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Société

Tarbes : une salle adaptée pour entendre les enfants victimes à la gendarmerie

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Par , France Bleu Béarn

La gendarmerie de Tarbes vient d'inaugurer une nouvelle salle d'audition des mineurs victimes. Ce type de salle doit mettre à l'aise les enfants pour recueillir au mieux leur témoignage.

L'adjudante Sylvie Barrière, enquêtrice à la gendarmerie de Tarbes, mène les auditions de mineurs.
L'adjudante Sylvie Barrière, enquêtrice à la gendarmerie de Tarbes, mène les auditions de mineurs. © Radio France - Evan Lebastard

Tarbes, France

Aux murs les héros de Disney, les super-héros de Marvel, et dans un coin de la pièce des jouets. Cette nouvelle salle au sein de la gendarmerie de Tarbes est faite pour auditionner les mineurs victimes.

Dans cette salle dite "Mélanie", du nom de la première victime auditionnée avec cette méthode, tout est fait pour accueillir des enfants victimes d'agression sexuelle et de violences au mieux.

Mettre les enfants en confiance

"Le but c'est qu'ils se sentent à l'aise, en confiance, explique l'adjudante Sylvie Barrière, enquêtrice au sein de la brigade de Tarbes. On fait en sorte qu'ils se sentent bien face à nous. On ne cache pas notre qualité de gendarme à l'enfant. Il doit savoir qu'il parle à un enquêteur." 

Dans une pièce à côté, un gendarme enregistre l'audition à l'aide d'une caméra et de micros dans la salle. - Radio France
Dans une pièce à côté, un gendarme enregistre l'audition à l'aide d'une caméra et de micros dans la salle. © Radio France - Evan Lebastard

Sylvie Barrière a fait ses premières auditions de mineurs en 1999, à une époque où les gendarmeries de France commencent à peine à envisager ces salles spécialisées. Elle est aujourd'hui une des quatre gendarmes formées pour ces auditions dans les Hautes-Pyrénées. 

S'éloigner du côté répressif du gendarme

"Auparavant nous avions une salle qui était au milieu de la brigade de recherche, explique Sylvie Barrière. Cette salle est en fait un bureau, aménagé sommairement avec un canapé, une chaise. Loin de ce qu'est aujourd'hui cette salle spécialisée. "Le fait d'être à l'écart permet aussi de ne pas croiser des personnes mises en causes. Mais aussi de s'éloigner du côté répressif du gendarme, justifie l'enquêtrice. Le fait de ne pas avoir tout le bruit environnant, de ne pas avoir un ordinateur entre nous et l'enfant, cela nous aide."

La pièce a été aménagée pour être la plus accueillante possible pour l'enfant. - Radio France
La pièce a été aménagée pour être la plus accueillante possible pour l'enfant. © Radio France - Evan Lebastard

Parce que faire parler un enfant des maltraitances ou des violences sexuelles qu'il a pu subir est un exercice très compliqué. Avoir un cadre approprié pour ces auditions peut aider dans ce moment essentiel de l'enquête.

Éloigner le sentiment de culpabilité

Pour un enfant, même de 4 ou 5 ans, ce n'est pas évident d'arriver à nommer les choses. Souvent ils n'ont pas compris ce qu'il s'est passé. Le but c'est d'arriver ce qu'ils nous parlent de choses dont ils ne sont parfois pas capables de parler avec leurs parents. Il faut lui faire comprendre que s'il y a un moment où il doit parler, c'est là. 

Pour l'adjudante, plus l'enfant est âgé, plus le sentiment de culpabilité est difficile à gérer pour l'enquêteur. "_Le but c'est aussi de leur dire 'non ce n'est pas de ta faute, tu es victime.' Il doit se reconnaître comme tel. Ils se disent en arrivant chez les gendarmes 'j'ai fait quelque chose de mal'. On doit leur dire 'non tu es victime, et on va t'aider'_.

Il faut que l'enfant sorte de l'audition en ayant dit tout ce qu'il s'est passé. C'est un premier pas vers la guérison. Le but c'est que eux aillent mieux, et que les auteurs soient punis. 

Une salle équipée grâce à des dons

Si cette salle est née à la brigade de Tarbes, c'est en partie grâce au combat de Florence Baraldi. Cette enquêtrice aura tout fait pour convaincre sa hiérarchie d'ouvrir une salle de ce genre. Décédée en janvier, elle n'aura pas vu l'aboutissement de son combat.

Mais sa collègue Sylvie Barrière confirme, "au sein de la gendarmerie, il n'y a pas de crédit prévu pour aménager ces salles. Ce sont des choses qui se font par la volonté de personnes comme Florence. On propose, et si la hiérarchie le veut bien, cela se fait." Les gendarmeries n'ont aucune obligation d'aménager ce cadre adapté. 

Les jouets donnés par les gendarmes pour équiper la salle. - Radio France
Les jouets donnés par les gendarmes pour équiper la salle. © Radio France - Evan Lebastard

Alors pour faire au mieux, ce sont les gendarmes de la brigade de Tarbes qui se sont mobilisés. "On a mis des jouets qui étaient à nos enfants pour égayer, grâce à de généreux donateurs au sein de la gendarmerie", confirme l'adjudante Sylvie Barrière.