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Société

Témoignages de Provençaux sur l'euthanasie : "La vie a été belle, maintenant elle s'arrête"

dimanche 4 mars 2018 à 18:08 Par Charlotte Jousserand, France Bleu Provence et France Bleu

Alors que 156 députés publient une tribune pour sortir de "l'hypocrisie sur l'euthanasie" et qu'une pétition pour demander la légalisation de l'euthanasie rassemble plus de 260.000 signatures, France Bleu Provence a recueilli le témoignage de Provençaux sur la question de l'euthanasie.

156 députés ont signé une tribune pour demander une nouvelle loi sur la fin de vie. Photo d'illustration
156 députés ont signé une tribune pour demander une nouvelle loi sur la fin de vie. Photo d'illustration © Maxppp - Philippe Pauchet

Provence, France

156 députés dont trois des Bouches-du-Rhône viennent de publier une tribune dans le journal Le Monde pour demander une nouvelle loi sur la fin de vie afin de donner aux personnes "le droit au choix de mourir". Quelques jours plus tard, le journal Libération publie à son tour une pétition rassemblant plus de 260.000 signatures qui demande la légalisation de l'euthanasie comme c'est déjà le cas en Belgique, par exemple, depuis 2002.

"On est en Europe, il faut suivre maintenant" Geyrard

Cette loi, Geyrard l'attend. Il milite depuis trois ans à l'ADMD, l'association pour le droit de mourir dans la dignité. A 52 ans, il n'en peux plus de souffrir. Depuis plus de 10 ans, il endure "des douleurs insoutenables". Sa maladie est "incontrôlable" et il est "dans une impasse médicale". Geyrard prend des anti-douleurs très puissants, morphine, mais il continue de souffrir à chaque instant. Depuis trois ans, il milite à l'ADMD dans les Bouches-du-Rhône, l'association du droit à mourir dans la dignité qui demande la légalisation de l'euthanasie.

"Je n'ai plus l'espoir de quoi que ce soit, c'est plus une vie", raconte Geyrard. Le quinquagénaire ne comprend pas que la France ne s'aligne pas sur les autres pays européens : "Cela m'embête de mourir ailleurs. On est en Europe, il faut suivre maintenant, dans tous les pays ils font ça, je ne vois pas pourquoi en France, ils ne feraient pas ça"

"Préparer son après"

Une marseillaise a, quant à elle, pris la décision d'aller mourir à l'étranger. Elle préfère rester anonyme car son entourage n'est pas encore au courant de sa décision. 

Il y a quelques temps, on lui a diagnostiqué une maladie neurodégénérative incurable, "pour moi, l'idée de finir dans un institut spécialisé m'est intolérable", raconte-elle. Cette Marseillaise a donc décidé de "préparer son après" tant qu'elle est en pleine possession de ses moyens. Le jour où elle ne pourra plus s'assumer, se débrouiller seule, elle partira à l'étranger pour accéder au suicide assisté. Cette décision n'a pas été difficile à prendre assure cette habitante de Marseille : "Au contraire, cela a été un soulagement de savoir que je ne durerai pas"

Concernant la réaction de ses enfants, cette Marseillaise explique que "de se dire qu'on va voir les parents dans un centre et des parents qui ne vous reconnaissent plus est ce que c'est un cadeau ? je ne pense pas. Je pense qu'il vaut mieux les quitter en bon état et en disant bon ben voilà, la vie a été belle maintenant elle s'arrête".