Société

Témoignage d'un sans-abris à Metz: "Je suis dans la rue de 7h du matin à 7h du soir dans le froid"

Par Cécile Soulé, France Bleu Lorraine Nord mardi 19 janvier 2016 à 17:29

Contre le froid, ce quinquagénaire a mis son chien sous une couverture
Contre le froid, ce quinquagénaire a mis son chien sous une couverture © Radio France - Cécile Soulé

Le niveau 2 du plan grand froid est activé en Moselle avec des places d'hébergement d'urgence supplémentaires et des maraudes renforcées. Le 115 peut faire face à toutes les demandes pour la nuit mais en journée, comment survivre par ce froid dans la rue? Témoignage d'un sans-abris à Metz.

Les températures sont glaciales cette semaine en Moselle. A Metz, il a fait -8 °C ce mardi matin, le mercure affichera encore - 5°C jusqu'à vendredi. Le niveau 2 du plan grand froid est activé en Moselle depuis le jeudi 14 janvier avec désormais des places supplémentaires d'hébergement d'urgence et des maraudes renforcées tous les soirs de 20h à minuit. Pour la nuit, certains sans abris font le 115, le numéro à appeler pour un hébergement d'urgence. Le 115 actuellement n'est pas saturé. La nuit, personne n'est donc obligé de dormir dehors. Mais il faut ensuite tenir toute la journée. Comment survivre dans ce froid? Un sans-abris installé depuis 4 ans dans le centre de Metz témoigne:

Il ne veut pas donner son vrai nom parce que ses enfants ne savent pas qu'il vit dans la rue. Pour la nuit, une connaissance lui prête une chambre de bonne mais ce quinquagénaire reste donc dehors toute la journée:

"Je suis dehors de 7h du matin à 7h du soir. Face au froid, il faut avoir des vêtements adéquats, un bonnet, une parka d'hiver, des damarts tout simplement, un caleçon aussi Damart. Si vous avez un peu trop froid, on bouge un peu. Et après vous avez les boissons chaudes qui vous réchauffent aussi."

Avec sa barbe noire et son chien boggy, enroulé dans une couverture, il est devenu une figure du quartier. Certains habitants se sont attachés à lui et forcément, par ce froid, ils s'inquiètent, comme cette dame qui vient de lui donner des chocolats: "Moi je n'aime pas voir les gens dehors, surtout par ce temps là". La solidarité va jusqu'à la boulangerie du coin, où un compte a été ouvert pour lui, par des clients du quartier.

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