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Société DOSSIER : Mouvement des "gilets jaunes"

Témoignage : un gilet jaune périgourdin raconte la manifestation sur les Champs-Élysées à Paris

dimanche 25 novembre 2018 à 13:40 Par Emeline Ferry, France Bleu Périgord

Benjamin, un périgourdin, est monté à Paris pour participer au grand rassemblement des gilets jaunes. Mais la manifestation a dégénéré, notamment à cause de casseurs qui se sont infiltrés dans la foule.

Environ 8.000 personnes se sont rassemblées sur les Champs-Élysées ce samedi 24 novembre.
Environ 8.000 personnes se sont rassemblées sur les Champs-Élysées ce samedi 24 novembre. - Benjamin

Plus de 100.000 gilets jaunes se sont mobilisés partout en France ce samedi 24 novembre, une semaine après le début des blocages. En Dordogne, la mobilisation continue. 

Mais si la plupart des gilets jaunes périgourdins avaient choisi de rester dans le département, certains ont décidé de monter à Paris pour le grand rassemblement annoncé. C'est le cas de Benjamin, qui vit à Périgueux. 

"J'avais l'impression d'être dans un film. Ça explosait de tous les côtés" - Benjamin

Depuis le début du mouvement, il participe régulièrement aux barrages filtrants sur le rond-point de La Feuilleraie, à Trélissac. "Je me suis dit que c'était important d'aller à Paris, d'être là-bas pour voir s'il y avait vraiment cette unité dont tout le monde parle", raconte-t-il.

Des débordements sur les Champs-Élysées

Parti seul le vendredi soir de Périgueux, il se rend sur les Champs-Élysées le samedi matin. "Le système de sécurité était impressionnant, il y avait un filtrage à toutes les entrées. On nous demandait notre carte d'identité", dit-il, "mais j'ai pu passer et retrouver d'autres gilets jaunes. J'étais venu seul, mais je ne suis jamais resté seul pendant la manifestation. On était ensemble".

En fin de matinée, la situation se tend sur l'avenue. "Ça a commencé à pousser vers l'Arc de Triomphe, et à partir de là, j'ai vu des trucs que je ne pensais jamais voir. Les CRS nous tiraient dessus avec des gaz lacrymogènes", déplore Benjamin. "Nous, on vient juste marcher et dire qu'on n'est pas contents, et on se fait tirer dessus avec des flashball et des canons à eau"

Des casseurs ont infiltré le rassemblement

"Des casseurs, oui, j'en ai vu quelques uns", confie le gilet jaune périgourdin, reconnaissant avoir été témoin de jets de pierres et de pavés, ainsi que des barricades. "C'est vrai, il y en a eu dans l'après-midi, mais il y avait quatre camions à eau qui nous tiraient dessus en permanence, on ne pouvait pas avancer, et c'était un peu violent". 

Il ajoute : "Moi, ce que j'ai vu c'est : on est arrivés, on s'est fait gazés. Alors oui, après trois ou quatre heures où les gens se sont fait gazés, certains se sont énervés et ont jeté des pavés".

Le témoignage de Benjamin, gilet jaune périgourdin qui a participé au rassemblement à Paris.

Selon lui, "les gens qui étaient là, c'était des gens non-violents qui sont venus là en se disant 'C'est là qu'il faut être'. Il y avait des personnes de tout âge". Il estime que la violence est venue de la part des CRS : "à un moment, si vous êtes violents avec des gens, ça monte de l'autre côté, et certaines personnes se sont énervées".

Sur les Champs-Élysées, on déplore beaucoup de dégâts matériels après la manifestation. - Aucun(e)
Sur les Champs-Élysées, on déplore beaucoup de dégâts matériels après la manifestation. - Benjamin

"Franchement, j'avais l'impression d'être dans un film", raconte le gilet jaune. "Ça explosait de tous les côtés".

24 personnes blessées

Sur les Champs-Élysées, beaucoup de dégâts matériels sont à déplorer. Des barricades ont été érigées, des feux allumés et des pavés descellés, raconte France Bleu Paris. Au total, 24 personnes ont été blessés, dont 5 chez les forces de l'ordre.

42 personnes ont été interpellées et placées en garde à vue à Paris. Sur Twitter, le président Macron a condamné les affrontements violents entre les manifestants et les policiers.