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TEMOIGNAGE - Stress post-traumatique : "La blessure de la honte"

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Par , , France Bleu Lorraine Nord

Dans un ouvrage autobiographique "Pourquoi l'Armée m'a quitté...", Aurélien Dhaussy, militaire à Bitche, raconte ses opérations extérieures pour la France et le stress post-traumatique qui le ronge depuis. Un mal encore tabou parmi de nombreux soldats.

L'ouvrage "Pourquoi l'armée m'a quitté" rédigé par le militaire mosellan
L'ouvrage "Pourquoi l'armée m'a quitté" rédigé par le militaire mosellan - Capture d'écran Facebook @AurélienDhaussy

Endosser l'uniforme et servir sous les drapeaux était un rêve d'enfant. Mais Aurélien Dhaussy n'imaginait pas que son engagement et son expérience en opérations extérieures le conduiraient vers une guerre plus intime, un chaos dans sa propre tête, et la rupture douloureuse avec une institution dont il est maintenant écarté. Ce mal, le stress post-traumatique, le militaire mosellan l'a transformé en mots couchés sur les pages de son ouvrage "Pourquoi l’armée m’a quitté..." Une parole rare et précieuse, sur un problème encore tabou aujourd'hui. 

Une roquette tombée à 20 mètres de lui

Engagé au sein du 16e Bataillon de chasseurs à pied de Bitche, il est envoyé en 2016 avec ses camarades en opération extérieure au Mali, en "Opex" comme on dit dans le jargon militaire, pour combattre les djihadistes du Sahel. L'événement déclencheur survient un jour de retour de patrouille, et prend le nom d'une arme bien connue des soldats déployés sur le terrain africain : Chicom, une roquette longue distance et donc difficile à prévoir. "Quand on s'en rend compte, il est souvent trop tard", raconte Aurélien Dhaussy. "J'étais avec un ami, une chicom est tombée à vingt mètres de nous. Il y avait un mur entre nous et l'impact, c'est ce qui nous a sauvé la vie." 

Plus rien n'a la même saveur

Les symptômes arrivent bien plus tard, trois ans après son retour du Mali. "Il y a d'abord un déni, comme dans beaucoup de cas. Quand on rentre en France, on pense que tout va bien. Mais il y a un décalage avec la réalité et on se sent perdre pied..." Cela débute par une crise d'angoisse, puis de l'agoraphobie, de l'hypervigilance, des cauchemars, une perte d'appétit... "Avec la famille, on n'a plus les mêmes rapports. Heureusement que la mienne est soudée et là pour moi. Plus rien n'a la même saveur, plus rien n'est grave, n'est important, c'est difficile à gérer au quotidien..."

Blessure psychique

Si le soldat était préparé sur le plan opérationnel, qu'en est-il des conséquences psychologiques d'une telle expérience ? "Dans toutes les opérations, le facteur chance joue beaucoup. Mais moi, je n'étais pas prêt à affronter ça..." Aujourd'hui en arrêt maladie après plusieurs séjours réguliers dans des services psychiatriques, le militaire sait qu'il ne pourra pas réintégrer son bataillon et doit aussi faire le deuil de sa carrière. 

Ce livre, il l'a écrit pour témoigner de son vécu mais aussi aider ceux qui comme lui, les "blessés psychiques", trouvent la force de parler, de rompre l'isolement et de chercher les clés pour s'en relever. L'Armée prend "un peu plus au sérieux le stress post-traumatique" estime le militaire, "un gros progrès a été fait à ce niveau-là. La cellule d'aide aux blessés de l'Armée de Terre travaille dessus, mais cela reste la blessure de la honte."

"Pourquoi l'Armée m'a quitté...", Aurélien Dhaussy, aux éditions Sydney Laurent, 2020.

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