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Société

TÉMOIGNAGE - Un sans-abri raconte comment il a vécu la fin de la trêve hivernale dans l'agglomération grenobloise

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Par , France Bleu Isère

Les 550 lits d'hébergement d'urgence ouverts pour l'hiver par la préfecture de l'Isère ont été fermés le 1er avril au matin avec la fin de la trêve hivernale. Selon l'association Droit au Logement, une quarantaine de sans-abris sont retournés dans la rue dans l'agglomération grenobloise.

Deux sans-abris sont venus se reposer au "Point d'Eau" entre deux nuits dans la rue à Grenoble
Deux sans-abris sont venus se reposer au "Point d'Eau" entre deux nuits dans la rue à Grenoble © Radio France - Véronique Saviuc

Grenoble, France

Il dormait dans une salle proche de l'Ecole de Cirque à Échirolles (Isère), la salle des Agrès du Vent, rue Pablo-Picasso. Il savait que la trêve hivernale s'achevait mais il espérait qu'on lui proposerait un autre hébergement avant de le mettre dehors. Mais lundi matin à sept heures, un vigile lui a demandé de prendre ses affaires et de partir. Ce jeune homme, français, cuistot de métier mais au chômage, qui va fêter ses trente ans, se retrouve donc dans la rue.  

"Être dans la rue empêche de retrouver du travail"

Ce jeune homme qui ne veut pas donner son nom raconte comment il a vécu la fin de la trêve hivernale

Au soir de la fin de la trêve hivernale, le jeune homme est allé à la gare de Grenoble. Mais il n'arrive pas à dormir dehors, il préfère marcher jusqu'au matin. Et quand les associations d'accueil de jour comme le Point d'Eau à l’Île Verte ouvrent leurs portes, il va se laver, laver ses vêtements pour "rester propre sur lui" et se reposer. Il dort dans un fauteuil, en sécurité, entouré d'autres SDF et de bénévoles.  Le 115 ? On lui a dit de rappeler dans une semaine.  Il a fait une demande de logement social, puisqu'il touche le chômage, mais ça va prendre longtemps. 

"J'aime pas la politique, je déteste ça, les gilets jaunes, verts, bleus ou machins. Ce qui m'intéresse c'est d'essayer de sortir de cette merde !"

Le jeune homme a l'impression d'être abandonné à son sort, alors qu'il veut s'en sortir

Comme chaque année, le 31 mars, c'est la fin de la trêve hivernale. Celle qui empêche d'expulser les locataires qui sont en retard de loyer. Celle qui s'accompagne aussi de places d'hébergement d'urgence supplémentaires pour les sans-abris. En Isère, 550 lits supplémentaires ont été ouverts au 15 novembre pour la période hivernale (440 dans des structures d'hébergements, et 110 installés dans des gymnases en période de grand froid). Ces lits s'ajoutent aux 1300 places disponibles toute l'année dans le département.

Omar, 21 ans, à la rue depuis 3 ans, accepte de poser à visage découvert avec son chien Tyson au Point d'Eau - Radio France
Omar, 21 ans, à la rue depuis 3 ans, accepte de poser à visage découvert avec son chien Tyson au Point d'Eau © Radio France - Véronique Saviuc

"Une quarantaine de sans-abris sont retournés à la rue dans l'agglomération grenobloise" - Julien, militant du DAL

Avec la fin du plan hivernal de la Préfecture de l'Isère, une quarantaine de sans-abris -principalement des hommes seuls- sont retournés à la rue dans l'agglomération grenobloise, selon l'association Droit au Logement qui demande à l'Etat de réquisitionner les logements vides pour loger les sans-abris et les familles qui n'ont pas les moyens de payer un loyer, même celui d'un logement social.