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Société

TÉMOIGNAGE - Urgences en grève : le bilan de l'été en Côte-d'Or

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Par , France Bleu Bourgogne

En France en août 2019, un tiers des services d'urgence sont en grève. Qu'en-est-il de chez nous : Beaune, Dijon, Semur-en-Auxois, Châtillon-sur-Seine et Chalon-sur-Saône en Saône-et-Loire ? Petit tour d'horizon de la situation dans nos services d'urgence.

Les grévistes des urgences sont unis en intersyndicale
Les grévistes des urgences sont unis en intersyndicale © Radio France - Harry Sagot

Bourgogne, France

Le mouvement national a débuté à la mi-mars, aujourd'hui 217 services d'urgence sont en grève en France, dont les urgences de Semur-en-Auxois et Chalon-sur-Saône. Les paramédicaux y assurent le service minimum en portant le brassard "en grève". Ils dénoncent les manques de moyen et d'effectif, entraînant un mal-être des soignants, incapables de traiter correctement les patients. Les annonces de la ministre de la santé Agnès Buzyn n'y ont rien changé. 

Retrouvez le témoignage d'un médecin urgentiste du CHU de Dijon

Qui fait grève, qui ne fait pas grève ? 

En juin, la ministre de la santé Agnès Buzyn a promis 70 millions d'euros de budget pour une augmentation des effectifs pendant l'été, ainsi qu'une prime de 100 euros net pour les paramédicaux sous l'eau. Mais cela n'a pas vraiment convaincu.  

  • Situation correcte : Châtillon-sur-Seine et Beaune

A Châtillon-sur-Seine, la grève nationale n'est pas suivie : il n'y a pas de problème d'effectif au niveau des infirmiers des urgences, mais les syndicats restent vigilants. A Beaune également, il semblerait que les moyens soient correctes.

  • Situation de crise : Chalon-Sur-Saône et Châtillon-sur-Seine 

A Chalon-sur-Saône, la grève a commencé au mois de mai et n'est pas prête de s'arrêter. Alain Challot est représentant syndical CGT au centre hospitalier de Chalon-Sur-Saône. Pour lui, les 70 millions de budget en plus "ne sont pas suffisants face aux besoins". Il n'y a pas assez de lits, pas assez d'infirmiers et le climat est très tendu : "il y a un vrai problème de fond, il faut de vraies solutions, pas des petits bouts de pansement par-ci par-là qui vont calmer le jeu."

Alain Challot : "au regard des besoins, c'est largement insuffisant"

Aux urgences de Semur-en-Auxois, une infirmière a été agressée par un patient fin août, un événement qui illustre le mal-être de la profession, selon la CGT. Les congés maternité et arrêts maladie seraient laissés sans remplacement, la grève est prolongée également.

"A Dijon c'est plus qu'en tension, on est en sous-effectif permanent"

Aux urgences de Dijon, comme à Beaune et Châtillon-Sur-Seine, il n'y a pas de mouvement de grève : la souffrance se vit en silence

Au niveau national, le mouvement pourrait s'accentuer à la rentrée avec une entrée en grève de certains médecins urgentistes, comme l'a indiqué l'AMUF (l’Association des médecins urgentistes) vendredi dernier. Nous avons recueilli le témoignage d'un médecin urgentiste qui préfère rester anonyme. Il travaille à Dijon et à Beaune; selon lui la différence est claire : "à Beaune les effectifs sont adéquats par rapport aux besoins : j'ai le temps de discuter avec mon patient, de le prendre en charge. A Dijon, on a l'impression de passer notre temps à essayer de faire sortir les patients de l'hôpital, de leur trouver un lit : c'est de abattage."

Selon lui, il y a des postes libres, mais c'est un cercle vicieux : "ce n'est absolument pas attractif. Personne ne veut venir, on est en sous-effectif. Les jeunes qui viennent partent en voyant les conditions de travail, il y a peu de valorisation et surtout aucune perspective d'amélioration," s'exclame-t-il. Une dizaine de médecins aurait quitté le CHU de Dijon pour un hôpital périphérique comme Auxerre ou Beaune récemment. 

"En fait à Dijon, les problèmes locaux ont surpassé les problèmes de la grève nationale"  - Anonyme

"En fait à Dijon, on ne fait pas grève car c'est trop compliqué même sans la grève : on est déjà en sous-effectif de médecins, confie-t-il. Les problèmes locaux ont surpassé les problèmes de la grève nationale. On devrait être 42 médecins urgentistes, nous ne sommes que 26 à temps plein pour remplir les plannings. On devrait être trois médecins la nuit, on est que deux." L'administration ne ferait aucune démarche pour boucher les trous. "On reste comme ça, c'est moins cher et ça tourne à peu près," avec les conséquences qui vont avec pour les patients : des heures d'attente, une absence d'humanité, des consultations bâclées... Le médecin évoque alors une scène du quotidien qui peut retourner l'estomac : "l'infirmier d'accueil a souvent 20 personnes devant lui. Si quelqu'un a besoin de déféquer, ben on pas le temps de s'en occuper, on va le faire déféquer dans le hall d'accueil."

"Forcément les médecins en place ne s'expriment pas trop sur ce sujet" - Anonyme

Dans les différents CHU du département, il est difficile de recueillir des témoignages en cette période de crise. Les urgentistes craignent les représailles et ne préfèrent pas s'exprimer. "Un médecin récemment a essayé de se bouger pour améliorer les conditions de travail, il a été gentiment poussé vers la démission. Alors forcément les médecins en place ne s'expriment pas trop sur ce sujet," explique ce témoin anonyme.