Société

Syrie : Raphaël Pitti, le messin au chevet des médecins d'Alep

Par Clément Lhuillier, France Bleu Lorraine Nord jeudi 29 septembre 2016 à 13:51

Raphael Pitti, médecin et élu messin, multiplie les voyages vers la Syrie en guerre.
Raphael Pitti, médecin et élu messin, multiplie les voyages vers la Syrie en guerre. © Radio France - PHOTOPQR/L'EST REPUBLICAIN/MAXPPP

Rencontre avec le messin Raphaël Pitti, médecin et humanitaire, qui se porte au secours de ses collègues syriens qui vivent, comme les populations civiles, l'enfer des bombardements dans la ville martyre d'Alep.

Sur son téléphone portable, il reçoit régulièrement des photos de blessés, et des messages d’appels à l’aide de ses collègues syriens. Depuis quatre ans, Raphaël Pitti s’est engagé pleinement aux côtés de ses collègues qui, là-bas, à Alep, subissent comme les populations civiles, les bombardements du régime de Damas. C’est ce qui a provoqué le déclic chez le messin.

Je suis un ancien médecin militaire, et j’ai participé à de nombreuses situations de crise dans le monde, en Afrique, en ex-Yougoslavie, pendant la guerre du Golfe. Mais jamais, des médecins, des hôpitaux n’avaient été pris pour cible. Je me suis senti solidaire des médecins syriens. Aujourd’hui la situation médicale y est catastrophique."

Depuis le début du conflit, ce médecin anesthésiste-réanimateur, qui se décrit comme chrétien et humaniste, s’est rendu une quinzaine de fois en Syrie. La peur ? "Non je ne la ressens pas, je suis dans l’action avec mes collègues." Il décrit la situation tragique des hôpitaux d’Alep, où il manque de tout, où les chirurgiens doivent opérer à même le sol, dans des conditions périlleuses, eux qui ne sont plus que 34 dans la zone assiégée. Le messin décrit une situation qui se dégrade en permanence.

Nous sommes au point culminant de la guerre. C’est un peuple assassiné, victime du cynisme du régime syrien et de la Russie, de l’hypocrisie des occidentaux, et du silence du monde arabe. Je dis aux médecins syriens : vous écrivez une page de l’histoire. Eux, nous demandent de relayer leurs appels au secours auprès des Etats, de l’ONU…"

Soigner et former

Autre engagement de Raphael Pitti : former aux gestes d’urgence, à la médecine de guerre. Ce vendredi, il s'envole pour la frontière jordano-syrienne, pour y ouvrir un deuxième centre de formation médical (un premier fonctionne déjà à la frontière avec la Turquie, à quelques dizaines de kilomètres d’Alep). "Nous avons loué deux appartements, un pour la formation, un autre pour loger les stagiaires. Les volontaires sont des étudiants, des commerçants. Ils sont remarquables de solidarité et de courage." 7500 personnes ont ainsi suivre ces formations.

Ses combats, ici, comme ailleurs

Raphaël Pitti multiplie les fronts. En 2007, il s’était mobilisé en faveur des infirmières bulgares, emprisonnées en Libye. Élu à la ville de Metz, en charge des Urgences sociales, humanitaires et sanitaires, il se bat également pour que les demandeurs d’asile soient traités dignement. "Comment peut-on accepter de laisser des hommes, des femmes et des enfants dans cette situation aujourd’hui, et devoir se battre pour leur donner juste de l’eau et des toilettes ? En 2016, en France ?" Des engagements multiples qui l'ont forcé à mettre en parenthèse sa vie professionnelle. Une vie pour les autres, d'ici et d'ailleurs...

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