Société

Sud-Gironde : plus de repas de substitution dans les cantines scolaires

Par Pauline Pennanec'h et France Bleu, France Bleu Gironde et France Bleu lundi 10 octobre 2016 à 20:06 Mis à jour le lundi 10 octobre 2016 à 20:18

La mesure concernait seulement cinq enfants dans les trois communes
La mesure concernait seulement cinq enfants dans les trois communes © Maxppp -

Des repas de substitution, pour les enfants qui ne mangent pas de porc, étaient servis depuis dix ans dans les écoles de Pompéjac, Uzeste et Lignan-de-Bazas. Mais depuis la rentrée, ils ont disparus. Des familles saisissent la justice.

Plus de plat de substitution à la cantine pour les enfants de Leika à la rentrée ! La maman, surprise, réclame le délibéré à la mairie d'Uzeste : "Actuellement, sur les trois cantines, les élèves de confession musulmane reçoivent un aliment de remplacement du porc en plat principal (...) Il est décidé qu'il ne sera pas donné de suite favorable aux demandes particulières". Pour cette mère catholique épouse d'un musulman, c'est la consternation.

"On est comme tout le monde, on ne mange juste pas de porc !"

L'histoire dure depuis un an, et empoisonne la vie des communes, où les écoles sont gérées par le Regroupement Pédagogique Intercommunal. À l'époque, c'est un parent d'élève qui met le doigt sur le sujet à la réunion de rentrée : "On nous a dit : les musulmans, c'est très bien en ville, mais à la campagne, c'est inadmissible". Les mots sont lâchés. Pour Leika ça n'est rien d'autre que de la discrimination : "Les repas de substitution étaient distribués depuis 2006, et suite à des propos racistes, ça s'arrête. Je veux savoir pourquoi ! Ce qui me gêne, c'est que ce sont des enfants. Ça n'est pas une question de laïcité, c'est juste du racisme. On est comme tout le monde, on ne mange juste pas de porc."

L'histoire a démarré en octobre 2015 à l'école de Pompéjac, en Sud-Gironde - Radio France
L'histoire a démarré en octobre 2015 à l'école de Pompéjac, en Sud-Gironde © Radio France - Pauline Pennanec'h

Elle a lancé une action en justice avec deux autres familles sud-girondines. Son avocate Maître Jouteau prépare un recours devant le tribunal administratif de Bordeaux : "Il y a violation de la laïcité : ils doivent respecter le principe de neutralité, il y a discrimination dans ce sens" explique l'avocate. Le Défenseur des Droits n'a lui pas donné suite au dossier. Pour Lucile Hugon, déléguée des parents d'élèves est assez choquée de cette décision : "Je ne vois pas où est le problème de servir un cordon bleu à un enfant qui ne mange pas de porc le jour où il y a du porc. Tout le monde est mal à l'aise avec ça car il y a des enfants en jeu" explique-t-elle.

"Ça coûte pas grand chose d'offrir à des enfants la possibilité de manger à la cantine comme les autres" réagit Lucile Hugon, déléguée des parents d'élèves

Pas le même son de cloche dans les communes

Cette décision est loin de faire l'unanimité dans les trois communes. La majorité des parents est contre. Alexandre Lartigaud est conseiller municipal à Lignan-de-Bazas : "'Ça ne devrait même pas avoir lieu. On devrait vraiment laisser les enfants manger à leur faim. Puis, ça coûte rien. Pour moi la laïcité, c'est le vivre-ensemble. Sauf que d'autres vous diront que la laïcité à l'école, il n'y a pas le droit à la religion, et donc à la cantine" réagit-il.

En tout cas on n'aura pas l'avis d'Isabelle Dexpert, la maire de Pompéjac et vice présidente du département, opposée aux plats de substitution. À la mairie d'Uzeste, on s'abstient de tout commentaire.

Plus de plats de substitution dans les cantines en Sud-Gironde - Reportage

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