la perte d'un emploi. C'est le toboggan de la pauvreté. 

Ce qu'il faut aujourd'hui, c'est recréer des filets de sécurité qui ne maintiennent pas dans la dépendance aux prestations monétaires, mais qui remobilisent vers l'emploi.

On a beau la combattre, la pauvreté ne disparaîtra jamais.

Olivier Noblecourt : Il y aura toujours des riches et des moins riches, mais on ne doit pas se résigner à une société dans laquelle il y a une grande pauvreté. On a déjà en partie éradiqué la grande pauvreté, à quelques exceptions près qui sont insupportables.

On n'est plus dans les mêmes situations qu'il y a quelques décennies où la misère tuait de manière massive. On a encore malheureusement des gens qui meurent de froid, de faim c'est beaucoup plus rare. 

L'enjeu d'une société civilisée c'est de relever sans cesse le niveau d'exigence. Et de la même façon qu'aujourd'hui on ne lutte plus contre la pauvreté qu'en visant la survie des personnes. Aujourd'hui, l'enjeu, c'est de viser l'autonomie des personnes par le travail.