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Société

Témoignage - 11 novembre : "Je suis contente d'être pupille de la nation. C'est un souvenir, je pense à mon père"

vendredi 10 novembre 2017 à 21:14 Par Noémie Philippot, France Bleu Saint-Étienne Loire

Ce vendredi 11 novembre, nos départements rendent hommage aux pupilles de la nation, ces personnes qui ont perdu leurs parents pendant la guerre et qui ont été adoptée par l'Etat. En Haute-Loire, Andrée Méalier, 99 ans, est l'une des dernières pupilles de la nation de la guerre 14-18. Rencontre.

Andrée et son mari - André aussi - vivent ensemble depuis 50 ans. Il a appris il y a une dizaine d'années seulement qu'elle était pupille de la nation.
Andrée et son mari - André aussi - vivent ensemble depuis 50 ans. Il a appris il y a une dizaine d'années seulement qu'elle était pupille de la nation. © Radio France - Noémie Philippot

Bas-en-Basset, France

A l'occasion des commémorations du 11 novembre, la Loire et la Haute-Loire rendent hommage aux pupilles de la nation, ces personnes qui ont perdu leurs parents pendant la guerre et qui ont été adoptée par l'Etat. En Haute-Loire, il y a encore une personne en vie devenue pupille de la nation pendant la Première guerre mondiale : Andrée Méalier, 99 ans.

Tranquillement installée dans son gros fauteuil de cuir, un foulard de couleur noué autour du cou, Andrée Méalier discute avec son mari, André aussi, 87 ans. Après tant d'années, ses souvenirs sont flous, les dates ne sont plus très claires, mais elle a encore cette anecdote racontée par sa mère en mémoire : "Quand maman a avertit que mon père était mort, ma grand-mère a dit 'Bin alors mon p'tit, ça nous empêchera pas de boire le café'."

Pupille de la nation : un statut sans importance pendant sa vie, qui devient un honneur aujourd'hui

Son père est mort la veille de l'armistice. Andrée Méalier était âgée de quelques mois seulement. En avril 1919, elle est adoptée par l'Etat et devient pupille de la nation. Un statut qu'elle partage avec beaucoup d'enfants à l'époque : "Il y avait trop de monde, on n'y faisait pas attention, c'était normal ... parce qu'il y en a tombé hein !"

Est-ce qu'elle reçu un document, ou une aide de l'Etat ? Elle ne s'en rappelle plus. Même si cela fait 50 ans qu'ils vivent ensemble, son mari - André aussi, 87 ans, n'a appris qu'il y a une dizaine d'année que sa femme est pupille de la nation. C'est lui qui finit par exhumer une carte en papier cartonné, usé par le temps : la carte d'identité de pupille de la nation de sa femme.

La carte d'identité de pupille de la nation d'Andrée Méalier, adoptée le 17 avril 1919. Elle est étonnée de l'avoir encore dans ses papiers, car elle n'a pas accordé de grande importance à ce statut. - Radio France
La carte d'identité de pupille de la nation d'Andrée Méalier, adoptée le 17 avril 1919. Elle est étonnée de l'avoir encore dans ses papiers, car elle n'a pas accordé de grande importance à ce statut. © Radio France - Noémie Philippot

Même si pendant longtemps, Andrée Méalier n'a pas vraiment prêté attention à ce titre, aujourd'hui, elle en est fière : "Je suis contente d'être pupille de la nation. Ca ne m'apporte rien, mais c'est un souvenir, je pense à mon père." Aujourd'hui, ce statut qu'elle a plutôt ignoré pendant le reste de sa vie devient honorifique : à l'occasion des cérémonies du 11 novembre, elle reçoit le Bleuet de France, comme les anciens combattants.