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Société

TÉMOIGNAGE - Maltraitée en famille d'accueil pendant 20 ans

mercredi 20 décembre 2017 à 12:01 Par Elisabeth Badinier, France Bleu Hérault et France Bleu Saint-Étienne Loire

Myriam a passé 20 ans en famille d'accueil dans la Loire, victime de brimades et d’humiliations. À 40 ans, elle tente aujourd'hui de se reconstruire à Montpellier. Un travail douloureux. Myriam a crée une association pour recueillir des témoignages.

Illustration
Illustration © Maxppp -

Montpellier, France

Myriam a aujourd'hui 40 ans, elle vit à Montpellier mais elle a passé les 20 premières années de sa vie du côte de Saint-Étienne, placée en famille d'accueil. C'est une "enfant de la DASS". À l'époque, c'est la direction des affaires sanitaires et sociales qui s'occupait des enfants placés.

Myriam avait un an et demi lorsqu'elle est a été placée dans cette famille, elle y est restée jusqu'à ses 22 ans. Elle affirme aujourd'hui avoir subi des violences psychologiques, des insultes, des humiliations et même des privations pendant des années. 

"Au quotidien, c'était l'horreur"

"Au quotidien, c'était l'horreur, avec des hurlements sur moi, des insultes. Quand je prenais ma douche, "tu as qu'à dire à la DASS de payer l'eau". Donc je ne me douchais qu'une fois par semaine. Les enfants de la famille avaient droit au scooter, ils pouvaient jouer dehors avec leurs copains, moi je n'avais rien. Aujourd'hui je me bats contre la dépression, je suis très isolée et si je témoigne aujourd'hui c'est que j'ai voulu porter plainte pour violence psychologique et on m'a dit que c'était prescrit !"

"Je ne me douchais qu'une fois par semaine"

Myriam a mis du temps pour arriver à en parler en effet. Quand à l'âge de de 28 ans, elle a voulu porter plainte, les faits étaient prescrits. Elle aurait du se manifester dans les trois années qui ont suivi sa majorité. Difficile dans ses conditions de se reconstruire.

Myriam s'interroge aussi beaucoup sur la loi du silence, persuadée que les gens savaient dans son quartier.

"Tout le monde savait"

"On habitait en banlieue et tout le monde savait. la voisine m'entendait hurler. ma propre tante de sang habitait le même quartier et je suis sûre qu'elle savait et personne n'a dénoncé. Et même à la DASS, ils m'ont dit qu'ils voyaient que j'étais une enfant inhibée mais que j'étais trop attachée à cette famille et que c'est pour cette raison qu'ils ne m'ont pas retirés"

"Tout le monde savait"

Aujourd'hui Myriam a créé une association, "les survivants de la DASS", et une page Facebook pour inviter d'autres personnes à témoigner . Elle dénonce aussi ce delai de trois ans maximum après la majorité  pour déposer  plainte 

L'histoire de Myriam est un cas isolé. Depuis la décentralisation, les familles d'accueil sont sous la responsabilité du Conseil départemental. Dans le département de l'Hérault, 3.500 enfants sont placés chaque année, parfois pour quelques semaines, soit dans des familles d'accueil (il y en 720 dans le département), soit dans des foyers d'urgence (il y en a trois dans le département), soit dans une des 15 maisons de l 'enfance où les jeunes sont encadrés par des professionnels. 

Pour devenir famille d'accueil (on parle plutôt d'assistant familial), il faut répondre à un cahier des charges très strict (qualités humaines et matérielles aussi). 

Il faut en moyenne quatre mois pour obtenir l’agrément, est donné pour une durée de cinq ans renouvelable. Les familles reçoivent 300 heures de formation. Elles touchent 1480 euros par mois, plus 430 euros de défraiement (entretien, habillement et nourriture) et ont un assistant social référent qui les suit . En cas de manquement grave, elles peuvent se voir retirer l'agrément, ce qui se produit une ou deux fois par an dans l'Hérault.