Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Société

TEMOIGNAGE - Squat du CRDP à Limoges : "on vit dans des conditions inhabitables"

lundi 5 novembre 2018 à 6:01 Par Jérôme Edant, France Bleu Limousin

La vie est de plus en plus difficile dans le squat du CRDP à Limoges. Des familles avec des enfants,la plupart déboutées du droit d'asile et soutenues par le collectif Chabatz d'Entrar, sont installées depuis le mois de mai dans ce bâtiment. Mais occuper les lieux devient délicat voire dangereux.

Les conditions deviennent très difficiles, voire dangereuses, dans le squat du CRDP de Limoges
Les conditions deviennent très difficiles, voire dangereuses, dans le squat du CRDP de Limoges © Radio France - Jérôme Edant

Limoges, France

Des familles et des enfants dans des conditions déplorables. C'est désormais la situation dans le squat de l'ex-CRDP (centre régional de documentation pédagogique) à Limoges. Ce bâtiment, situé à la fac des lettres et appartenant au conseil régional, est occupé depuis le mois mai dernier par des dizaines de familles et leurs enfants, pour la plupart déboutées de leur demande d'asile. Ces migrants, actuellement une centaine, sont soutenus par le collectif Chabatz d'Entrar

Sauf qu'aujourd'hui, avec des journées beaucoup moins clémentes qu'au printemps dernier, habiter dans ces conditions devient presque insupportable pour ces familles. Mais la situation devient surtout dangereuse.

Des conditions de sécurité inacceptables

"On est dans des conditions carrément inhabitables" explique Fouzia, une mère algérienne accompagnée de son garçon de 10 ans. "Par exemple, il y a un seul réfrigérateur collectif et on ne peut pas mettre toute la nourriture. Alors certains aliments restent à température ambiante, je ne peux pas risquer de donner cette nourriture à mon fils" déplore-t-elle.

Dans la plupart des pièces du squat de Limoges, toutes sortes de câble sont à l'abandon - Radio France
Dans la plupart des pièces du squat de Limoges, toutes sortes de câble sont à l'abandon © Radio France - Jérôme Edant

Mais les habitants du squat vivent également dans le risque. Quand on sait qu'un détecteur de fumée est obligatoire dans la moindre chambre d'hôtel, ici Fouzia décrit : "on risque des problèmes de surtension. Par exemple, dans la salle où je dors, tout le plafond est ouvert avec des câbles électriques qui ressortent, on n'est pas à l'abri du risque". Dans les murs du bâtiment, personne ne sait vraiment d'où vient l'électricité mais la lumière, les plaques électriques, quelques micro-ondes, des cafetières et le reste sont branchés dessus.

Il n'y a pas d'eau chaude pour se laver" - Leonora, mère famille d'origine albanaise

En plus du danger, il y a l'inconfort. Léonora, d'origine albanaise, en témoigne : "il n'y a pas d'eau chaude pour se laver, et il n'y a qu'un seul WC pour 3 étages alors c'est difficile pour moi, je suis enceinte de 7 mois". Fouazi confirme : "même si on porte des habits, on respire le froid. Si tu supportes de rester dehors en plein air, tu supportes de rester au squat"...

Le squat, pas mieux que dehors ? Mais choisir entre la rue et le squat, à l'intérieur personne ne se pose la question.