Société

Tours : une vaste simulation d'attentat pour apprendre à mieux coordonner secours et forces de l'ordre

Par Adèle Bossard et Isabelle Gaudin, France Bleu Touraine mardi 18 octobre 2016 à 17:33 Mis à jour le mardi 18 octobre 2016 à 22:58

400 personnes mobilisées pour un vaste exercice attentat au stade de la Vallée du Cher.
400 personnes mobilisées pour un vaste exercice attentat au stade de la Vallée du Cher. © Radio France - Adèle Bossard

Un exercice de simulation d'attentat a eu lieu mardi 18 octobre au soir au stade de la Vallée du Cher à Tours. Des centaines de personnes ont été mobilisées : pompiers, policiers, gendarmes, ambulanciers, GIGN... mais aussi des dizaines de figurants pour jouer les blessés.

Une odeur de fumigènes, des détonations et des coups de feu, le bruit incessant des sirènes... La préfecture d’Indre-et-Loire a organisé ce mardi un exercice de grande ampleur à Tours. L' ensemble des forces de police mais aussi tous les services de secours ou encore les hôpitaux ont participé à une simulation d'attaque terroriste pendant un match de football au stade de la vallée du Cher. Les blessés étaient joués par 200 élèves infirmiers. L'objectif : coordonner au mieux les forces de l'ordre et les secours, mais aussi sécuriser au plus vite les lieux pour faire sortir les victimes.

Reportage sur la simulation d'attentat au stade de la vallée du Cher, à Tours

Retour minute par minute sur l'exercice attentat au stade de la vallée du Cher :

17h45 : mise en place du scénario. Au stade de la vallée du Cher, les fausses victimes sont prêtes et les blessures sont très réalistes.

18h00 : Une grosse détonation et plusieurs coups de feu retentissent dans les tribunes. Cinq hommes armés se trouvent au niveau de la tribune présidentielle et tirent en direction du public. De grandes enceintes retransmettent des bruits de cris, de foule pour être au plus proche d'une situation de panique. Les quelques spectateurs, joués par des élèves infirmiers, reçoivent l'ordre de se cacher sous les sièges.

Les terroristes auraient réussi à pénétrer dans le stade en se faisant passer pour des pompiers, dont ils portent l'uniforme.

18h20 : les terroristes retranchés dans les vestiaires. Les assaillants ont investi les vestiaires, les secours sont en route. Ils sont bloqués sur le parking du Ikea tout proche et ne peuvent entrer dans le périmètre de sécurité. Tout doit être sécurisé avant de laisser entrer les secours. Il leur faudra 40 minutes pour rejoindre le stade et prendre en charge les premiers blessés.

18h40 : des victimes par dizaines. Les premiers blessés sont pris en charge par les pompiers et le SAMU sur le parking du stade ou sur le trottoir juste devant l'entrée. "Deux personnes ici sont en urgence absolue", commente un pompier. Il faut encore se cacher derrière des murs car on ne sait pas si tous les terroristes ont été neutralisés.

Les premiers blessés sont pris en charge sur le parking. - Radio France
Les premiers blessés sont pris en charge sur le parking. © Radio France - Adèle Bossard

Il faut attendre les ambulances pour évacuer les blessés qui en ont le plus besoin. A l'intérieur, la consigne est donnée aux spectateurs de se cacher sous les sièges des tribunes.

18h55 : échanges de tirs avec les terroristes. La police lance des fumigènes pour gêner la vue des terroristes. D'autres policiers évacuent les tribunes. "Il n' y a que des gens blessés en bas dans la tribune" dit une rescapée qui s'échappe, les mains en l'air. Le GIGN est sur le point d'arriver, près d'une heure après les premiers coups de feu.

19h00 : arrivée du GIGN. Les hommes du GIGN arrivent sur place. Les détonations et les bruits des rafales de tirs se mêlent aux sirènes des secours. Certains blessés paniquent, s'agacent, perdent leur calme.

19h10 : VIDEO - l'évacuation des blessés commence. La plupart des blessés s'enfuient en courant, d'autres semblent tétanisés par la peur. La seconde tribune est évacuée par la police, tout le monde sort, les mains sur la tête, escortés par des secours.

19h40 : un premier bilan fait état d'une trentaine de blessés. La moitié des personnes touchées sont en urgence absolue. Les ambulances ont mis du temps à arriver, bloquées par le périmètre de sécurité.

Un premier bilan fait état d'une trentaine de blessés dont la moitié en urgence absolue - Radio France
Un premier bilan fait état d'une trentaine de blessés dont la moitié en urgence absolue © Radio France - Boris Compain

20h20 : un poste médical avancé mis en place. Il permet de prendre en charge les blessés et de ne pas surcharger les services d'urgence des hôpitaux. Ce poste médical avancé permet de prendre en charge les blessés et de ne pas surcharger les services d'urgences des hôpitaux. Au total, 11 blessés grave ont dû être envoyés aux Urgences avant que ce poste médical avancé ne soit mis en place. Il faut en moyenne une trentaine de minutes pour mettre sur pieds un tel poste.

Un poste médical avancé est mis en place sur le parking du Parc des Expositions. - Radio France
Un poste médical avancé est mis en place sur le parking du Parc des Expositions. © Radio France - Adèle Bossard

22:30 : fin de l'exercice. Le bilan définitif fait état de 50 morts et de 98 blessés. Environ 100 personnes ont été acheminées vers les CHU Trousseau et Clocheville, et une centaine de personnes est en état de choc.

Plusieurs enseignements à tirer, selon le directeur des pompiers d'Indre-et-Loire

Au terme de l'opération, deux points faibles ont été mis en évidence :
- Le délai d'intervention des pompiers dans les tribunes du stade. Il leur aura fallu une heure et trente minutes pour aller soigner les gens grièvement blessés dans l'enceinte du stade, en tribunes. Pompiers et ambulanciers sont restés bloqués au niveau du périmètre de sécurité, en attendant la sécurisation des lieux.
- La mauvaise transmission des informations entre le terrain et la cellule opérationnelle de décision, qui supervisait l'ensemble du dispositif à la préfecture. Les chiffres des personnes blessées, prises en charge... étaient notamment contradictoires.

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