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Société

TÉMOIGNAGES - "Des situations familiales très douloureuses" : à l'étranger ou en secret, elles ont eu recours à la PMA

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Par , , , France Bleu

L'examen du projet de loi bioéthique débute mardi à l'Assemblée nationale. Il prévoit notamment l'extension de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes. Sans attendre la loi française, nombreuses sont celles qui se sont rendues à l'étranger pour avoir des enfants. Témoignages.

L'examen du projet de loi de bioéthique débute ce mardi 24 septembre à l'Assemblée nationale.
L'examen du projet de loi de bioéthique débute ce mardi 24 septembre à l'Assemblée nationale. © Maxppp -

France Bleu a recueilli les témoignages de couples de femmes homosexuelles qui ont eu recours à la procréation médicalement assistée (PMA) pour fonder une famille, alors que l'examen du projet de loi de bioéthique débute à l'Assemblée nationale. L'exécutif veut ouvrir la PMA, actuellement réservée aux couples hétérosexuels, aux couples de lesbiennes et aux femmes célibataires.

Une évidence pour Aurélie, mariée à une femme et maman de deux petites-filles de 2 et 8 ans mises au monde grâce à une PMA pratiquée à l'étranger. "C'est extrêmement compliqué d'un point de vue moral et physique", a-t-elle confié à France Bleu Hérault. Pendant plusieurs mois, leur vie quotidienne a été rythmée par des allers-retours entre Montpellier et Amsterdam : 1.200 kilomètres pour rejoindre la clinique où ont eu lieu les inséminations. "Le fait de ne pas pouvoir être suivie correctement en France (...) il fallait qu'on prenne l'avion au dernier moment pour aller au Pays-Bas dans la journée parce que lorsqu'on ovule on le sait au dernier moment... Je trouve ça aberrant (...) alors que l'hôpital de Montpellier qui est à un quart d'heure de chez moi accompagne des femmes tous les jours dans ces actes là. La seule différence c'est qu'elles sont mariées avec un homme." 

"C'est extrêmement compliqué d'un point de vue moral et physique"

Une démarche "longue, fastidieuse" et coûteuse. "Si on cumule les transports et le suivi médical, on est pas loin de 5.000 euros" ont raconté Fanélie et Caroline, qui ont eu recours à la PMA en Belgique pour concevoir leurs deux enfants, Yael et Siméon, à France Bleu Alsace.

D'autres n'ont pas hésité à prendre des risques à l'image de Marina. La jeune femme a elle-même inséminé sa compagne avec le sperme d'un ami, avec qui elles élèvent leur fils. Une pratique interdite et considérée comme dangereuse, passible de deux ans d'emprisonnement et 30.000 euros d'amende. "Nous ne sommes pas médecins, nous ne sommes pas biologistes ou gynéco... mais on ne nous donne pas le choix !" a-t-elle expliqué à France Bleu Hérault. "C'était interdit pour les gynécologues de nous aider. Ça l'est toujours. Si c'était à refaire, moi, je le referais demain."

La question de la filiation

Qu'en pensent les enfants nés de ces PMA ? "C'est juste à l'école que c’est un problème parce que c'est différent et on me le fait remarquer", témoigne Camille, 8 ans. "Ils croient que ce n'est pas pareil mais en fait si, je leur dis, c'est pareil d'avoir deux mamans." "Je ne suis pas triste de ne pas avoir de père", ajoute Elsa, "ma famille est normale, c'est ma vie et je l'aime comme ça." 

Une évidence pour ces enfants. Mais pour ces couples de mères, faire reconnaître leur statut de famille à part entière relève du parcours du combattant. Pour l'état civil, seule celle qui donne naissance est considérée comme le parent. Le temps que la procédure d'adoption aboutisse, les deuxièmes mamans n'ont aucun droit sur leurs enfants. "S'il arrivait quelque chose à ma compagne ou à moi, mes parents qui habitent à 600 kilomètres auraient pu récupérer la garde des enfants et les enlever à leur deuxième maman", regrette Fanélie. "Bien sûr il y a besoin de réflexion et d'encadrement, mais avoir des enfants, tout le monde y arrivera, d'une façon ou d'une autre, illégale ou pas, risquée ou non. Les familles homoparentales existent depuis des années, les couples homos existent et faciliter l'accès à la PMA en France à toutes permettra de régler des situations familiales extrêmement douloureuses", ajoute-t-elle.

Un avis partagé par la députée La République en marche de l'Allier, Laurence Vanceunebrock-Mialon, elle-même mère de deux enfants conçus via une PMA en Belgique. "On est toujours dans la peur du regard que peut poser la société alors que normalement la réalisation d'un projet parental devrait nous mettre en joie, comme le sont les autres couples" a-t-elle résumé auprès de France Bleu Pays d'Auvergne.

Le texte, qui doit être adopté définitivement avant l'été, prévoit précisément une réforme de la filiation. Le Conseil d'État s'est prononcé pour que les couples lesbiens signent une "reconnaissance conjointe anticipée" devant un notaire avant de débuter une PMA, et qu'apparaisse deux fois le mot "mère"sur l'acte de naissance.

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