Société

Taxe d'habitation : l'inquiétude monte chez des maires en Mayenne

Par Fabien Burgaud, France Bleu Mayenne lundi 17 juillet 2017 à 18:37

Photo d'illustration
Photo d'illustration © Radio France - Jean-Pierre Frey

La promesse du candidat Macron devrait voir le jour à partir de 2018. Le gouvernement envisage d'exonérer 80% des ménages de la taxe d'habitation d'ici 2020. Un coup dur, et une inquiétude pour certains maires en Mayenne.

La taxe d'habitation, les élus y tiennent. Elle rapporte beaucoup, peut augmenter et baisser selon les besoins. Dans sa mairie, Philippe Henry fait les comptes. Ça représente 30% des recettes fiscales de la ville, 1,5 million d'euros. "C'est toujours plus facile de promettre des choses quand ce n'est pas son argent. On sait que c'est une mesure présidentielle, une mesure populaire qu'il va falloir assumer. Le risque, et c'est la mise en garde des élus, c'est qu'on va mettre en grande difficulté des collectivités qui ont fait des efforts ces dernières années".

Philippe Henry, dans sa mairie de Château-Gontier - Radio France
Philippe Henry, dans sa mairie de Château-Gontier © Radio France - Fabien Burgaud

"Tant mieux pour les habitants..."

Mais pas de panique pour Jean-Noël Ravé, le maire de Montsûrs-Saint Céneré. Le gouvernement a promis de compenser le manque à gagner, enfin il espère. "Si c'est pas compensé, c'est la catastrophe ! La masse salariale dans la collectivité est de 600 000 euros, donc si on enlève les 400 000 euros que rapporte la taxe, je vous laisse imaginer," calcule l'édile. Mais selon lui, il y a évidemment des gagnants : les locataires et les propriétaires qui paient la taxe.

Jean-Noël Ravé, maire de Montsûrs-Saint Céneré - Radio France
Jean-Noël Ravé, maire de Montsûrs-Saint Céneré © Radio France - Fabien Burgaud

"Tant mieux pour eux ! On espère que ça leur fera gagner du pouvoir d'achat et même repartir l'économie dans nos petits commerces", continue l'élu. Du côté des mairies, on craint une compensation insuffisante sur la durée. Conséquence notamment, moins d'entretien pour les routes et les espaces verts, bref une dégradation des services communaux. En marge de la première Conférence des Territoires, le gouvernement a annoncé en début de semaine que les collectivités vont devoir économiser 13 milliards d'euros d'ici 2022.