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Société

TÉMOIGNAGE - Irène Sapir, rescapée de la rafle du Vel d'Hiv, se souvient "des gémissements, des odeurs de promiscuité"

dimanche 22 juillet 2018 à 3:15 - Mis à jour le dimanche 22 juillet 2018 à 7:00 Par Valentine Letesse, France Bleu Périgord et France Bleu

76 ans jour pour jour après la Rafle du Vel d'Hiv, Irène Sapir, une habitante de la Dordogne se souvient. Elle témoigne auprès de France Bleu Périgord ce dimanche.

Irène Sapir, quelques mois avant d'être raflée.
Irène Sapir, quelques mois avant d'être raflée. © Radio France - Valentine Letesse

Singleyrac, France

Le 16 juillet 1942, Irène Sapir n'a pas encore fêté ses cinq ans. Mais dans le petit appartement de Belleville à Paris où elle vit maintenant seule avec sa mère, la petite fille est raflée par les policiers français.

"Je me souviens des gémissements, des odeurs de promiscuité" - Irène Sapir, 80 ans.

La rafle

Ce matin là de l'été 1942 "ma mère me réveille, m'habille" commence l'habitante de Singleyrac en Dordogne. À l'époque, la petite fille vit à Paris quartier Belleville avec sa mère. Depuis trois ans son père, engagé dans l'armée, est fait prisonnier de guerre par les allemands. Sa mère, Léa semble se douter de quelque chose, elle cache Irène dans le coin cuisine. "On entend des coups à la porte, la porte s'est ouverte et la police française est entrée. Pare ce que nous étions cachés dans ce recoin cuisine et en face, il y avait une cheminée avec une glace. Par le trou de la serrure, les policiers nous ont vu dedans" raconte la périgourdine de 80 ans.

Irène Sapir. - Radio France
Irène Sapir. © Radio France - Valentine Letesse

Le Vélodrome d'Hiver

"On est parqué sur les gradins, on voit arriver des gens, et des gens, et des gens" lance Irène, "je me souviens des gémissements, des odeurs de promiscuité. Les gens se demandaient ce qu'on allait devenir". Voilà tout ce dont se souvient cette rescapée. Du bruit, de l'odeur, de la cousine germaine de sa mère, malade sur un brancard au milieu de l'arène.

Si la petite fille et sa maman s'en sortent deux jours plus tard, ce sont grâce aux lettres de son père. Léa sa mère, a le réflexe de les prendre avec elle, lors de leurs arrestations. Dans le Vel d'Hiv, elle entend dire que les femmes de prisonniers, ne peuvent pas être arrêtées. Elle plaide leur libération, et l'obtient.