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Harcèlement sexuel dans le sport : "À chacune de mes interventions, je détecte une victime de violences sexuelles"

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Par , France Bleu Pays de Savoie, France Bleu

L’ancien rugbyman Sébastien Boueilh était à Chamonix (Haute-Savoie) ce mardi, à l’école de formation des moniteurs de ski et des guides de haute montagne. Il venait former et informer sur la lutte contre le harcèlement et les agressions sexuelles dans le milieu sportif.

"Depuis six ans que j’interviens dans les clubs sportifs, les écoles, les collèges… à chaque fois j’ai eu une victime en face de moi" alerte Sébastien Boueilh, de l'association "Colosse aux pieds d'argile".
"Depuis six ans que j’interviens dans les clubs sportifs, les écoles, les collèges… à chaque fois j’ai eu une victime en face de moi" alerte Sébastien Boueilh, de l'association "Colosse aux pieds d'argile". © Maxppp -

On a parlé harcèlement, atteintes et agressions sexuelles ce mardi à l'ENSA à Chamonix, la prestigieuse école de ski et d'alpinisme. Cette intervention était menée par Sébastien Boueilh, de l'association "Colosse aux pieds d'argile". Il a lui-même été victime de viols quand il était jeune rugbymen. Depuis le procès contre son agresseur, il a monté cette association et parcourt la France pour lutter contre ce type d’agression dans les clubs de sports, dans les gymnases, les stades de foot etc. 

Cette année, l’association "Colosse aux pieds d’argile" intervient aussi dans tous les CREPS de France (Centre de ressources, d'expertise et de performance sportives), grâce à une convention signée avec le ministère des sports. Cinq mille encadrants, dans vingt-cinq établissements, seront ainsi formés. 

Sébastien Boueilh lors d'une intervention au Creps
Sébastien Boueilh lors d'une intervention au Creps - Claire Laileugue

Sébastien Boueilh a accepté de répondre aux questions de France Bleu Pays de Savoie, juste avant son intervention à l'ENSA, ce mardi. Découvrez son interview ci-dessous.

"Le sport c’est l’éducation, ce n’est pas l’affection" - Sébastien Boueilh

Comment se déroulent vos formations ?

"Dans mes formations je commence toujours par mon histoire personnelle. Puis, je suis une sorte «de charte». Pour les encadrants, le premier point c’est comment saluer les enfants quand on les accueille dans nos structures ? On fait un check ? [Geste de taper poing contre poing, ou main contre main, en alternative au plus classique, serrage de mains pour se saluer NDLR] On fait la bise ? On dit juste bonjour ? "

Quels conseils donnez-vous ? 

"Nous, on souhaite qu’en début de saison sportive on fasse un check. Ça crée une distance avec l’enfant. Certains encadrants sportifs sont réticents et préfèrent un contact physique. On répond : "Est-ce que quand votre enfant va à l’école, il fait la bise à l’enseignant ? Non. Alors en sport c’est pareil". Le sport c'est l'éducation, ce n'est pas l'affection." 

Vous intervenez à l’ENSA aujourd’hui, l’école des moniteurs et des guides, un milieu réputé dur, est-ce que ça change quelque chose à votre intervention ? 

"Non, la problématique est la même dans tous les sports. En sport individuel ou en sport collectif, on retrouve les mêmes situations. Il n’y a pas de différence. À chaque fois, sur le terrain, depuis six ans que j’interviens dans les clubs sportifs, les écoles, les collèges… à chaque fois j’ai eu une victime en face de moi. Elle m'interpelle parfois directement ou elle m’appelle ensuite ou me contacte par les réseaux sociaux."

Donc, à l’ENSA, vous vous attendez encore à ce type de témoignage ?

"Oui, c’est systématique. "

Est-ce que, à force d’intervenir avec votre association, mais aussi grâce à vos interventions dans les médias, le sujet devient moins tabou ? 

"Les langues se délient, c’est vrai. Mais je pense qu’on n'a que la partie immergée de l’iceberg. Je pense que le jour où une sportive ou un sportif de haut niveau témoignera, on aura un effet boule de neige. Et ça sera impressionnant."

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