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Société DOSSIER : L'affaire Affaire Jean Mercier

TÉMOIGNAGE - Fin de vie : "Laisser souffrir les gens comme ça ce n'est pas humain. Je ne vis plus, je m'accroche"

mercredi 1 novembre 2017 à 23:25 Par Noémie Philippot, France Bleu Saint-Étienne Loire et France Bleu

L'affaire Jean Mercier devant la Cour de cassation ce jeudi rouvre le débat sur la fin de vie. En 2011, il avait aidé sa femme à mourir en lui donnant les médicaments qu'elle demandait. Comme elle, de nombreuses personnes souhaitent avoir accès à l'euthanasie en France. Témoignage d'une Ligérienne.

A 88 ans, cette ligérienne tient encore uniquement pour ses enfants. Elle attend de mourir, mais elle trouv
A 88 ans, cette ligérienne tient encore uniquement pour ses enfants. Elle attend de mourir, mais elle trouv © Maxppp - Baziz Chibane

Loire, France

Le dossier de Jean Mercier arrive jeudi 2 novembre devant la Cour de cassation à Paris, la plus haute juridiction française. Il avait aidé sa femme à mourir en 2011 à Saint-Étienne, en lui donnant des médicaments qu'elle demandait. Cet homme est devenu un symbole de la lutte pour le droit à l'euthanasie en France, combat mené notamment par l'Association pour le Droit à Mourir dans la Dignité (ADMD) qui organise sa dixième journée mondiale ce jeudi. Dans la Loire, entre 30 et 40 personnes se tournent vers cette association parce qu'elles souhaitent mourir. Témoignage de l'une d'entre elles.

"Si j'avais quelque chose pour m'en aller tranquillement... Mon dieu, oh oui alors !"

Cette dame de 88 ans souffre d'arthrose depuis des années, et d'une descente d'organes depuis deux ans. Elle ne pèse plus que 39 kilos. Elle passe en ce moment divers examens médicaux, pour savoir si une opération lui serait bénéfique ou non. Mais elle en a marre, son quotidien est devenu beaucoup trop difficile : "C'est une vie qui en se prolongeant, me pèse beaucoup. Alors si j'avais quelque chose pour m'en aller tranquillement... Mon dieu, oh oui alors ! Je sais que j'aurais un ou deux de mes enfants ou de mes petits-enfants qui viendraient me prendre la main pendant la situation, qui ont tout à fait compris d'ailleurs."

L'euthanasie à l'étranger coûte très cher

Elle souffre également d'un glaucome à chaque œil, et seule une des valves de son cœur fonctionne encore normalement, "mais ça, c'est l'âge qui se fait sentir." Sauf que son quotidien est fait de souffrance : "Ma seule joie dans la journée, c'est l'information le soir, je crois que je n'ai plus que ça". Elle rêve de pouvoir prendre un médicament pour mourir, une pratique interdite en France. Alors elle s'est tournée vers l'ADMD de la Loire : "J'espérais avoir des réponses plus positives, dire "bah voilà ça se passe comme ça", on m'a donné des prix, je ne sais pas si ce n'est pas 8000 euros, c'est très cher !", pour accéder à l'euthanasie en Belgique par exemple, un des pays qui l'autorise en Europe. Elle ne veut pas s'y résoudre, pour ne pas endetter ses enfants.

"Je ne vis plus, je m'accroche. Si le cœur pouvait m'emporter, ce serait très bien."

Cette dame ne croit plus dans le gouvernement français, et elle lui en veut. Pour elle c'est sûr, une loi autorisant à choisir le moment de sa mort ne sera jamais votée : "Laisser les gens souffrir comme ça, ce n'est pas humain ! Finir ses jours en souffrance ma foi. Alors il y a ça ou le suicide, et puis c'est tout, vous n'avez pas d'autre issue. Dans ces conditions je ne peux plus, alors je m'accroche. Je ne vis plus, je m'accroche. Si le cœur pouvait m'emporter, ce serait très bien." La seule chose qui la fait encore tenir, ce sont ses enfants, mais elle attend de mourir. Une attente qu'elle trouve beaucoup trop longue.