Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour

TÉMOIGNAGE - Ahmed-Reda Sawan, réfugié syrien à Dijon cherche un éditeur pour publier le récit de son exil forcé

-
Par , France Bleu Bourgogne
Dijon, France

Avant la guerre, Ahmed-Reda Sawan était professeur de français à l'université d'Alep. Il a du quitter la Syrie en pleine révolution. Arrivé en France en octobre 2014, il cherche aujourd'hui un éditeur pour publier le livre qui raconte, en français, son exil forcé.

Ahmed-Reda Sawan et son épouse Shahd-Zanabili, ont trouvé refuge à Dijon, l'ancien professeur de Français à Alep cherche un éditeur pour publier le récit de leur exil forcé
Ahmed-Reda Sawan et son épouse Shahd-Zanabili, ont trouvé refuge à Dijon, l'ancien professeur de Français à Alep cherche un éditeur pour publier le récit de leur exil forcé © Radio France - Stéphanie Perenon

C'est un livre pour donner son récit de l'exil. Un exil forcé dit-il. Et pour l'écrire, il a choisi le français. La langue qu'Ahmed-Reda Sawan enseignait à l'université d'Alep, avant le début du conflit syrien. Dans cet ouvrage qui n'a pas encore trouvé d'éditeur, l'ancien professeur aujourd'hui âgé de 33 ans, témoigne de la difficulté de partir, de la peur d'être arrêté, de trouver refuge ailleurs sans savoir quand aura lieu le retour au pays.

"L'exil forcé c'est un conflit intérieur, le corps est ici mais l'âme est restée en Syrie" - Ahmed Reda Sawan, réfugié syrien à Dijon

Sa vie à lui, a basculé un jour d'août 2012 : Ahmed-Reda Sawan est arrêté après une manifestation contre le régime. Sa captivité n'a duré que 24 heures mais il ne pourra jamais l'oublier. "Le plus dur c'est quand ils m'ont emmené dans une pièce où j'ai trouvé l'ami avec qui j'avais manifesté et qu'ils ont commencé à le torturer devant moi. C'est le moment le plus dur que j'ai vécu".

Clandestin en Turquie pendant deux ans

Il fuit alors avec ses proches en Turquie, où il travaille pour Médecins sans frontières. Une vie clandestine du coup, rebelote et nouveau départ pour la France cette fois, en octobre 2014. Il y obtient assez vite une carte de séjour et repart avec MSF à Calais comme traducteur. Cinq mois très difficiles.

"C'était vraiment très dur car même si j'avais déjà mon statut de réfugié, c'était revivre à nouveau l’expérience des gens qui ont été obligés de quitter leur pays. Ils me racontait ce qu'ils avaient vécu en Syrie, les proches qu'ils ont perdus, c'était très dur. Mon arrestation, mon départ de Syrie, tout ça c'est finalement moins dur que ce que ces cinq mois passés à Calais."

Il commence à écrire en France

C'est en France qu'il a commencé à écrire cette histoire. Dès son arrivée en octobre 2014, pour "laisser une trace et un témoignage de cette vie d'exilé forcé". Pour Ahmed-Reda Sawan, ce livre c'était presque un devoir pour lui de l'écrire, même si ça n'a pas été facile.

"Trois mois après mon arrivée, j'ai débuté l'écriture de ce livre. Je me suis arrêté plusieurs fois car c'était trop dur émotionnellement de se souvenir de tout ce que j'ai vécu avec mon entourage. Mais je me suis dit, je parle la langue française et beaucoup de syriens voudraient raconter cette histoire mais ils n'en ont pas les moyens alors je dois le faire. C'est aussi un témoignage pour l'avenir car c'est important d'écrire pour laisser une trace de ce qu'on a vécu."

Ahmed-Reda Sawan cherche un éditeur pour publier le témoignage de son exil forcé de Syrie

Un accueil extraordinaire à Dijon

Il se sait pourtant chanceux car malgré sept mois difficiles passé en CADA avec sa femme et leur petite fille âgée seulement de quelques mois -NDLR : Julia est née en Turquie - la famille a pu emménager dans un appartement à Dijon. Un logement qu'on leur a prêté . Un accueil extraordinaire pour Ahmed-Reda et sa femme Shahd-Zanabili. "Ce sont des gens qui nous ont aidé au niveau matériel, financier mais le plus important, c'est leur soutien émotionnel, ils nous ont appelé tous les jours, nous ont invité toutes les semaines. Ce sont des amis qui sont comme des parents pour nous ici. On a notre famille ici et même si c'était difficile au début, l’accueil qu'on a reçu est formidable".

Le manuscrit d'Ahmed-Reda Sawan attend un éditeur
Le manuscrit d'Ahmed-Reda Sawan attend un éditeur © Radio France - Stéphanie Perenon

L'avenir reste incertain

Ils ne savent pas à quoi ressemblera demain. Pour le moment, lui jongle avec ses deux emplois, comme assistant d'éducation au Lycée des Marcs d'Or et comme traducteur assermenté près la Cour d'appel de Dijon. Il est aussi bénévole au Centre des langues sur le campus dijonnais, pour aider d'autres réfugiés, à apprendre le français. Son épouse Shahd doit reprendre ses cours à l'université à la rentrée prochaine. "Rentrer en Syrie, c'est notre souhait mais pour le moment on sait bien que ça ne sera pas avant deux ou trois ans au moins. Et en même temps quand on voit notre fille qui a trois ans, qui joue ici avec ses petites camarades, on se dit que dans quelques années, ce ne sera pas à nous de choisir mais à elle car elle aura sa vie ici. Il faut vivre au jour le jour, je travaille, on est en sécurité, on est bien entouré, il ne faut pas trop penser."

Ahmed-Reda Sawan, parle de l'exil comme un conflit intérieur

A la recherche d'un éditeur

En attendant des jours meilleurs en Syrie, Ahmed-Reda Sawan rêve de pouvoir publier son témoignage. Il a déjà quelques pistes, et ce rendez-vous pris dans les semaines qui viennent avec Jean-Marie Cavada, l'ancien journaliste, aujourd'hui député européen, qu'il a rencontré à deux reprises et qui a promis de l'aider.

Depuis 2011 et le déclenchement de la guerre en Syrie, l'ONU a compté près de cinq millions de réfugiés syriens, qui ont du, comme Ahmed-Reda Sawan et ses proches, fuir leur pays.

Reportage

Choix de la station

À venir dansDanssecondess