Société

Sur la route de l'exil, dix Afghans se sont arrêtés dans le Luberon à Ménerbes

Par Sarah Tuchscherer, France Bleu Vaucluse jeudi 31 mars 2016 à 19:24

L'accueil du père Michel Berger à la maison paroissiale des Imberts
L'accueil du père Michel Berger à la maison paroissiale des Imberts

Deux familles afghanes ont été accueillies cette semaine par des paroissiens de Ménerbes. Ces migrants n'ont pas souhaité rester là, en zone rurale. Mais leurs hôtes ne regrettent pas l'expérience.

"On se préparait à accueillir des migrants depuis l'appel lancé par le pape François cet automne", voilà comment Alexandra explique ce qui l'a poussée à participer à l'accueil de ces deux familles afghanes passées cette semaine à Ménerbes.

Les deux couples, leurs enfants (cinq au total, âgés de un à huit ans) et un cousin vivaient jusque-là à Paris. Ils avaient une place d'hébergement la nuit mais restaient toute la journée sur un trottoir près de la gare de l'Est. C'est là qu'ils ont attiré l'attention d'un collectif qui les a mis en contact avec le réseau d'accueil mis en place dans le secteur paroissial de Gordes.

Un départ précipité

Finalement, le séjour de ces migrants à Ménerbes n'aura duré que 24h : après un dîner très chaleureux partagé entre Vauclusiens et Afghans, puis une bonne nuit de sommeil, les réfugiés ont expliqué qu'ils préféraient aller à Marseille où il leur serait plus facile de faire des démarches administratives.

Ils avaient peut-être envie, au contraire, de tenter à nouveau un passage vers l'Angleterre, un pays avec lequel ils semblaient avoir plus de lien qu'avec la France (l'un des deux pères de famille parlait l'anglais).

Des paroissiens heureux 

Pour leurs hôtes, la question n'a que peu d'importance. Alexandra se dit heureuse d'avoir "vécu ça" :

"Dès le départ, on s'est dit qu'ils étaient libres et qu'on allait accueillir des gens qui ne seraient peut-être que de passage." 

Le père Michel Berger, curé de Ménerbes, juge l'expérience "très belle".

"Notre communauté ressort de ça heureuse d'avoir accueilli, même pour 24 heures, l'étranger, et paisible car elle goûte cette joie d'avoir fait ce que demande Jésus."

Les paroissiens de Ménerbes ne regrettent pas leur geste