Société

Suspension de l'arrêté anti-burkini : l'imam de Bordeaux soulagé

Par Florence Pérusin, France Bleu Gironde vendredi 26 août 2016 à 18:25

Tareq Oubrou inquiet de l'instrumentalisation politique autour du burkini
Tareq Oubrou inquiet de l'instrumentalisation politique autour du burkini © Maxppp -

Interview - Le recteur de la mosquée de Bordeaux, souvent qualifié d'imam de la République, se dit soulagé par la décision du Conseil d'Etat. Il rappelle au passage que le burkini n'est en aucun cas une prescription contenue dans le Coran.

France Bleu Gironde : Quelle est votre réaction à la décision du Conseil d'Etat de suspendre l'arrêté anti-burkini ?

Tareq Oubrou : Je pense que la décision du Conseil d'Etat est conforme à la logique du droit qui ne regarde que l'ordre public et l'intérêt général. Abstraction faite du fait qu'on est d'accord ou pas d'accord avec cette tenue à la plage, le législateur, lui ne regarde que l'aspect rationnel des choses, il est donc resté dans la stricte logique du droit français.

Quelle est vous votre position sur ce vêtement de plage ?

Je considère que si la pudeur est un principe du Coran, l'islam n'est pas là pour tailler les vêtements pour les hommes et les femmes. C'est une question de culture, selon le rapport des uns et des autres avec leur propre corps. Donc, il y a autant d'expressions différentes de la pudeur qu'il y a de personnes musulmanes. Et les gens sont libres de choisir les vêtements qu'ils veulent porter et qu'ils considèrent les plus conformes à leur éthique personnelle.

A-t-on eu raison selon vous de mettre ce débat sur la place publique ?

Le problème de ce genre de débat, c'est qu'il donne l'impression que la République n'est pas sûre de ses valeurs. Heureusement que le Conseil d'Etat vient y remettre un peu d'ordre en rappelant qu'un simple vêtement ne trouble pas l'ordre public, ça c'est le bon sens. Maintenant quand la stratégie politicienne se mêle de ces faits sociétaux, parfois on entrave la logique du droit. Bien sûr, il y a un débat sur la visibilité de l'islam, mais ce débat se tranchera pas la discussion, par l'éducation et non pas par des arrêtés. Alors que la France passe par une grave crise économique et identitaire, j'ai parfois l'impression que l'islam permet aux hommes politiques de faire diversion pour ne pas traiter les vrais problèmes de société.

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