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TÉMOIGNAGE - Liban : "J'ai été réveillé par un gros 'boum'", raconte un Périgourdin installé à Beyrouth

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Par , France Bleu Périgord, France Bleu

Originaire du Bugue dans le Périgord Noir, Toufik Wehbe habite au Liban, à une vingtaine de kilomètres de Beyrouth, où a eu lieu une double explosion mardi en fin de journée, faisant au moins 100 morts et près de 4 000 blessés. Il raconte.

2.700 tonnes de nitrate d'ammonium ont explosé ce mardi 4 août. Photo d'illustration
2.700 tonnes de nitrate d'ammonium ont explosé ce mardi 4 août. Photo d'illustration © Maxppp - Wael Hamzeh

Au moins cent morts et près de 4 000 blessés. C'est le bilan provisoire de la double explosion qui a eu lieu ce mardi 4 août 2020, en fin de journée, à Beyrouth, la capitale du Liban. Depuis son appartement à une vingtaine de kilomètres de la ville, Toufik Wehbe, 39 ans, originaire du Bugue dans le Périgord Noir, a senti l'onde de choc.

"Je faisais la sieste, et j'ai été réveillé par un gros 'boum'", raconte l'enseignant en génie mécanique à la faculté de Beyrouth. "Sur le moment, j'ai pensé que c'était un orage. Mais quand j'ai vu tous mes voisins se précipiter à leur balcon pour voir ce qu'il se passait, j'ai compris que c'était une explosion. Au début, j'ai pensé que c'était un attentat, mais quelques temps après j'ai vu aux informations que c'était une explosion sur le port de Beyrouth."

2 750 tonnes de nitrate d'ammonium partis en fumée

Heureusement, Toufik et ses proches ne sont pas touchés par l'explosion. "J'ai appelé tous mes étudiants", explique l'enseignant installé depuis dix ans au Liban. "L'un d'eux m'a dit qu'il était dans sa voiture au moment de l'explosion, et qu'il avait été projeté à trois ou quatre mètres. Il n'entendait plus rien, donc il était obligé de m'envoyer des textos." Selon les autorités libanaises, un incident dans un bâtiment contenant une cargaison de 2 750 tonnes de nitrate d'ammonium serait à l'origine de l'explosion. "Pendant plusieurs heures, c'était le flou total", raconte Toufik Wehbe. "Encore maintenant, on ne sait pas ce qu'il s'est passé exactement."

Quelques heures après l'explosion, un nuage de fumée ocre passe au-dessus de l'appartement de Toufik. "C'est ce qui m'inquiète le plus, parce qu'on n'a pas beaucoup d'informations à ce propos. J'ai très peur que les fumées soient toxiques, voire radioactives." Depuis l'explosion, Toufik s'est calfeutré dans son appartement. "Moi ça va, j'ai la chance d'avoir encore des vitres... Mais dans le centre de Beyrouth, il n'y a plus une vitre à sept kilomètres à la ronde, il y a des bâtiments qui se sont écroulés... C'est dramatique."

Toufik reste les yeux rivés sur la télévision ou sur son téléphone, en attendant d'en savoir plus. "Cela m'attriste énormément. Cela fait dix ans que je suis à Beyrouth, et dix ans que je sens la souffrance du peuple libanais", raconte l'enseignant. "Les Libanais ont déjà vécu une guerre civile de dix-sept ans, et là la vie leur en remet une couche. Avant l'explosion, les hôpitaux étaient déjà surchargés, et le système de santé boiteux. Là, ça va être encore pire. Je n'arrive même pas à me faire une idée de comment la vie va reprendre dans le pays." 

Selon le gouverneur de la ville, 300 000 personnes n'ont plus de domicile depuis l'explosion. 

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