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Société

TÉMOIGNAGE - À 16 ans, elle craint de se retrouver sans-papiers et à la rue

vendredi 2 novembre 2018 à 3:01 Par Nolwenn Quioc, France Bleu Nord et France Bleu

Ils ont 12, 14 et 16 ans, et vivent dans la peur de l'expulsion. Trois jeunes albanais scolarisés à Roubaix et leur mère, malade, sont sous la menace d'une expulsion de leur appartement. Et suite au rejet de leur demande d'asile, ils se retrouvent également sans papiers.

La mère de la famille, qui ne parle pas français, s'appuie sur ses enfants pour les démarches administratives
La mère de la famille, qui ne parle pas français, s'appuie sur ses enfants pour les démarches administratives © Radio France - Nolwenn Quioc

C'est la fille aînée qui raconte l'histoire de la famille. à 16 ans seulement, elle a connu l'exil, puis la vie à la rue pendant plus d'un mois. C'était à leur arrivée à Dunkerque, en mars 2017. "C'était horrible, je ne voyais pas un animal dehors, et moi j'étais dehors. On avait 4 ou 5 couvertures, et on dormait comme ça". 

Des résultats scolaires exceptionnels

Au bout d'un mois et demi, ils prennent la route de Roubaix, et déposent une demande d'asile. Ils obtiennent un appartement, le temps de l'instruction du dossier. Les enfants sont alors scolarisés, apprennent le français en un an, et obtiennent des résultats exceptionnels. "Les trois enfants, depuis qu'ils sont arrivés chez nous, travaillent très bien, ils sont premier de leurs classes" témoigne Morgane Guéguen, la CPE du collège des deux garçons, âgés de 12 et 14 ans. Elle est également bénévole à la Cimade, association qui accompagne les étrangers dans leurs démarches.

"La plus grande a eu son brevet avec mention bien après seulement un an en France, ils ont tous eu leurs diplômes de français, donc ce sont effectivement de très bons élèves" - Morgane Guéguen, CPE dans le collège des deux garçons

Une situation dangereuse en Albanie

Objectif pour la famille : refaire sa vie en France, car en Albanie la situation est très compliquée. C'est d'ailleurs pour ça que la fille aînée souhaite garder l'anonymat. "On a beaucoup de problèmes, là bas la vie n'est pas sûre. Ce n'est pas sûr de sortir de notre maison. On a dû quitter l'école pendant deux mois. Je ne connais pas toute l'histoire de ma famille parce qu'il y a beaucoup de secrets, et puis je ne sais pas tout parce que je suis trop petite, mais je sais que c'est trop dangereux".

En toile de fond, des violences familiales dont la mère n'a pas parlé à ses enfants. Un cas malheureusement trop fréquent explique leur avocate, Maître Oriane Cabaret : "Le problème de l'Albanie c'est qu'elle est sur la liste des pays sûrs selon l'OFPRA, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. La difficulté c'est qu'on reçoit quand même des personnes qui sont dans des situations dramatiques et qui ne peuvent pas retourner là-bas, _souvent des histoires de vengeance familiale et de mafia_. Mais en tout cas pour l'Ofpra et pour la CNDA (cour nationale du droit d'asile) ce ne sont pas des critères suffisants".

Des ados qui gèrent les démarches administratives 

Sans grande surprise au vu de ces critères, la demande d'asile de la famille a été rejetée. Menacée d'expulsion de son logement et sans papiers, elle n'a plus de ressources, et vit grâce à la solidarité de professeurs du collège des garçons, et aux associations caritatives. 

Suite aux violences subies en Albanie, la mère de famille souffre de choc post traumatique, et bénéficie d'un suivi psychologique. Son état de santé et sa non-maîtrise du français rendent très compliquée pour elle toutes les démarches administratives. Ce sont donc ses enfants qui doivent faire face aux institutions, et servent de traducteurs par exemple pour les rendez-vous avec l'avocate. 

"Moi ça me pose problème d'avoir les enfants qui font les interprètes, avoue maître Cabaret, parce que je leur dis quand même des choses très dures"

Je leur dis qu'ils risquent de se retrouver à la rue avec leur maman malade, malgré leur situation scolaire qui est excellente, malgré les problèmes de santé de leur maman. Donc oui, c'est problématique." - Maitre Oriane Cabaret, l'avocate de la famille

La solution désormais : une demande de titre de séjour pour raisons médicales qui pourrait permettre à la famille de rester en France, et d'obtenir un logement au titre de l'hébergement d'urgence.