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Société

Terrains synthétiques potentiellement cancérogènes : la ville du Mans prône le principe de précaution

dimanche 19 novembre 2017 à 17:31 Par Ruddy Guilmin, France Bleu Maine et France Bleu

Suite à l'enquête du magazine So Foot sur le potentiel nocif et cancérogène des granulés équipant les terrains synthétiques, la ville du Mans envisage de trouver une solution de remplacement. Même si le monde du foot, lui, ne s'inquiète pas vraiment de ces révélations.

Le terrain synthétique du Gazelec est le plus ancien installé au Mans
Le terrain synthétique du Gazelec est le plus ancien installé au Mans © Radio France - Ruddy Guilmin

"Au vu de cette information, on ne peut pas continuer à travailler comme on le fait aujourd'hui ! Il faut qu'on trouve une solution." Adjoint aux sports de la ville du Mans, François Edom a lu avec attention l'enquête de quatre pages publiée dans le magazine So Foot de novembre. Ce qu'elle révèle sur la nocivité et le potentiel cancérogène de ces fameux granulés noirs l'inquiète fortement : "Je prends cette menace très au sérieux." Au point de lancer dès maintenant "un protocole" pour s'en débarrasser. "Aujourd'hui, il y a de nouvelles technologies, notamment à base de coco, indique-t-il, donc j'ai déjà demandé aux services de regarder parce que ces fameuses billes nocives, comme elles se dispersent au fil du temps, on en remet régulièrement. J'imagine donc qu'on peut les remplacer par autre chose. En tout cas je vais le demander."

François Edom : "Il faut essayer de contrer cette menace"

En pleine chaleur, on se croirait chez Michelin !

Plus pratique pour les clubs et les scolaires, qui peuvent les utiliser quelque soit le climat, les synthétiques coûtent également moins cher aux collectivités en entretien. C'est pourquoi ils ont connu un important développement depuis 10 ou 15 ans. Au Mans, le premier a vu le jour en 2002 au stade Deléon du Gazelec. Aujourd'hui, les synthétiques représentent la moitié (8 sur 16) des terrains de la ville. On en trouve également un à Sablé-sur-Sarthe (stade Rémy Lambert) et à Coulaines. Sauf que ces fameux granulés qui donnent leur souplesse aux pelouses synthétiques sont en réalité un broyat de vieux pneus. D'après des estimations, il en faut 120 tonnes pour un terrain, soit l'équivalent de 23 000 pneus que les sportifs respirent à plein poumons... "En pleine chaleur, on se croirait chez Michelin !, admet Philippe Basset, le secrétaire du Gazelec, et pour les petits de 5 ou 6 ans, c'est très marrant de faire des châteaux avec ces granulés. Et après, on a les mains toutes noires et on les met à la bouche !"

Bientôt un neuvième synthétique au Mans

Arsenic, plomb, gaz et restes d'hydrocarbures en tout genre... D'après des études américaines, sur ces terrains les sportifs évoluent dans un nuage de particules fines potentiellement dangereuses. Et qui pourraient avoir causé déjà plus de 200 de cancers... Au Mans, la réflexion est donc lancée, notamment pour le 9e terrain actuellement en projet pour le SOM, à la Californie. Et dans le cadre du plan de rénovation des plus anciens, que François Edom devait justement lancer l'an prochain. Mais ce qui étonne le plus l'élu, c'est le silence assourdissant sur ce sujet : "Quand on fait un terrain, on fait des appels d'offre, auxquels répondent des entreprises qui sont censées être labellisées, contrôlées... On se retrouve aujourd'hui face à cette situation alors que jamais personne ne nous a alertés, ni au ministère, ni à la fédération !" En France, aucune étude solide n'a été menée sur le sujet. En attendant d'en savoir plus, des élus nantais en appellent au principe de précaution.

Il y a bien d'autres craintes à avoir dans la vie... - Gérard Loison, président de la ligue des Pays de la Loire

Gérard Loison : "Quand je vois un synthétique, je suis plutôt réjoui"

Finalement, c'est le monde du foot, le premier concerné par cette affaire, qui semble le moins alarmé à l'image du président de la ligue des pays de la Loire, Gérard Loison : "Franchement, quand je vois un synthétique, mais je suis plutôt réjoui, surtout quand il est neuf. Je n'ai jamais entendu quiconque se plaindre, bien au contraire. Je crois qu'il y a bien d'autres craintes à avoir dans la vie, même si je peux reconnaître que ce n'est pas particulièrement bon pour l'organisme." En plus des 10 terrains sarthois, il existe une quarantaine de synthétiques en Maine-et-Loire, autant en Vendée et une centaine en Loire-Atlantique.