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TEMOIGNAGE - "Mon fils a mis un an pour dire à son père qu'il était homosexuel après me l'avoir confié"

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Par , France Bleu Occitanie
Launaguet, France

La Gay Pride aura lieu ce samedi 4 juin à Toulouse. Sur France Bleu Toulouse, Marie-Claude Farcy nous livre son sentiment de mère. Son fils a fait son coming-out il y a cinq ans, depuis elle est engagée contre l'homophobie. Témoignage.

Marie-Claude Farcy, invitée ce vendredi 3 juin.
Marie-Claude Farcy, invitée ce vendredi 3 juin. © Radio France - Alban Forlot

Euro de football oblige, la 22ème édition de la Gay Pride à Toulouse, la Marche des Fiertés en français, est avancée de quelques semaines. Les organisateurs (l'association Arc-en-Ciel) donnent rendez-vous ce samedi 4 juin place du Capitole à 14 heures. Ils attendent 30.000 personnes.

Notre invitée ce vendredi 3 juin, Marie-Claude Farcy est connue des habitants du canton de Launaguet au nord de Toulouse, elle est leur conseillère départementale. Ce n'est pas l'élue que nous avons interrogée, mais la maman. Il y a cinq ans, le plus jeune de ses trois enfants lui confie qu'il est homosexuel. Il mettra un an avant de le révéler ensuite à son père de peur d'être rejeté. Face au silence et au malaise de son fils, Marie-Claude Farcy décide de s'engager dans l'association Le Refuge.

►►► ECOUTEZ LE TÉMOIGNAGE DE MARIE-CLAUDE FARCY, RECUEILLI PAR BÉNÉDICTE DUPONT

INVITE - Marie-Claude Farcy, une mère engagée

Pouvez-vous nous raconter comment votre fils  vous a révélé son homosexualité ?

Marie-Claude Farcy - Il y a cinq ans, mon fils de 19 ans m'a montré un bracelet qu'il portait et il m'a dit "Tu sais Maman, ce n'est pas une fille qui me l'a offert,  c'est un garçon". C'était sa façon de me dire qu'il était homosexuel. Il était à ce moment-là très fatigué, ça a été compliqué d'autant plus qu'il a ensuite mis plus d'un an pour le dire à mon mari, son père. C'est la preuve que ce n'est pas parce qu'on a  des parents aimants qu'on arrive à leur dévoiler son homosexualité. Cela m'a bouleversée. Il n’arrivait pas à le dire à son père, et moi je ne voulais pas le trahir. Je suis restée dans ce silence pendant un an car pour lui, cet aveu était insurmontable. Finalement, c'est notre médecin de famille qui a dit à mon fils "_Vas-y fais-le, dis-l_e". Et il l'a fait.

Il m'a dit "Ce bracelet, Maman, c'est un garçon qui me l'a offert". C'était sa façon de me dire qu'il était homosexuel.

Et comment a réagi son père, votre mari ?

Très bien ! C'est la projection de notre fils qui était compliquée mais mon mari lui a répondu "Tu sais je m'en doutais un petit peu". Un an d'attente pour cela ! Nous aimons notre enfant, il le sait et malgré cela, c'est difficile et tabou.

Comment expliquez-vous que des parents rejettent leur enfant à cause de leur différence ?

Tout  parent que nous sommes, nous nous projetons sur nos enfants. On imagine des enfants magiques, merveilleux, polis, qui ne poseront pas de problème, qui feront des études, aimables.... et hétérosexuels comme Papa et Maman, comme ses frères et sœurs. la réalité ce n'est pas ça ! La réalité est que les enfants sont pénibles, ne rangent pas leur chambre, ne font pas les études rêvées. La réalité est complexe, comme nous.

Nous, les parents, on s'imagine des enfants magiques, polis, brillants, sans problème... et hétérosexuels ! La réalité est plus complexe.

La Gay Pride dérange certaines personnes encore visiblement....

J'ai fait le constat que les amis de mon fils ont un mal fou à parler simplement de leur homosexualité. Cette Marche des fiertés, mon fils par exemple, n'y est jamais allé, il n'aime pas particulièrement les rassemblements publics. Mais il n'y a pas besoin d'être homosexuel pour y participer. En revanche, il y a des jeunes, comme ceux du Refuge, qui sont soulagés et contents de voir qu'il y a des adultes hétéros, homos, trans en capacité d'aller dans la rue pour manifester leur différence, et leur normalité en même temps. C'est leur droit aussi, rappelons-le.

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