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"Une bouteille de vin en un jour, un verre au réveil" : confinement et alcool, un cocktail dangereux

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Par , France Bleu Paris, France Bleu

Depuis le premier confinement, en mars dernier, certains franciliens ont sombré dans une addiction à la drogue ou à l'alcool. Au Centre de soin, d'accompagnement et de prévention en addictologie de Montreuil (Seine-Saint-Denis), les consultations ont augmenté de 14%.

Le médecin addictologue Géraldine Talbot en consultation au CSAPA de Montreuil
Le médecin addictologue Géraldine Talbot en consultation au CSAPA de Montreuil © Radio France - Hajera Mohammad

Alors qu'Emmanuel Macron doit s'exprimer ce mardi 24 novembre sur la situation sanitaire en France, les effets de ce second confinement sont tout aussi terribles pour certains Français que le premier, notamment en ce qui concerne les addictions. À Montreuil, en Seine-Saint-Denis, le Centre de Soin d'Accompagnement et de Prévention d'Addictologie (CSAPA) a vu le nombre de ses consultations augmenter de 14% depuis mars et la situation reste inquiétante.

Des femmes qui consultent pour la première fois

"Au moment où le deuxième confinement a été annoncé, dès le lendemain matin à 9 heures, il y avait trois patients alcoolisés devant le centre", raconte le docteur Géraldine Talbot, médecin addictologue au CSAPA. "L'un d'entre eux m'a dit 'je suis fatigué et je ne vois pas comment je vais tenir ce deuxième confinement'". Beaucoup ont rechuté pendant cette période, mais ce qui inquiète aussi cette professionnelle c'est le nombre de nouveaux patients qui sont tombés dans une addiction pour la première fois, cette année et notamment des femmes. Le nombre de consultations de patientes a augmenté de 40%, surtout pour des consommations excessives d'alcool. 

"Le confinement a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase pour ces femmes qui sont concernées par la précarité de l'emploi, par le télétravail et la gestion du domicile", explique le docteur Talbot. La fameuse "charge mentale", combinée à un climat anxiogène, a provoqué angoisse et stress, que certaines comblent par l'alcool.

"Il y a de nouvelles dépendances" - Docteur Géraldine Talbot, médecin addictologue

"Combler le vide"

Parmi elles, Rosie, 42 ans, formatrice de profession. Elle a "plongé" lors du premier confinement. "Je suis célibataire, sans enfant mais j'ai une vie sociale très riche, beaucoup d'activités avec beaucoup d'amis, ce sont des garde-fous en fait, mais quand tout ça a disparu, c'était le grand vide". Un vide qu'elle a tenté de combler en buvant, chaque jour un peu plus, jusqu'à boire "une bouteille de vin par jour ou encore une bouteille de rhum en deux jours". Le déclic, elle l'a lorsqu'elle réalise qu'elle se met à boire le matin, dès le réveil, "je me suis dit c'est pas normal, il faut que je fasse quelque chose".

Alors Rosie contacte le CSAPA de Montreuil, supplie presque son employeur de la laisser revenir travailler en présentiel, après 6 mois de travail, "parce que ce qui prime maintenant, c'est ma santé mentale, c'est une question de survie". Elle s'accorde de longues promenades pour s'aérer l'esprit, sortir de chez elle et rester loin de la tentation qui reste forte. 

"Un dommage collatéral du Covid"

Aujourd'hui, elle est "redescendue" à deux verres par jour "mais c'est un combat, ce n'est pas si simple". Surtout avec le deuxième confinement, les idées noires reviennent : "Parfois je me dis, vas-y picole, défonce toi, à quoi ça sert de continuer alors qu'on m'enlève toutes mes libertés, que je ne peux plus rien faire de ma vie, que je n'ai plus aucun projet, c'est quoi l'espoir aujourd'hui ?" Des idées qu'elles tentent de chasser avec l'aide du docteur Talbot, qui l'a suit régulièrement  en téléconsultations. Aujourd'hui, même si elle est sur la bonne voie et même si elle n'a pas attrapé le virus, Rosie, l'affirme : "j'ai l'impression d'être un dommage collatéral du Covid".

"L'alcool pour combler le vide" - Rosie, 42 ans, a sombré dans l'alcool pendant le premier confinement

Une application pour guider les patients

Les chiffres au niveau national, ne démontrent pas pour l'instant une explosion de la consommation d'alcool. D'après une enquête de Santé Publique France, parue en mai dernier, 11% des Français ont déclaré une augmentation de leur consommation pendant le premier confinement, 65% la disent stable et 24% qu'elle a diminuée. L'augmentation est plus fréquemment mentionnée par les moins de 50 ans, les habitants des villes de plus de 100.000 habitants et les parents d'enfants de moins de 16 ans. Concernant le tabac, plus d'un quart des fumeurs a plus fumé durant le premier confinement.

Pour aider les victimes d'addiction à l'alcool, l'application Oz Ensemble a été lancée pour faciliter la prise de contact avec un médecin spécialisé, l'inscription est gratuite. 

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